Doctor Who saison 8 Épisode 7 : Kill the Moon – Critique

Doctor Who saison 8 « Kill the Moon »

Synopsis : Le Docteur, Clara et sa jeune élève Courtney Wood se retrouvent à bord d’une mission suicide à destination de la Lune.

La tête dans les étoiles, les pieds sur le sol…

Septième épisode de la saison, Kill the Moon réussi, malgré l’absence du fameux pull, à être à la fois fun, rythmé, original et intelligent. Ce qui n’est pas une mince affaire tant il nous semblait que tout avait été dit sur la lune. De Cyrano de Bergerac au cinéma de Science fiction, le satellite pourtant désert avais nourris nombres de fantasmes sur son éventuelle occupation : des aliens, des humains, des civilisation antiques expatriées, des nazis… pas facile de passer après et de surprendre le spectateur averti. Et pourtant le docteur y arrive avec beaucoup de panache, en déroulant une intrigue aux premiers abords convenue qui surprend par un twist final gonflé.

On retrouve les personnages presque juste après le dernier épisode (The Caretaker). Amusant d’ailleurs de constater que le docteur semble avoir pris ses marques à Coal Hill School, il n’est pas précisé s’il a gardé le poste de concierge (peu probable), mais il semble faire parti du décors, le personnel et les élèves n’ayant pas l’air étonné de sa présence dans les couloirs. Toutefois son installation ne s’est pas faite sans dommages collatéraux, sa dernière excursion avec Courtney Wood a laissé des séquelles. La jeune élève, déjà turbulente, parle à tout le monde de voyage dans le temps, se sert du papier psychique comme fausse carte d’identité, et surtout déprime car le seigneur du temps, avec son tact habituel, lui a déclaré qu’elle n’avait rien de spécial après qu’elle ait vomit dans son Tardis, sujette au mal de l’espace… C’est alors à Clara de ramasser les pots cassés en lui demandant de convaincre l’adolescente du contraire, il refuse d’abord avant de prendre son assistante un peu trop au pied de la lettre en embarquant tout le monde sur la lune, année 2049. En chemin ils rencontrent une équipe d’astronautes en mission de « sauvetage » car la lune commence à avoir une influence néfaste sur le climat terrestre, et, pour changer, ils ne sont pas seuls.

Si l’intrigue s’articule autour d’un modèle standard de huit clos spatial pérennisé par Alien de Ridley Scott (« dans l’espace personne ne vous entendra crier etc… ») et utilisé sans cesse par la série : le schéma classique de l’équipe qui se fait bouffer petit à petit (« et si on allait chacun de notre coté tient ? » « Ouuu la bonne idée ! Faisons ça, aucune raison qu’il arrive quelque chose de grave… »), Kill the Moon aborde tout de même quelques thèmes intéressants. Le dérèglement gravitationnel, l’importance de la lune sur le climat et surtout le désintérêt de l’humanité pour la conquête spatiale. Quand il y a quarante ans aller poser ses fesses sur une planète inconnue était le summum de la hype, aujourd’hui l’espace fascine moins, ce que regrette le Docteur Bien que le phénomène soit compréhensible, quand on calcule les distance entre les planètes on se rend compte qu’il faudrait quand même un bon moment pour arriver quelque part, il est bien gentil l’autre mais il a deux cœurs et il est quasi-immortel…nous on a pas le temps! Sans compter le prix de l’essence avec la crise tout ça…et puis on à tous vu Gravity et ça donne franchement pas envie d’y aller (d’ailleurs si le docteur pouvait aller nous récupérer George qui flotte encore dans l’espace, ce serait gentil, merci) bref toujours est il que la joyeuse bande du bus magique Tardis débarque à une période charnière de l’histoire, un point fixe. Comme le fait remarquer Clara, l’humanité est encore bien présente dans les siècles à venir (et pas que sur terre), donc ce ne peut pas être la fin.

C’est autour de ces questionnements que s’articule vraiment l’épisode : La lune sera-t-elle détruite ? Est elle vraiment le satellite que tout le monde pensait connaître ? Les hommes arriveront-il enfin à se mettre d’accord pour éteindre la lumière en même temps (et faire de substantielles économies d’énergies) ? Tant de questions qui trouveront leurs réponses au cour d’une aventure à la fois audacieuse et palpitante ! Des dilemmes à grande échelles qui fleurent bon les années 80 et les vieux films de Spielberg, de quoi satisfaire le geek qui avait encore la tête dans les étoiles. Fort heureusement tout cela ne nous éloigne pas trop des personnages. On avait compris depuis Deep Breath que Clara commençait a douter de son ami. Son coté fonceur et casse cou faisait peut être finalement de lui un danger pour les autres. Et si le Docteur est depuis longtemps l’archétype de l’ami imaginaire que tout enfant rêverait d’avoir, on peut comprendre les appréhensions de sa partenaire. La plupart des anciens compagnons n’avait pas tant de contact avec le monde, Rose avait un travail peu intéressant, Martha et Donna avait une famille un peu envahissante, et Amy réussi à traîner son mari Rory avec elle, pour la plupart elles vivait entièrement avec le docteur (les 2 derniers avait même une chambre dans le Tardis). Pour Clara c’est très différent, bien qu’elle soit la fille impossible, elle reste très attaché à sa réalité. D’abord Baby sitter qui accepte d’échapper occasionnellement à sa routine, elle est devenue professeur dans un collège, profite d’une relation sérieuse avec Danny… de l’adolescente rêveuse elle est devenue une jeune adulte avec des responsabilités, incarnées ici par la présence de Courtney dans l’aventure. C’est son rôle d’enseignante de veiller à sa sécurité dans cet environnement hostile. Donc lorsque le docteur les laisses toutes les deux tomber pour aller voir ailleurs, son énervement est compréhensible. Elle ne peut plus suivre aveuglément son ami et veiller a la stabilité de sa vie réel. Clara est un personnage qui évolue lentement, mais qui évolue bien, et de manière crédible. Il faudra alors faire des choix, soit le docteur adoucis son comportement un peu extrême, soit les deux amis devront se séparer. La fin ne justifie pas toujours les moyens et confronter une adolescente de quinze ans à un dilemme dont dépend l’avenir de l’humanité était clairement la goutte de trop.

Le ton de la série devient alors plus humain, Doctor Who remet en question les fondement même de son personnage principal, de sa philosophie. N’en déplaise au fans qui n’apprécie pas que l’on remette en question leur héros, Clara est finalement loin d’être un personnage raté et désagréable, elle est le compagnon le plus adulte depuis le renouveau de la série, celle qui fait la part des chose entre les bonnes actions du Docteur et son coté enfoiré de première catégorie (que Capaldi incarne toujours avec une certaine aisance). Soyons franc, si les trois précédentes incarnation pouvait être fort sympathique, ce nouveau Docteur mériterait parfois un bonne paire de baffes. Le genre de personnage très à la mode que l’on trouve attachant quand ils sont dans notre écran, mais qui viendrait rapidement à bout de notre patience si on les croisait en chair et en os (comme Nathan de Misfits, Dr. House, Sherlock…entre autres). Cette nouvelles dynamique est peut être le souffle nouveau que l’on attendait.

Peut être que ces premiers épisodes un peu mou était finalement un mal nécessaire pour mettre en place une refonte en profondeur des codes de la série. Moffat nous avait promis un changement d’ambiance, on commence peut être a cerner ses ambitions…

Fiche Technique: Doctor Who Saison 8

Titre original : Doctor Who
Genre : Aventure, Science fiction
Créateur(s):Steven Moffat (depuis 2008)
Pays d’origine : Royaume-unis
Date : 2005
Chaîne d’origine : BBC
Épisodes : Beaucoup…
Durée : 50 minutes
Statu : en cours
Avec : Peter Capaldi, Jenna Louise Coleman, Samuel Anderson…

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Vincent B.
Vincent B.https://www.lemagducine.fr/
Intéressé par tout, mais surtout n’importe quoi. Grand amateur de fantastique et de Science fiction débridé. Spécialiste Normand expatrié à Lille de la vague Sushi Typhoon (le seul qui s'en vante en tout cas). Je pense très sérieusement que l’on ne peut pas juger qu’un film est bon si l’on en a jamais vu de vraiment mauvais.

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