Entre drôle et sombre, Vie privée surprend par son ton unique. Jodie Foster y livre une performance éblouissante dans son premier grand rôle en français, où l'enquête policière cède le pas à la psychologie du personnage.
Premier film de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, "On vous croit" plonge le spectateur au cœur d’une affaire judiciaire bouleversante. Porté par la performance saisissante de Myriem Akheddiou, ce drame minimaliste explore avec justesse la violence domestique et l’injustice institutionnelle, entre réalisme cru et émotion déchirante.
Kirill Serebrennikov adapte "La Disparition de Josef Mengele" d’Olivier Guez dans un film visuellement marquant mais inégal, entre portrait d’un criminel nazi en fuite, réflexion sur la banalité du mal et devoir de mémoire. Une œuvre austère et ambitieuse, qui divise par ses choix esthétiques mais interroge l’Histoire avec force.
Avec "The Mastermind", Kelly Reichardt signe un film de braquage lent, austère et désincarné, présenté en compétition officielle à Cannes. Annoncé comme son œuvre la plus accessible, le film accumule pourtant longueurs, vide narratif et prétention. Une proposition qui séduira les fidèles de la cinéaste, mais risque d’ennuyer profondément les autres.
"Baise-en-ville" est une comédie française originale et décalée signée Martin Jouvat. Porté par une écriture fine, des personnages hauts en couleur et un humour tendre, ce film singulier bouscule les codes du genre. Un regard drôle et acéré sur la jeunesse et la précarité, à la fois touchant et lumineux.
Jim Jarmusch signe son retour avec "Father Mother Sister Brother", un film en trois segments sur les liens familiaux. Entre minimalisme, casting prestigieux et motifs récurrents, le cinéaste propose une œuvre modeste mais intrigante, récompensée à la Mostra de Venise. Une critique nuancée d’un long-métrage à la fois plaisant et étonnamment anodin.
Avec "La Grazia", Paolo Sorrentino signe un retour magistral au sommet du cinéma italien. Porté par un Toni Servillo bouleversant, ce drame politique mêle grâce visuelle, profondeur morale et mélancolie envoûtante. Un chef-d'œuvre baroque et engagé, entre foi, pouvoir et vérité, qui rappelle la puissance de "La Grande Bellezza".
Oliver Laxe livre avec "Sirāt" un film sensoriel et inclassable présenté à Cannes 2025. Entre road-trip mystique, rave en plein désert marocain et vertige visuel, cette œuvre radicale fascine autant qu’elle divise. Une expérience immersive portée par une techno envoûtante et une mise en scène hypnotique.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.
Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.
Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.