Co-rédacteur en chef.
Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray
Rédacteur Cinéma & Séries télévisées.
Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).
"Network, main basse sur la télévision" revoit le jour chez Carlotta Films en DVD/Blu-ray - et dans un superbe coffret ultra collector. En plus de redécouvrir la satire du monde télévisuel de Sidney Lumet, le spectateur pourra se pencher sur la carrière du cinéaste dans un documentaire de près de deux heures, ou parcourir l'ouvrage de Dave Itzkoff retraçant la genèse du film.
Le Nouvel Hollywood et la colère ont partie liée. De Kubrick à Scorsese en passant par Nichols, Bogdanovich ou Penn, tous ont exploité cette émotion primaire pour donner corps à des chefs-d'oeuvre du septième art. Il en reste aujourd'hui quelques plans iconiques, des personnages mémorables et surtout une noirceur et un pessimisme inexpiables.
Mélanie Boissonneau étudie la pin-up hollywoodienne à l'ère du pré-code (1930-1934). Elle réfute la réputation idyllique de cette période, inscrit la pin-up dans l'histoire du féminisme et analyse les carcans de la société patriarcale. L'ouvrage, passionnant, se compose de deux parties : une longue introduction théorique (code Hays, féminisme, représentation des femmes) et un effeuillage des pin-up hollywoodiennes des années 1930.
Retour sur l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma. Avec "M le Maudit", Fritz Lang va donner au son une dimension nouvelle, dépeindre une société allemande à l'agonie et annoncer l'émergence du nazisme. Le tout avec un sens de l'image et une subtilité rarement reproduits depuis lors.
Des plans larges, des décors naturels, une histoire filiale contrariée, une réflexion sur la justice expéditive, les canons du western : "A l'ombre des potences" est un film bien plus riche qu'il n'y paraît, qu'on peut aujourd'hui redécouvrir en DVD/Blu-ray chez Sidonis Calysta.
Travis Bickle pourrait être l'ambassadeur de la colère au cinéma. Il sillonne de nuit un New York qu'il abhorre. Il connaît l'échec en amour et en société. Insomniaque, il observe, médusé, la vie nocturne d'une métropole qu'il pense rendue au dernier degré de la perdition. C'est ce sentiment tenace et angoissant qui va donner au film de Martin Scorsese ses principaux ressorts dramatiques, et quelques plans iconiques inoubliables.
Dans "Une vie de cinéma", Michel Ciment décortique le cinéma soviétique, rencontre Coppola ou Gainsbourg, s'interroge sur le métier de critique et rend quelques hommages appuyés à des films ou des réalisateurs parfois mésestimés. C'est à la fois dense et captivant.
Gallimard publie un recueil d'articles et de critiques de François Truffaut, présenté par Bernard Bastide. Les obsessions du futur héraut de la Nouvelle Vague y sont mises à nue, tandis qu'affleure une passion communicative pour Hitchcock, Bresson, Hawks ou Rossellini. Le festival de Cannes, les critiques français et Michel Audiard subissent quant à eux la formule courroucée et ironique tellement caractéristique du réalisateur des "400 coups".
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.