Projet Almanac, un film de Dean Israelite : Critique

Critique du film, Projet Almanac, un divertissement sans prétention ni ambition

Synopsis : Alors qu’il cherchait un moyen de payer ses études et aider sa mère financièrement, David Reskin tombe un jour sur les mystérieux plans d’une inventions de son défunt père qui s’avère être un prototype de machine à voyager dans le temps. Avec ses amis, l’adolescent va réussir à la construire et à la faire marcher, s’amusant ainsi à changer certains événements à leur avantage. Mais modifier le temps n’est pas quelque chose qu’il faut prendre à la légère…

Un temps considéré comme un genre en pleine expansion dans le cinéma, le found footage s’est peu à peu effacé de l’inconscient collectif, ne laissant que les films d’horreur (Paranormal Activity et consorts) exploiter ce format à leur guise. Et si certains projets sont passés inaperçus comme le récent Écho, Michael Bay relance aujourd’hui la machine en tant que producteur avec ce long-métrage dont la sortie en salles n’a cessé d’être repoussée à ce 25 février 2015, tout en changeant de titre. Un tel projet valait-il vraiment autant d’attention ?

Amis des scripts bien écrits et respirant l’originalité à plein nez, autant vous le conseiller tout de suite : passez votre chemin, Projet Almanac n’est vraiment pas un film qui saura combler vos attentes. Surtout que la thématique du voyage dans le temps a déjà été traitée maintes et maintes fois au cinéma, allant de La machine à explorer le temps à X-Men : Days of Future Past, en passant par la saga Terminator, la trilogie Retour vers le Futur et Men in Black 3. Un sujet qui a été vus dans tous les angles possibles et inimaginables, autant dire que Projet Almanac partait avec un sérieux handicap, celui de n’avoir pas grand-chose à dire. Et c’est malheureusement le cas pour ce film, qui en prenant des adolescents comme personnages principaux, va reprendre toutes les ficelles du genre pour mettre en place son histoire : gagner au loto, se venger d’une personne ne pouvant pas vous saquer, réussir une interro loupée, participer à une fête alors que vous ne pouviez pas avant… sans oublier l’éternel danger du « modifier ne serait-ce qu’un minime détail du temps entraîne de lourdes conséquences » et un soupçon de « quoique l’on fasse, l’histoire est écrite d’avance ». Projet Almanac n’est donc pas le film qui saura réinventer quoi que ce soit, se contentant juste du minimum scénaristique syndical pour justifier sa mise en chantier.

Mais à défaut d’avoir une once d’ambition, il faut bien reconnaître que le long-métrage de Dean Israelite se présente au public comme un petit film n’ayant que la prétention de divertir. Et sur ce point, Projet Almanac remplit son cahier des charges sans véritablement chercher à impressionner l’assistance. Le but ici est juste de raconter l’aventure de cette bande d’adolescents, de la fabrication de la machine jusqu’aux problèmes qu’ils rencontrent et qu’ils doivent corriger, ni plus ni moins. Une simplicité des plus enfantines qui porte néanmoins ses fruits, étant donné que l’ensemble se révèle être assez plaisant à suivre. En effet, les personnages en question ne sont pas des abrutis comme les productions Michael Bay avaient jusque-là l’habitude de mettre en avant (les remakes de films d’horreur comme Vendredi 13, le récent Ninja Turtles), ringardisés par un humour balourd et des répliques lamentables. Non, dans Projet Almanac, les protagonistes sont des adolescents comme les autres, ayant leurs problèmes et leurs envies, vivant des situations que tout le monde a au moins déjà subi… Des personnages tout bonnement proches du spectateur, facilement identifiables auxquels il n’est donc pas difficile de s’attacher et de les suivre dans leur mésaventure temporelle rythmée, l’interprétation honorable des jeunes comédiens, méconnus du grand public, faisant le reste.

Et le found footage dans tout cela ? Pourquoi avoir choisi ce format pour réaliser Projet Almanac ? Depuis sa popularisation avec le succès du Projet Blair Witch, ce type de mise en scène avait pour but d’immerger le public dans une réalité créée de toute pièce mais au combien crédible tout en lui faisant ressentir ce qu’éprouvaient les protagonistes, sans oublier quelques enjeux scénaristiques. Ici, comme pour la plupart des récents films de ce genre, il ne s’agit que d’un simple artifice non justifiée. Dans le cas du long-métrage de Dean Israelite, le fait qu’un personnage filme constamment caméra à la main est expliqué par le fait que chaque expérience vécue avec la machine à explorer le temps soit un moment à immortaliser. Quid donc des passages intimistes ou de la dernière demi-heure de l’ensemble ? Comme la plupart de ses congénères, Projet Almanac use assez mal du found footage, étant spécialement composé de séquences qui, d’un point de vue réaliste, non pas lieu d’être, une personne censée n’étant pas supposer filmer telle ou telle situation dans la vraie vie. Sans oublier les nombreuses coupures entre chaque plan d’une même scène, témoignant de la présence d’un montage qui rappelle que le public à affaire à un film et non une vidéo amatrice réalisée par un individu lambda.

Sans aucune prétention ni ambition, Projet Almanac n’est rien d’autre qu’un sympathique divertissement, agréable à regarder mais vite oubliable, qui n’a de Michael Bay que les moyens en matière d’effets spéciaux (assez bons, au vue d’un budget de 12 millions de dollars) et des placements de produits un peu poussifs par moment (par exemple, une canette de telle marque en lévitation). Alors qu’à première vue, le film s’annonçait comme un nouveau Projet X, Projet Almanac se rapproche bien plus de Chronicle sans toutefois l’égaler. C’est déjà ça !

Projet Almanac – Bande-annonce

Fiche technique – Projet Almanac

Titre original : Project Almanac
États-Unis – 2014
Réalisation : Dean Israelite
Scénario : Andrew Stark et Jason Pagan
Interprétation : Jonny Weston (David Raskin), Sofia Black D’Elia (Jessie), Virginia Gardner (Christina Raskin), Sam Lerner (Quinn Goldberg), Allen Evangelista (Adam), Patrick Johnson (Todd), Michelle DeFraites (Sarah Nathan), Amy Landecker (Kathy)…
Date de sortie : 25 février 2015
Durée : 1h47
Genre : Science-fiction
Image : Matthew J. Lloyd
Décors : David Smith
Costumes : Mary Jane Fort
Montage : Julian Clarke et Martin Bernfeld
Budget :  12 M$
Producteurs : Michael Bay, Andrew Form et Brad Fuller
Productions : Paramount Pictures, Platinum Dunes, MTV Films et Insurge Films
Distributeur : Paramount Pictures France

 

 

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Sebastien Decocq
Sebastien Decocqhttps://www.lemagducine.fr/
Se droguant avec Jurassic Park, Les Dents de la Mer, Independence Day, E.T. et Indiana Jones à l'âge de 6 ans (même moins pour certains), autant dire que le cinéma était une passion d'emblée. Qui continue à s'élargir au fil des années, à tel point que j'espère un jour en faire mon métier (scénariste, réalisateur, critique... tout est bon !). A mon actif, quelques montages vidéos et un semblant de court-métrage en réserve, je préfère toutefois encore plus m'enfouir dans une salle de cinéma et me laisser transporter par ce que propose le grand écran. Que ce soit un plaisir coupable comme les comédies musicales ou les gros blockbusters d'un certain Michael Bay (je sens la foudre s'abattre sur moi !). Ou bien de véritables chefs-d'oeuvre. Quoiqu'il en soit, du moment que c'est signé par Nolan, Cameron, Spielberg et Burton, je fonce littéralement payer mon ticket.

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