Rémy Fiers

FNC Montréal 2025 : Father Mother Sister Brother – Excès de simplicité

Jim Jarmusch signe son retour avec "Father Mother Sister Brother", un film en trois segments sur les liens familiaux. Entre minimalisme, casting prestigieux et motifs récurrents, le cinéaste propose une œuvre modeste mais intrigante, récompensée à la Mostra de Venise. Une critique nuancée d’un long-métrage à la fois plaisant et étonnamment anodin.

FNC Montréal 2025 : La Grazia – Retour en grâce (enfin) du grand Sorrentino

Avec "La Grazia", Paolo Sorrentino signe un retour magistral au sommet du cinéma italien. Porté par un Toni Servillo bouleversant, ce drame politique mêle grâce visuelle, profondeur morale et mélancolie envoûtante. Un chef-d'œuvre baroque et engagé, entre foi, pouvoir et vérité, qui rappelle la puissance de "La Grande Bellezza".

Sirāt : Enter the Void

Oliver Laxe livre avec "Sirāt" un film sensoriel et inclassable présenté à Cannes 2025. Entre road-trip mystique, rave en plein désert marocain et vertige visuel, cette œuvre radicale fascine autant qu’elle divise. Une expérience immersive portée par une techno envoûtante et une mise en scène hypnotique.

En première ligne : sous haute tension

Voilà une immersion haletante dans le quotidien d’une infirmière, qui pointe du doigt des services hospitaliers manquant de moyens mais surtout de personnel. Pour son troisième long-métrage, la suissesse Pietra Biondina Volpe fait preuve d’un sens du rythme et de l’urgence qui traverse l’écran, ainsi que d’un souci du détail qui repose sur une grosse documentation en amont.

La Guerre des Rose : Tardent les épines, mais si belles sont les pétales

Remake surprenant et moderne de "La Guerre des Rose", version 2025, portée par Olivia Colman et Benedict Cumberbatch, revisite avec finesse les tensions conjugales d’un couple en crise. Une comédie dramatique piquante, ancrée dans son époque.

Évanouis : Le puzzle de l’enfer

Avec "Évanouis", Zack Cregger confirme son talent dans un second film audacieux mêlant horreur, thriller et comédie noire. Une mise en scène maîtrisée, un scénario captivant et un univers unique font de ce long-métrage l’un des plus marquants de l’année. Entre frissons, satire sociale et virtuosité narrative, "Évanouis" s’impose comme un incontournable du cinéma de genre.

Eddington : American Schizophreny

Avec "Eddington", Ari Aster délaisse l’horreur pure pour une fresque politique audacieuse et clivante. Entre satire de l’Amérique trumpiste, tensions sociales, et chaos narratif, le film divise autant qu’il intrigue. Ambitieux mais inégal, ce long-métrage présenté à Cannes déstabilise par ses choix radicaux, tout en confirmant le talent de son réalisateur.

Materialists : l’amour contemporain disséqué en mode chic

Sous ses airs de comédie romantique classique, "Materialists" de Celine Song déjoue les attentes : une œuvre élégante, finement écrite, qui explore avec justesse et émotion les complexités de l’amour moderne. Un film subtil, profond et brillamment interprété.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.