Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
De salauds ordinaires en héros magnifiques: Larmes de Joie de Monicelli orchestre un savoureux bal ou quiproquos et désillusions se construisent dans une logique implacable.
Un thriller étouffant, mais aussi un drame qui flirte avec le fantastique, qui vous prendra aux tripes, du début à la fin, au sens propre, comme au figuré. Sans Retour, une œuvre majeure, sublimée par la photographie d'Andrew Laszlo et la musique de Ry Cooder.
Plus accessible que ses futures œuvres, tout en restant fidèle à l'univers torturé de son auteur, Blue Velvet est la parfaite porte d'entrée dans la filmographie de David Lynch. Un cauchemar d'une beauté subjuguante et envoûtante.
Party Girl peut se ranger aisément dans la catégorie « cinéma social » mais jamais il n’est caricatural dans sa description des classes, au contraire seuls les liens familiaux importent au-delà des origines et des catégories socio-professionnels des membres.
Dans le film Bad Boys, les protagonistes sont tous issus de familles monoparentales et vivant dans des quartiers défavorisés (sauf l'amie de Sean Penn). Leurs destins semblent scellés, ils vivent de trafics, de magouilles, loin de leurs foyers, grandissant dans la rue et n'ayant aucun modèle masculin.
Véritable déluge de couleurs et d'images, Kick-Ass s'ouvre sur une séquence hautement décalée. Celle-ci donnera le ton sur la suite des événements. "So, you wanna play?"
Dune semble né d’un malentendu entre David Lynch et ses producteurs. D’un côté un réalisateur qui voulait que son film lui corresponde : de l’autre une production qui ne l’entendait pas ainsi.
Par son sujet (la différence et la tolérance), par son registre (pathétique et humaniste) et par son traitement (un classieux noir et blanc de 1980), Elephant Man a tout du grand film prestigieux destiné à conquérir les cœurs de la foule et la rétine de la critique...
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.