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Accueil Cinéma Critiques films PartagerFacebookTwitterPinterestEmail Tiré de l’expérience de Philippe Tesson relatée dans son roman autobiographique couronnée par le prix Médicis en 2011, Dans les forêts de Sibérie s’attache à relater une aventure humaine loin du monde. Le synopsis est tout aussi séduisant que les premières séquences du film. Il nous laisse espérer un dépaysement total tant les paysages sont magnifiques et semblent lointains. De façon très contemplative, la musique douce d’Ibrahim Maalouf berce avec douceur et mélancolie les superbes images de Gilles Porte du lac Baïkal gelé. Les lents mouvements de caméra lancinants sont sensibles et à propos. On ressent tout de suite la communion entre le personnage et son nouvel espace de vie. Raphaël Personnaz, solaire, est sublimé par cette nature. Into the Sibérie Sa fuite répond à un désir de vivre intensément chaque instant de sa vie, comme un appel à un carpe diem spirituel. Teddy se veut libre et sans contraintes, pour vivre au rythme des saisons, pour apprivoiser le climat, et épouser la lumière sibérienne. Il veut connaître le plaisir de rouler sur l’épaisse couche de glace dans une vieille camionnette, et de crier dans le silence des montagnes qui bordent le lac, il veut sentir le gel sur sa peau et le soleil qui la réchauffe lentement. « Je partis dans les bois car je voulais vivre sans me hâter, vivre intensément et sucer toute la moelle secrète de la vie. Je voulais chasser tout ce qui dénaturait la vie, pour ne pas, au soir de la vieillesse, découvrir que je n’avais pas vécu. » Le cercle des poètes disparus, Peter Weir, 1989 Le film atteint alors un certain degré de perfection profondément jubilatoire qui malheureusement ne durera qu’un temps. Ces premières impressions vont en effet rapidement s’éroder au fur et à mesure que progresse le récit. Dès lors, le film semble scindé en deux. Si sa première partie était sublime, très vite le scénario va amener le spectateur vers des horizons beaucoup moins intéressants. Le principal défaut de la seconde partie est en réalité son existence en elle-même car la rencontre avec Aleksei a pour conséquence la fin de la solitude de Teddy. Or, l’œuvre n’a alors fait que survoler la solitude, sans l’exploiter vraiment. En quelques séquences cette expérience de vie solitaire a été mise à l’écart au profit d’une intrigue secondaire, très peu intéressante. Une histoire d’amitié se noue entre Teddy et Aleksei, personnage qui apporte un contrepoids. En exil depuis des années, il souhaite retourner en ville quand Teddy ne cherche lui qu’à rester en exil dans la nature. Mais quel est le sens de cette sous-intrigue, de ces scènes de chasse entre amis, qui apparaissent comme les ingrédients d’un film conventionnel pour un projet qui ne l’était pas ? Le défi de Safy Nebbou était de réussir à filmer cette solitude. Or, le scénario ne lui permet pas un tel accomplissement. Ainsi le film manque son objectif majeur. Par ailleurs, le film ne se révèle que très peu introspectif. Quid des motivations de Teddy ? Qu’est ce qui le pousse à entreprendre le voyage ? Est ce une fuite de la société, un besoin de solitude, un désir de liberté ? Certes il semblerait que ce soit un peu tout ça à la fois cependant, ne connaissant pas la vie du personnage, le spectateur se retrouve pantois et troublé. Dans les forêts de Sibérie, s’inspire énormément du succès d’Into the wild de Sean Penn en 2007, allant jusqu’à épouser sa morale. Toutefois il ne parvient jamais à insuffler la même vitalité ni la même émotion à son œuvre. Si la simplicité du récit offre au film une réelle sobriété, il obtient également une certaine rugosité, une âpreté, une rudesse qui ne lui permettent pas d’emporter le spectateur complètement avec lui en Sibérie. Synopsis : Pour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal. Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années. Entre ces deux hommes que tout oppose, l’amitié va naître aussi soudaine qu’essentielle. Dans les forêts de Sibérie : Bande annonce Dans les forêts de Sibérie : Fiche technique Réalisation : Safy Nebbou Scénario : Safy Nebbou et David Oelhoffen, d’après le livre de Sylvain Tesson Interprétation : Raphaël Personnaz et Evgueni Sidikhine Photographie : Gilles Porte Montage : Anna Riche Musique : Ibrahim Maalouf Décors : Cyril Gomez-Matthieu Producteurs : Philippe Boëffard et Christophe Rossignon Société de production : France 3 cinéma, Zéphyr production, et Nord-Ouest Films Distribution : Paname Distribution et Other Angle Pictures Récompense : César 2017 de la meilleure musique originale Durée : 105 minutes Genre : Aventure Date de sortie : 15 juin 2016 France – 2016 Auteur : Clement Faure
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