Halo : Nightfall, saison 1 : Critique de la série

La série, Halo : Nightfall – Saison 1 : Pour les fans et les néophytes, un véritable pétard mouillé

Synopsis : Enquêtant sur un acte terroriste d’origine Covenant ayant touché une colonie établie sur la planète Sedra, un groupe de soldats de l’ONI mené par Jameson Locke et Randall Aiken se rend sur un morceau de l’Halo, détruit par le Master Chief par le passé et qui se trouve actuellement en orbite autour d’une étoile. Sur place, la troupe va se retrouver coincée et pourchassée par des vers carnassiers appelés Lekgolos. Le but de la mission sera finalement de survivre et d’arriver à quitter les lieux avant que la surface ne soit s’exposée à l’étoile, devenant ainsi brûlante et donc mortelle…

Tant de fans attendaient ce jour. Celui de voir leur jeu vidéo favori « Halo », adapté sur grand écran. Un projet de très longue date, qui n’a cessé de faire parler de lui que via des annulations ou des changements de producteurs (dont Peter Jackson). Finalement, à en croire Microsoft, le long-métrage ne verra pas le jour, ou du moins n’est pas prévu pour le moment. Ce qui n’a pas empêché Steven Spielberg d’annoncé une adaptation, cette fois-ci sous le format d’une série TV. Depuis, plus rien, jusqu’à cette mini-série intitulé Nightfall, produite par un certain Ridley Scott, ayant pour but de faire le pont entre le quatrième et le cinquième opus de la saga vidéo ludique (et disponible depuis la sortie du jeu « Halo : Master Chief Collection »). Enfin l’occasion pour les fans de voir leurs héros et cet univers qu’ils vénèrent en live, sans que cela ne passe par la case du film amateur sur Youtube et autre Dailymotion. Une grosse attente qui a porté ses fruits ?

Cela ne fait aucun doute là-dessus, Halo : Nightfall avait tout de la série surfant sur la mode du fan service. Ce concept qui consiste à n’user que des caractéristiques et personnages d’une œuvre de base pour attirer les fans et assurer le succès. De ce côté, avec son budget et les gens travaillant dessus (dont le studio 343 Industries, qui possède désormais les droits sur la franchise tout support confondu), la série saura convaincre les moins réfractaires. Il suffit de voir les costumes et autres accessoires, dont les fameuses armes à feu, pour se rendre compte d’avoir bien affaire à l’univers de « Halo« . D’autant plus que la trame fait référence aux événements survenus dans le premier jeu vidéo, à savoir l’explosion de Halo par le Master Chief et qu’elle promet, sur le papier, de faire intervenir les fameux Covenants et autres Lekgolos (les races extraterrestres ennemies). Alors, avec des effets visuels de bonnes factures pour ce genre de projet et les décors inquiétants de l’Islande (qui ne sont pas sans rappeler ceux de Prometheus), le spectacle était assuré d’avance malgré une mise en scène impersonnelle. Jusqu’au visionnage de la série dans son intégralité…

Dès les premiers épisodes, l’espoir va vite retomber pour les fans, la série ne respectant pas vraiment l’esprit même du jeu. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce dernier, « Halo » est un FPS, un jeu de tir à la première personne (action vue par le personnage jouable), qui permet de vivre des séquences de batailles et d’action bien bourrine, avec du spectaculaire à la clé. Ici, c’est juste un banal survivor, mal écrit qui plus est, car se montrant hautement prévisible et proposant des protagonistes sans âme qui sentent les clichés à plein nez. Sans parler de l’histoire elle-même, qui se distingue par un vide scénaristique abyssal : des soldats se rendant sur un fragment orbitaire pour trouver un « élément inconnu » et qui s’y retrouvent coincés, avec pour seul but de survivre et de partir de là, oubliant ce pourquoi ils étaient venus (à part tout faire exploser). Le tout agrémenté de moments de bravoure par épisode sans ampleur et d’instants dits psychologiques juste inutiles, ne faisant que meubler vainement l’ensemble. Pour les fans, Halo : Nightfall est une véritable insulte et ce malgré le fan service, qui n’est même pas aussi complet que cela : la série ne met en scène qu’un seul Covenant, ne fait même pas intervenir le Master Chief pour un caméo, n’use aucunement du thème principal du jeu orchestré par Martin O’Donnell… Bref, elle ne propose pas grand-chose de concret à se mettre sous la dent, n’apportant tout bonnement rien à l’univers de « Halo ».

Mais même pour un spectateur lambda, Halo : Nightfall n’est pas un divertissement de qualité. La faute notamment à son statut de passerelle entre deux jeux vidéo. Avec cette étiquette, il est clair que la série ne vise que les fans de la franchise vidéo ludique. Du coup, Nightfall se passe de toute explication et détail, pensant que le public, dans son intégralité, connait l’univers de « Halo » sur le bout des doigts (le nom des extraterrestres, des corporations, des institutions, des lieux…), ce qui n’est pas le cas. De ce fait, beaucoup de néophytes se sentiront grandement perdus et n’arriveront pas à s’intéresser à cette aventure qu’ils trouveront ennuyeuse et quelconque. Juste une perte de temps. Et c’est vraiment dommage car les acteurs ne sont pas mauvais (il y a déjà eu pire ailleurs) et le visuel de l’ensemble n’est pas à jeter.

Mais que l’on soit fan ou pas, Halo : Nightfall déçoit avant tout par son format : une mini-série composée de cinq épisodes d’une durée de 20 minutes chacun. En prenant compte de ce qui a été dit précédemment, le manque d’action et le vide scénaristique, une question vous viendra aussitôt à l’esprit : pourquoi ne pas avoir assemblé le tout pour livrer à la place un long-métrage d’environ une heure et demie ? La pilule aurait pu passer un peu plus facilement. Là, il a fallu attendre à chaque fois une semaine entre chaque épisode. Sept jours de patience (multipliés par quatre) pour voir du vide inutilement morcelé à tel point, que le semblant de rythme de l’ensemble s’en est retrouvé démoli.

Après des années d’attente et plusieurs produits dérivés pour aider à patienter, les fans se retrouvent au bout du compte face au néant le plus total. Une très grosse coquille vide qui n’est finalement qu’un petit bonus accompagnant le véritable intérêt de la franchise qu’a été le jeu « Halo : Master Chief Collection ». Un supplément qui non seulement ne captivera nullement les néophytes, mais décevra avant tout les fans, public pourtant visé. Un pétard mouillé d’envergure qui relance l’espoir de voir un jour débarquer dans les salles obscures une adaptation cinématographique qui viendrait réparer cela. Ou bien d’attendre que Spielberg décide enfin à mettre en chantier la fameuse série TV annoncée il y a de cela plusieurs mois. Quant aux fans, réjouissez-vous, Halo 5 : Guardians ne saurait tarder !

Bande-annonce – Halo : Nightfall

Fiche technique – Halo : Nightfall

États-Unis – 2014
Réalisation : Sergio Mimica-Gezzan
Scénario : Paul Scheuring
Distribution : Mike Colter (Jameson Locke), Christina Chong (Talitha Macer), Steven Waddington (Randall Aiken), Luke Neal (Michael Bradley Horrigan), Alexander Bhat (Alistair Bov Estrin), Alexis Rodney (Arris Le), Christian Contreras (Gregory Aio Ramos), Eric Kofi Abrefa (Haisal Wari)…
Genres : Science-fiction, action
Saisons : 1 – Épisodes : 5
Durée : 19 à 24 minutes
Productions : Scott Free Production et 343 Industries
Distributeur : Microsoft Corporation

 

 

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Sebastien Decocq
Sebastien Decocqhttps://www.lemagducine.fr/
Se droguant avec Jurassic Park, Les Dents de la Mer, Independence Day, E.T. et Indiana Jones à l'âge de 6 ans (même moins pour certains), autant dire que le cinéma était une passion d'emblée. Qui continue à s'élargir au fil des années, à tel point que j'espère un jour en faire mon métier (scénariste, réalisateur, critique... tout est bon !). A mon actif, quelques montages vidéos et un semblant de court-métrage en réserve, je préfère toutefois encore plus m'enfouir dans une salle de cinéma et me laisser transporter par ce que propose le grand écran. Que ce soit un plaisir coupable comme les comédies musicales ou les gros blockbusters d'un certain Michael Bay (je sens la foudre s'abattre sur moi !). Ou bien de véritables chefs-d'oeuvre. Quoiqu'il en soit, du moment que c'est signé par Nolan, Cameron, Spielberg et Burton, je fonce littéralement payer mon ticket.

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