Jusqu’au Dernier, une série de François Velle : Critique

Jusqu’au Dernier est une mini-série en six épisodes diffusée entre août et septembre 2014 sur France 3. La série a fait peu parler d’elle mais c’est pourtant une intrigue qui a réuni plus de 3 millions de téléspectateurs et qui nous conduit dans la sphère intime des trois principaux personnages.

Synopsis : Alors que Fred Latour s’apprête à fêter son anniversaire avec les trois femmes de sa vie : sa mère Hélène (Brigitte Fossey), sa femme Karine (Valérie Karsenti) et leur fille Sybille (Flore Bonnaventura), il meurt en tombant du toit. Suicide, accident ou meurtre maquillé ? Les trois femmes vont tenter d’élucider le mystère autour de ce décès tragique. 30 ans auparavant, Alain Latour, père de Fred et Maire de Marseille, avait lui-aussi connu une mort inexpliquée.

Une intrigue policière :

Trois générations de femmes donc, la grand-mère, l’épouse et la fille, unies par leur amour pour le chef de famille, et qui vont s’allier pour enquêter sur sa mort mystérieuse. Dès le début, on comprend que ce décès est lié à un sombre passé et à une machination dans laquelle les héroïnes vont risquer leur vie.
Dans Jusqu’au Dernier, on retrouve deux actrices appréciées des français et qui donnent le ton juste aux premiers rôles féminins : Brigitte Fossey (Les Enfants du Naufrageur, Les Gens de Mogador, La Boum) qui fait son retour à la télévision et Valérie Karsenti (Maison Close, Scènes de Ménage) qui montre encore une fois qu’elle est capable de tout interpréter.
On a aussi grand plaisir à voir jouer le charismatique Lionel Astier (11.6, Kaamelott), dans le rôle du Commissaire Magnier qui lui va comme un gant, et Michaël Abiteboul (Papa ou Maman, 20 ans d’Écart) dans celui de son toqué d’adjoint. Les deux personnages sont attachants. Ils confèrent à la série du corps et du charme ainsi qu’une note humoristique. Flore Bonnaventura (Les Souvenirs, Casse-Tête Chinois), quant à elle, se fait plus discrète en incarnant la fille aimante et l’étudiante qui va aussi mener son enquête et apporter son aide.

La saga de l’été 2014 :

Dans Jusqu’au Dernier, l’intrigue autour des meurtres et des secrets de famille alimente un suspense relatif lié aux magouilles d’une Mafia de politiciens véreux et de familles aisées. Tous les ingrédients d’une saga policière et familiale à la fois !
En somme, Jusqu’au dernier est une saga estivale comme aime en diffuser les chaînes françaises durant l’été et dont le public est friand. Les décors ensoleillés et côtiers sont enchanteurs et viennent contraster le côté sombre de la série. Des paysages de bord de mer bercés par le cri des goélands, des garrigues, des collines et des forêts de pinèdes dignes des romans de Marcel Pagnol mais qui, de fait, revêtent un caractère sauvage et inquiétant.
On pense alors à Dolmen, cette série de six épisodes qui se déroulait sur une île de Bretagne et qui fut le véritable succès de TF1 en 2005. Chérie 25 a d’ailleurs rediffusé cette saga au mois de juillet 2015 tandis que Gazelle & Cie et AB production réitèrent la diffusion de Jusqu’au Dernier en DVD.
Une recette qui marche car le grand public est ravi d’y retrouver les images bucoliques des plus belles régions de France et de suivre les aventures de leurs acteurs fétiches à la télévision. C’est un dépaysement pour ceux qui ne partent pas en vacances et une continuité pour ceux qui y sont. C’est aussi l’occasion de réunir la famille autour du petit écran adulé des français. Car n’oublions pas que la télé est le premier loisir des français (Institut Médiamétrie, données « Année TV 2014 » ).

Fiche Technique : Jusqu’au Dernier

Genre : Mini-série dramatique
Création : Mikaël Ollivier, François Velle (réalisation)
Production : Gaëlle Cholet
Acteurs principaux : Valérie Karsenti, Brigitte Fossey, Lionel Astier, Flore Bonaventura, Michaël Abiteboul
Musique : Armand Amar
Pays d’origine : France
Chaîne d’origine : France 3
Nb. de saisons : 1
Nb. d’épisodes : 6
Durée : 52 minutes
Diff. originale : 26 août 2014 – 2 septembre 2014

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Englouti : le ventre de la mer

Avalé par un cachalot avec une heure d’oxygène, Austin Abrams livre un survival viscéral et bluffant, entre huis clos organique et décors palpitants. Dommage que des flashbacks trop bavards et un final lourdingue lui coupent le souffle, là où le film aurait pu rester en apnée jusqu’au bout.

Ni vue, ni connue : une figurante (trop) douée

Après l’échec relatif des "Cyclades", Marc Fitoussi retrouve une inspiration remarquable avec "Ni vue, ni connue", une comédie à la fois drôle, caustique et sensible. En confiant à Isabelle Huppert le rôle d’une figurante obstinée rêvant de décrocher enfin un véritable rôle, le réalisateur signe un contre-emploi aussi audacieux que pertinent. À travers le parcours semé d’humiliations de Corinne Maclou, le film explore avec finesse l’invisibilité de ceux qui peuplent les marges du spectacle. Entourée de comédiens et réalisateurs jouant leur propre rôle, la figurante tente inlassablement de se faire une place dans un univers dominé par les rapports de pouvoir et les réseaux. Si le scénario se montre parfois prévisible, ce défaut est largement compensé par la qualité des dialogues, l’acuité du regard porté sur le milieu artistique et l’autodérision permanente d’Isabelle Huppert. Marc Fitoussi brosse ainsi un portrait aussi drôle que cruel de la condition de figurant, sans jamais perdre de vue l’humanité de son personnage. Une excellente comédie qui conjugue intelligence, émotion et mordant.

Reefer Madness : C’est de la bonne !

Du jazz, des joints, des meurtres et des bigots en roue libre : Reefer Madness transforme la propagande antidrogue en comédie musicale complètement perchée. La prohibition n’a jamais été aussi funky !

Petite Casbah : les toits de la liberté

"Petite Casbah" suit quatre enfants sur les toits d'Alger en 1955. Khadidja, Lyes, Philippe et Ahmed enquêtent pour faire libérer Malek, injustement emprisonné. Une aventure animée et fraternelle, entre jeu de piste et conte, qui raconte la guerre d'Algérie à hauteur d'enfant.
Kristell Guerveno
Kristell Guervenohttps://www.lemagducine.fr/
Ancienne enseignante férue d'histoires et de films en tout genre, j'adore partager mes passions et faire rêver mon entourage. Avant de me consacrer à l'éducation, j'avais étudié les lettres et le cinéma.

Off Campus : les hockeyeurs mis à nu

Après le succès de "L'été où je suis devenue jolie", Prime Video offre avec "Off Campus" une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d'amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, "Off Campus" compose une romance agréable à condition de l'accepter pour ce qu'elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.