Iron Man 3 de Shane Black

Critique Iron Man 3 : Est-ce l’armure qui fait l’homme ou l’homme qui fait l’armure ?

Premier film de la phase 2 des studios Marvel après la réunion des Avengers, ce troisième volet consacré à l’homme en armure, change la donne puisque cette fois-ci, la réalisation et la plume sont confiées à Shane Black, scénariste de nombreux films d’action dont L’Arme fatale (1987) et réalisateur de l’excellent Kiss Kiss Bang Bang (2005, déjà avec Robert Downey Jr. Après un premier opus réussi grâce à son héros mégalo et tous deux dirigés par Jon Favreau, l’objectif est élevé pour Shane Black, le troisième opus étant très attendu par de nombreux fans.

L’histoire d’Iron Man 3 offre une vision différente et nous présente un Tony Stark angoissé, lorsqu’il repense à l’invasion des Chitauris à New York (Avengers, 2012). Graphiquement maîtrisée et bien rythmée, celle-ci s’attarde davantage sur le côté humain de Tony Stark sans son armure que sur Iron Man , le thème du doute et de la faiblesse intérieure des supers-héros étant un élément récurrent des comics. Tous n’aimeront cette transformation du héros, mais dans ce troisième volet, c’est bien l’homme qui est mis à l’épreuve et non l’armure. Il en ressort d’avantage de tension et d’angoisse que dans les précédents opus. L’insupportable génie fait face à la peur ; le héros cynique à l’égo surdimensionné montre ses faiblesses et se laisse porter par ses sentiments, que ce soit envers Pepper ou le garçon du Tennessee : « Je ne suis qu’un type dans une boîte de conserve » nous dit Stark au cours du film. Shane Black réussit parfaitement à rendre le personnage touchant, fragile et friable sans lui enlever son sens de la répartie et son humour décapant, très présent dans le film. Le spectateur se délecte des failles et des ratés du héros, mais aussi par le niveau des déflagrations des combats renforcés par des effets spéciaux spectaculaires, et un scénario plutôt malin, riche en surprise.

Si le scénario s’attarde sur l’homme qu’est Tony Stark, interprété par un Robert Downey Jr toujours très convaincant et qui crève l’écran, le spectateur retrouve bien tous les personnages de la saga et les acteurs secondaires ne sont pas en reste : Gwyneth Paltrow (une Pepper Potts ravissante et téméraire) et Jon Favreau (Happy Hogan), bénéficient d’un renforcement de leur personnage ; Guy Pearce (Aldrich Killian), colle très bien à son personnage de super méchant incandescent suite au virus ; Ben Kingsley (Le Mandarin) est excellent et surprendra plus d’un; (Happy Hoggan), Don Cheadle (James Rhodes), sont toutefois un peu effacés, et Rebecca Hall (Maya Hansen) tente de sauver les meubles malgré le peu de place laissé à son personnage Les effets visuels signés Marvel/Disney sont comme à leur habitude sublimes, avec des moments de grâce (la destruction de la villa, le sauvetage ou le combat final avec toutes les armures MK). La photographie d’un directeur plusieurs fois oscarisé, est très belle, et apporte au film de superbes images. Les technologies de Tony ont beaucoup progressé et continuent à nous épater et à nous impressionner. Il contrôle ses multiples armures à distance, elles viennent à lui par le simple fait de gestes. Il peut changer d’armure en deux temps trois mouvements. On se demande même parfois si l’armure n’est pas dotée d’une conscience en voyant la poussée de ces technologies. L’histoire est bien construite, le scénario est rempli d’humour et de surprises. La scène bonus est drôle : elle met en scène Tony chez son psychanalyste personnel, Bruce Banner. Celui-ci s’est endormi et n’a entendu que le début de l’histoire…

Les fans des comics de l’univers Marvel reprocheront au film certainement son manque d’action et certaines libertés scénaristiques : ainsi, Iron Patriot n’est pas à James Rhodes mais à Norman Osborn dans Spider Man ; l’armure est ici rechargée par batterie alors que dans les épisodes précédents, la découverte de Tony était bien le réacteur ARC de 3ème génération à énergie verte, qui alimentait toute la tour Stark ; comment Tony pourra désormais contrôler l’armure sans son cœur artificiel ? De même, les fans dénonceront la vulnérabilité de l’armure que n’importe qui ou presque peut revêtir (Pepper Pots, Kilian et même le Président des Etats Unis), l’absence d’explication sur Extremis, le nano-virus, sur les motivations profondes du Mandarin, ou encore une 3D mal exploitée. Ils regretteront l’absence de musique du groupe ACDC, remplacée par Eiffel 65. ls percevront une patte Disney beaucoup plus importante que dans Avengers, notamment à travers la relation de Tony et de l’adolescent. Surtout les fans ne pardonneront pas le twist scénaristique sur le Mandarin ;à leur grand désespoir, ils ne verront pas en effet, Starck combattre en pleine possession de ses moyens, le véritable Mandarin aux dix anneaux Makluan, un redoutable ennemi tout à fait crédible, à la façon de Bane dans The Dark Knight Rises (2012). Toutefois, les autres spectateurs y verront peut-être une mise en abîme rigolote du jeu d’acteur, l’avenir cinématographique du héros reste plutôt vague«  Mon armure n’a jamais été une distraction ou un passe temps, mais un cocon. Je suis un homme nouveau à présent. Il y a une chose que l’on ne m’enlèvera pas : je suis Iron Man ! conclut néanmoins le héros. Une suite à la trilogie demeure incertaine. Nous retrouverons sans doute Iron Man dans le prochain Avengers.

Iron Man 3 reste un bon blockbuster avec des effets spéciaux réussis, quelques séquences d’action époustouflantes et un scénario dans l’ensemble bien mené . Du côté cinéma à proprement parler, Iron Man 3 réussit sa mission : nous divertir. Et cela va continuer maintenant que la phase 2 des Avengers est lancée : Bientôt le Captain America et Thor vont faire leur grand retour. Un peu de patience, les super héros n’ont pas fini d’inspirer le cinéma!

On retrouve ce schéma dans The Dark Knight Rises (2012) de Christopher Nolan, avec un Batman toutefois beaucoup plus sombre.

Synopsis : Tony Stark, industriel milliardaire et flamboyant, qui est aussi Iron Man s’est mis durant ses nuits d’insomnie à construire avec obsession de nombreuses armures. Désormais, Pepper Potts dirige son entreprise et ils viennent de s’installer ensemble. Mais très vite, la vie paisible du couple est perturbée par les actes terroristes d’un ennemi mystérieux, le Mandarin. Lorsque le chef de la sécurité de Stark Industries, Happy Hogan,est victime d’un de ses attentats, Stark défie le Mandarin par le biais des médias. Il découvre rapidement l’existence du programme Extremis, un traitement expérimental dont le but initial est de guérir les personnes souffrant d’une mutilation. Développé par Killian à partir des recherches de Hansen, le sérum est instable et les sujets dont le corps n’a pu accepter le traitement voient la température de leur corps augmenter avant d’exploser. Alors qu’il se jette dans la bataille, Stark va enfin découvrir la réponse à la question qui le hante secrètement depuis si longtemps : est-ce l’homme qui fait l’armure ou bien l’armure qui fait l’homme ?

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