Julien Dugois

Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

La situation des comédies françaises

Le pouvoir d'attrait que Kev Adams assure au premier film de Arthur Benzaquen n'est qu'une anecdote face à toutes les raisons qui font des Nouvelles Aventures d'Aladin un parangon de bêtise et de mépris envers ses jeunes spectateurs.

L’homme irrationnel, un film de Woody Allen: Critique

En opposant les voix-off particulièrement bavardes et cultivées de ses deux protagonistes, Woody Allen fait plus que mettre en place une sempiternelle histoire d'amour impossible et et signe un essai philosophique d'une virtuosité romanesque sans égal.

Nous trois ou rien, un film de Kheiron: Critique

Connu pour son cynisme, Kheiron livre ici une biographie de ses parents en reconstituant leur parcours, depuis leur engagement politique en Iran jusqu'à la reconnaissance, par la République Française de leur travail associatif. Un portrait moralisateur dans lequel humour et mélodrame ne font pas forcément bon ménage.

Retrospective Martin Scorsese: Taxi Driver, critique du film

Taxi Driver restera comme un film qui aura parfaitement su nous faire suivre le parcours psychologique menant vers l’irréparable. En créant un personnage de vétéran du Vietnam aussi bouleversé que Travis Bickle, Schrader et Scorsese ont parfaitement témoigné de la façon dont l’utopie de changer le monde qui animait les premiers films du Nouvel Hollywood a laissé place à une profonde frustration.

45 ans, un film d’Andrew Haigh: Critique

A partir d’un événement qui aurait pu être sans suite, la réception d’une lettre, une crise va peu à peu émerger au sein du couple, à la façon d’une bombe qui avait besoin de la première étincelle pour exploser, que ce soit pour réveiller une flamme passionnelle éteinte ou faire exploser le ciment relationnel du ménage.

Patries, un film de Cheyenne Caron: Critique

Le fait de perdre de vue pendant près d’une demi-heure celui qui apparaissait de prime abord comme le personnage principal, et surtout le centre des enjeux du film, rend confuse la destination va laquelle la réalisatrice cherche à aller.

L’Odeur de la mandarine, un film de Gilles Legrand: Critique

De très loin le meilleur film de Gilles Legrand, L’odeur de la Mandarine peut sembler désuet sur le fond comme sur la forme mais sait tirer l’avantage des moments d’intimité entre ses deux excellents acteurs, et ce même si leurs personnages disparaissent derrière le discours tenu sur la difficulté de s’épanouir sexuellement sans amour.

The Green Inferno, un film d’Eli Roth: Critique

Malgré quelques scènes cruellement gores, le film reste une comédie noire loin de l'esprit malsain de ses modèles italiens, mais ne méritait-elle pas mieux qu'une sortie en e-cinéma?

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