Rémy Fiers

En première ligne : sous haute tension

Voilà une immersion haletante dans le quotidien d’une infirmière, qui pointe du doigt des services hospitaliers manquant de moyens mais surtout de personnel. Pour son troisième long-métrage, la suissesse Pietra Biondina Volpe fait preuve d’un sens du rythme et de l’urgence qui traverse l’écran, ainsi que d’un souci du détail qui repose sur une grosse documentation en amont.

La Guerre des Rose : Tardent les épines, mais si belles sont les pétales

Remake surprenant et moderne de "La Guerre des Rose", version 2025, portée par Olivia Colman et Benedict Cumberbatch, revisite avec finesse les tensions conjugales d’un couple en crise. Une comédie dramatique piquante, ancrée dans son époque.

Évanouis : Le puzzle de l’enfer

Avec "Évanouis", Zack Cregger confirme son talent dans un second film audacieux mêlant horreur, thriller et comédie noire. Une mise en scène maîtrisée, un scénario captivant et un univers unique font de ce long-métrage l’un des plus marquants de l’année. Entre frissons, satire sociale et virtuosité narrative, "Évanouis" s’impose comme un incontournable du cinéma de genre.

Eddington : American Schizophreny

Avec "Eddington", Ari Aster délaisse l’horreur pure pour une fresque politique audacieuse et clivante. Entre satire de l’Amérique trumpiste, tensions sociales, et chaos narratif, le film divise autant qu’il intrigue. Ambitieux mais inégal, ce long-métrage présenté à Cannes déstabilise par ses choix radicaux, tout en confirmant le talent de son réalisateur.

Materialists : l’amour contemporain disséqué en mode chic

Sous ses airs de comédie romantique classique, "Materialists" de Celine Song déjoue les attentes : une œuvre élégante, finement écrite, qui explore avec justesse et émotion les complexités de l’amour moderne. Un film subtil, profond et brillamment interprété.

28 ans plus tard : quand Danny Boyle se surpasse et se dépasse

Avec "28 ans plus tard", Danny Boyle signe un film de zombies audacieux et viscéral, entre mise en scène inventive, paysages saisissants et tension constante. Une suite tardive mais inspirée, qui redéfinit le genre avec panache.

Life of Chuck : Merci Chuck, 39 ans de service certes mais surtout 111 minutes de bonheur

"Life of Chuck", adaptation sensible d'une nouvelle de Stephen King par Mike Flanagan, est un conte métaphysique bouleversant qui émerveille par sa poésie, sa mise en scène et son humanité.

Hurry Up Tomorrow : de l’esbroufe tape à l’œil au ridicule

Si on a envie d’y croire au début, le soufflé retombe vite et, plus il avance, plus ce film à la gloire (ou pas) du chanteur The Weeknd (Abel Tesfaye de son vrai nom) se révèle aussi creux que vain et prétentieux.

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Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.

Silent Friend : filmer la lumière, filmer le temps

Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.