Daddy Cool, un film de Maya Forbes : Critique

Daddy Cool, une chronique familiale bouleversante de sincérité

Synopsis : Dans les années 70, sur la côte est des Etats-Unis, le couple formé par Maggie et Cameron est mis en péril par les troubles de la personnalité de ce dernier. Un problème d’autant plus grave que Maggie veut reprendre ses études, et qu’elle doit laisser ses deux filles sous la responsabilité de leur père, tiraillé entre sa bipolarité et son amour inconditionné pour sa famille.

Après avoir participé à l’écriture de plusieurs films infantiles, Maya Forbes a pris l’initiative de nous faire part, à l’occasion de son premier film, de ses souvenirs d’enfance et en particulier des problèmes qu’a rencontré sa famille concernant les responsabilités données à son père malgré ses troubles maniaco-dépressifs. La réalisatrice est même allée jusqu’à donner à sa fille son propre rôle, faisant de son film autobiographique une véritable petite entreprise familiale. Visiblement touché par la sincérité du projet, J.J. Abrams, le réalisateur de Star Wars 7, et sa boite de production Bad Robot, a permis au film de profiter d’un budget supérieur à ceux des productions indépendantes (6,7 millions de dollars) mais aussi de se faire connaitre à l’occasion du festival de Sundance.

Dans les rôles du père perturbé et de la mère, Mark Ruffalo et Zoe Saldana font preuve d’une subtilité aux antipodes de leurs prestations musclées dans les blockbusters Marvel (respectivement dans la peau de Hulk et Gamora). Leur jeu plein de douceur est le meilleur argument du film pour son traitement léger et sans pathos de ce sujet qui aurait pu être grave. La mise en scène est elle-aussi très réussie dans le sens où sa multiplication de scènes aux allures de films de famille tournés en 8mm, accentue la dimension intimiste de cette histoire de famille.

Daddy Cool est un petit film remarquable dans la façon dont il est réalisé, avec une volonté de se confier sans que jamais sa réalisatrice ne cherche à susciter l’apitoiement. Alors qu’elle aurait pu en faire un exutoire mélodramatique, la réalisatrice a transformé des moments de sa jeunesse visiblement compliqué en un long-métrage attendrissant et plein d’humour. Un processus cinématographique des plus dignes et respectables.

Daddy Cool: Bande-annonce

Daddy Cool : Fiche Technique

Réalisation: Maya Forbes
Scénario: Maya Forbes
Interprétation: Mark Ruffalo, Zoe Saldana, Imogene Wolodarsky, Ashley Aufderheide…
Image: Bobby Bukowski
Décor: Jennifer Engel
Costume: Kasia Walicka-Maimone
Montage: Michael R. Miller
Producteurs: Sam Bisbee, Bingo Gubelmann, Benji Kohn, Galt Niederhoffe, Wallace Wolodarsky
Production: Paper Street Films, KGB Films, Picture Park, Bad Robot
Distributeur: Bac Films
Genre: Emotions
Durée: 1h30
Date de sortie: 8 juillet 2015

États-Unis – 2014

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Backrooms : Plongée mitigée dans l’étrangeté du liminal

Le YouTubeur Kane Parsons adapte ses célèbres espaces liminaux au cinéma avec une direction artistique soignée et une atmosphère vraiment envoûtante. Dommage qu'un scénario trop bavard et un rythme poussif viennent freiner ce projet d'horreur psychologique pourtant bien plus prometteur qu'effrayant.

Le Vertige : Méditation dupieusienne ou aberration cinématographique

Avec "Le Vertige", Quentin Dupieux pousse son cinéma de l'absurde jusqu'à la limite de l'arnaque. Entre méditation cartésienne et pur foutage de gueule, le film embarque Alain Chabat et Jonathan Cohen dans un doute existentiel : et si rien de ce que l'on voit n'était réel ? Mêlant animation et personnages dérivés de cette expérimentation esthétique rétro, cette expérience aussi terne que radicale ne fait pas rire, mais fascine par son obstination. Décryptage d'un vertige métaphysique signé Dupieux.

The Furious : aussi bon que con (et on adore)

Prenez "Taken", ajoutez-y une pincée de "John Wick", beaucoup de "The Raid" et de "City of Darkness", et vous obtenez "The Furious". Entre série B décomplexée et scènes d'action d'anthologie, on tient l'un des meilleurs films d'action de ces dernières années.

Le Dernier Vrai Samouraï : jidai-geki mon amour

Sur le mode de la comédie fantastique, Le Dernier Vrai Samouraï est une mise en abyme savoureuse : un vrai samouraï qui en côtoie des faux, interprétant une version romancée de son propre monde, devenu désuet et un sujet de spectacle. Derrière l’hommage à un genre cinématographique, Jun’ichi Yasuda veut surtout saluer les artisans oubliés du cinéma nippon. Il y a donc de multiples grilles de lecture dans ce film qui, par ailleurs, demeure distrayant, humoristique et parfois spectaculaire.

Disclosure Day : la face sombre de l’émerveillement

Presque 50 ans après "Rencontres du troisième type", Steven Spielberg revient à ses grandes énigmes du cosmos avec "Disclosure Day". Un thriller conspirationniste, porté par Emily Blunt et Josh O'Connor, qui déconstruit la science-fiction pour mieux interroger notre époque sur la désinformation, la dissimulation gouvernementale et la foi en l'humanité. Une réussite !
Julien Dugois
Julien Dugoishttps://www.lemagducine.fr/
Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

Backrooms : Plongée mitigée dans l’étrangeté du liminal

Le YouTubeur Kane Parsons adapte ses célèbres espaces liminaux au cinéma avec une direction artistique soignée et une atmosphère vraiment envoûtante. Dommage qu'un scénario trop bavard et un rythme poussif viennent freiner ce projet d'horreur psychologique pourtant bien plus prometteur qu'effrayant.

Le Vertige : Méditation dupieusienne ou aberration cinématographique

Avec "Le Vertige", Quentin Dupieux pousse son cinéma de l'absurde jusqu'à la limite de l'arnaque. Entre méditation cartésienne et pur foutage de gueule, le film embarque Alain Chabat et Jonathan Cohen dans un doute existentiel : et si rien de ce que l'on voit n'était réel ? Mêlant animation et personnages dérivés de cette expérimentation esthétique rétro, cette expérience aussi terne que radicale ne fait pas rire, mais fascine par son obstination. Décryptage d'un vertige métaphysique signé Dupieux.

The Furious : aussi bon que con (et on adore)

Prenez "Taken", ajoutez-y une pincée de "John Wick", beaucoup de "The Raid" et de "City of Darkness", et vous obtenez "The Furious". Entre série B décomplexée et scènes d'action d'anthologie, on tient l'un des meilleurs films d'action de ces dernières années.