Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
C’était notre petit cocorico à la dernière Mostra, et pourtant le nouveau film de Christian Vincent sort dans un anonymat immérité. Auréolé du meilleur scénario et du prix d’interprétation pour un Fabrice Luchini exécrable mais amoureux; l’Hermine est une des bonne surprise française de cette fin d’année.
Judd Apatow revient au cinéma avec "Crazy Amy", écrit et interprétée par la détonante Amy Schumer. Si le film est très drôle, ne tiendrait-il pas plus de Schumer que du génial cinéaste de "40 ans toujours puceau" et co-auteur de "Freaks and Geeks" ?
Cinéséries-Mag revient sur les actualités à ne pas manquer cette semaine mais vous invite surtout à entrer dans cette vaste ronde des bandes-annonces : Insaisissables 2, Gods of Egypt, Zoolander 2, The Huntsman : Winters War, A Monster Calls, Midnight Special
S'écartant dans sa forme du nouveau cinéma roumain, le cinéaste Radu Muntean réussit avec du quotidien à instiller une tension à son nouveau film L'étage du dessous, mais finit par trop manquer de matière à force de minimalisme. Critique.
Une histoire de fou est le second long-métrage de Robert Guédiguian portant sur le génocide arménien, et s'offre à nous comme une véritable réussite grâce à des interprétations de choix.
La viscéralité est donc l'atout premier de cette oeuvre brute et pleine d'énergie, mais au détriment d'autres atouts qui auraient été nécessaires. [...] Certaines scènes sont époustouflantes et la déflagration résonne par ellipses. L'effet yo-yo perturbe les sens. Entre ennuis et admiration, Les Suffragettes ne cesse d'osciller entre deux émotions contraires. La faute à l'agencement trop ordonné de l'intrigue qui elle-même manque de spontanéité.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.