Le roi de la Polka : le King Jack Black de retour sur Netflix

Sorti sur Netflix depuis janvier dernier, Le Roi de la Polka retrace l’histoire incroyable mais vraie de Jan Lewan (incarné par Jack Black), un chanteur polonais qui a fini en prison pour avoir escroqué ses fans afin de devenir la grande star qu’il a toujours rêvée d’être.

Synopsis : Vivant en Pennsylvanie, le chanteur polonais Jan Lewan, prêt à tout pour connaître le succès aux États-Unis, se lance sur plusieurs années dans une gigantesque escroquerie entraînant ses fans…

le-roi-de-la-polka-maya-forbes-jack-black-jason-schwartzman-netflix-film-critiqueRéalisatrice du remarquable Daddy Cool, Maya Forbes revient, toujours avec une histoire vraie (mais pas la sienne contrairement à son précédent film), cette fois-ci sur Netflix avec Le Roi de la Polka. En France, l’histoire de Jan Lewan n’est pas très connue contrairement aux États-Unis. Dans les années 1980-1990, Lewan était un chanteur polonais vivant en Pennsylvanie qui avait fini par se faire sa petite réputation au point de finir dans la course aux Grammy Awards (nommé dans la catégorie « meilleur album de polka » en 1995). Son petit succès ne lui suffisant jamais à ses yeux, il voulait toujours voir plus grand. Arnaquer ses propres fans (la plupart du temps des petits vieux) n’était pas juste le moyen de s’enrichir, c’était le moyen d’accéder à ce fameux rêve américain.

le-roi-de-la-polka-maya-forbes-jenny-slate-jacki-weaver-film-netflix-critiqueSur un ton léger voire même humoristique (Jack Black à l’affiche annonçant cette promesse), Le Roi de la Polka raconte alors l’ascension puis la chute de cette star locale cheap (n’hésitant pas à faire intervenir sur scène des personnages déguisés en ours ou en poulet), en passant (un peu trop brièvement) par sa renaissance (car, comme le dit Jan Lewan, « tout le monde a le droit à une seconde chance »). Certes, on ne se fend pas la poire (même si certaines scènes, notamment celle où Lewan promet à ses fans de rencontrer le Pape ou encore celles autour du concours de beauté sont drôles) mais ce ton reste agréable dans le sens où Maya Forbes tente parfois de détourner justement à la fois les codes du biopic traditionnel et de la success story à l’américaine comme on a l’habitude d’en voir. Hélas, on emploie justement le verbe « tenter » car malgré ses nobles intentions, on aurait pu s’attendre à une mise en scène bien plus ambitieuse (même si elle reste tout de même correcte) et un ton qui aurait pu être encore plus corsé et renforcer l’engrenage délirant dans lequel s’était fourré le personnage principal. A noter tout de même une chouette reconstitution de l’époque, kitsch mais crédible.

Jack Black (Jumanji : Bienvenue dans la jungle, Chair de Poule) est complètement à l’aise dans le rôle de Jan Lewan, ce bouffon rêveur touchant même si le film n’excuse jamais ses actes condamnables. Les seconds rôles sont également tous remarquables, surtout la méconnaissable et vacharde Jacki Weaver (The Voices, Parkland), qui incarne le seul personnage lucide de l’histoire pour notre plus grand plaisir. Il est certain que Le roi de la Polka aurait pu être bien meilleur, qu’il avait largement les clés pour l’être et que sa réalisatrice ne les utilise pas suffisamment pour tirer son film vers le haut. Reste tout de même un chouette petit long-métrage attachant et sympathique qui mérite d’être découvert. 

Le Roi de la Polka : bande-annonce

Le Roi de la Polka : Fiche Technique

Réalisatrice : Maya Forbes
Scénario : Maya Forbes, Wally Wolodarsky
Interprètes : Jack Black, Jenny Slate, Jason Schwartzman, Jacki Weaver, J.B. Smoove
Producteurs : Jack Black, Ben Stiller, Stuart Confeld, Monica Levinson, Priyanka Mattoo, David Permut, Shivani Rawat
Distribution : Netflix
Genre : Biopic, comédie
Date de sortie (Netflix) : 12 janvier 2018

Etats-Unis – 2017

Festival

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Tina B
Tina Bhttps://www.lemagducine.fr/
Ancienne étudiante en lettres modernes, j'ai toujours aimé écrire sur les sujets qui m'animent. Et le cinéma en fait clairement partie ! J'ai des goûts assez variés : certes, comme tout le monde, j'ai mes réalisateurs chouchous (Kubrick, Scorsese, Moretti, Loach, Almodovar, Bong Joon-ho), mais je suis avant tout curieuse : aucun genre et réalisateur de n'importe quelle culture ni époque ne me font peur, bien au contraire. Sinon j'ai une grande préférence pour les séries britanniques (Black Books, The IT Crowd, Father Ted...).

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