John Carpenter : Portrait du compositeur

Si John Carpenter n’a pas tourné de longs métrages depuis The Ward, il n’a pas pour autant pris sa retraite. A Los Angeles, le Maître de l’horreur, ou encore Big John pour les fans, continue de travailler ses autres cordes : la musique et l’écriture.

Le nom de John Carpenter, qui devance les titres de ses films sur les affiches (ex : John Carpenter’s The Thing), est comme une marque, la marque d’un grand cinéaste connu pour ses oeuvres d’horreur (Halloween, The Thing, Prince des ténèbres...) mais ayant également réalisé une comédie barrée (Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin), un biopic sur Elvis Presley (Le roman d’Elvis avec Kurt Russell), une romance de science-fiction (Starman), de la science-fiction/action (New-York 1997 et sa suite Los Angeles 2013)… Si le maître a donc une palette de genres bien plus étendue que celle qui lui colle à la peau, sa personnalité, elle, s’exprime de plusieurs façons. En moins de cinq minutes de visionnage, on sait que l’on est dans un film de Carpenter : en témoignent ses cadrages particuliers qui s’étalent toujours en scope mais aussi sa musique.

Fils de musicien, John grandit en étant influencé tant par le cinéma et les comics que par la musique qu’il entend de part et d’autre de l’écran. Il envisage même un temps une carrière de bassiste de rock avant de céder aux sirènes d’Hollywood.

Dès son premier film, Assault (1976) (Dark Star étant un film d’études), John compose des thèmes aux mélodies simples mais entêtantes, et surtout inquiétantes renforçant le sentiment d’angoisse créé par sa mise en scène. Les nappes de synthé s’enrichissent de basse et de guitares dans New-York 1997, peaufinant un style qui sera copié par la suite sans vergogne dans l’Horreur (les récents It follows et Don’t Breathe sont clairement influencés par Big John) mais aussi dans d’autres genres. La musique du Flic de Beverly Hills 2 de Tony Scott plagie ainsi, par moments, les rythmes des premières aventures de Snake Plissken (l’anti-héro borgne incarné par Kurt Russell dans New-York 1997 et sa suite).

Halloween : Extrait

Sa musique devient de plus en plus rock et complexe dans L’antre de la folie (1995) aux guitares nerveuses, ou blues-rock dans Vampires (1998) pour céder au Hard-rock pur avec les musiciens de Slayer en guests pour jouer les partitions du maître dans l’inégal mais sympathique Ghosts of Mars (2001).

Dans The Ward (2011), John cède la place à son fils Cody qui s’inspire des travaux précédents de son père comme l’avait fait avant lui le grand Ennio Morricone (auteur du score de The Thing) qui composa une musique très épurée qu’on jurerait sortie du cerveau de Carpenter tant celle-ci s’éloigne de l’univers habituel du Maestro italien. Certains titres non utilisés seront d’ailleurs repris par Tarantino pour son Hateful Eight (2016), lui-même fortement influencé par le chef d’œuvre de Big John.

Depuis The Ward, Carpenter partage son temps entre l’écriture de BD (les séries de comics Asylum vol 1 & 2 et Tales for a Halloween Night vol 1 & 2) et de scripts de jeux vidéos (FEAR 3) et surtout la musique. Il a composé deux albums studios d’électro-rock avec son fils et son filleul Daniel Davies (Lost Themes en 2015 et Lost Themes 2 en 2016) et participé au score du dernier Jean-Michel Jarre, grand fan du Maître de l’horreur. Il est passé à Paris (le temps d’un concert à l’Élysée Montmartre) avec son groupe pour jouer ses compositions dans un mix des thèmes de ses classiques revus à la sauce rock et de ses nouveaux titres.

A bientôt soixante-dix ans, on souhaite à John Carpenter de continuer de nous abreuver de ses compositions qui nous rappellent, s’il le fallait encore, combien son talent est protéiforme à l’image du monstre de The Thing.

Festival

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Olivier Pastorino
Olivier Pastorinohttps://www.lemagducine.fr/
Auteur du recueil de nouvelles "Nouvelles des Morts" aux éditions Edilivre et du livre de science fiction "Avant la Fin". Féru de Cinéma, de littérature et de Rock.

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