Sommet dans l’oeuvre de Kiarostami, Et la vie continue exploite au maximum le motif de la voiture, à la fois espace de parole privilégié et cadre objectif sur le monde. Après le désastre national, le cinéaste prend l’initiative de filmer la réalité débordante qui s’offre à lui et propose une singulière épopée géographique, une traversée d’un territoire contrarié, où la vie, malgré tout, résiste à l’effondrement.
Avec Au travers des oliviers, Kiarostami nous rappelle que les grands faiseurs d’images cherchent moins la tromperie que l’échange et la communion avec les spectateurs. C'est toute la grandeur de ce cinéma qui utilise le faux pour mieux faire émerger la vérité.
Astucieux thriller saupoudré de fantastique, À cause d’un assassinat illustre par la forme les craintes éprouvées par la population américaine à l’égard d’un pouvoir manipulateur. Un grand classique du cinéma paranoïaque des années 70.
Mêlant la philosophie à l’audace plastique, Un château en enfer est une fascinante balade onirique. Une rareté qui nous rappelle les talents d’auteur de Sydney Pollack.
Doté d’une mise en scène brillante, d’un rythme singulier qui fait ressentir toute la douleur intérieure de ses personnages, L’arnaqueur est moins un film sur le billard qu’une métaphore de la réussite et de l’échec aux Etats-Unis. Paul Newman et Piper Laurie sont magnifiques dans des rôles de marginaux malgré eux, à fleur de peau.
Western original, résolument tragique dans ses allures de drame profond et analytique, Le Gaucher est aussi une belle évocation du désordre et de l’absolutisme de la jeunesse, quelle que soit l’époque.
Le Voyage de Chihiro, c’est l’imaginaire poétique de Miyazaki à son meilleur. On retrouve son univers formel et thématique – la jeune héroïne, la dimension écologique, l’enfance comme âge de tous les possibles, le conte perdu entre merveilleux et réalisme magique – mais avec une puissance et une énergie décuplée.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.