Jonathan Fanara

Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

« Rat City »: métal, chair et rédemption

En transposant l’univers de "Spawn" dans un futur post-industriel où l’humain s’effrite sous le poids de la machine, "Rat City" d’Erica Schultz et Zé Carlos (éditions Delcourt) revisite le mythe infernal sous l’angle du transhumanisme. Un récit dense et crépusculaire, d’une intensité visuelle rare, où chaque étincelle de néon révèle une part de damnation.

« L’Enfance des chefs » : aux origines des saveurs

Avec "L’Enfance des chefs", Marilyne Letertre et Franckie Alarcon signent une bande dessinée pleine de tendresse, où les grands noms de la gastronomie française retrouvent le chemin de leur enfance. L’ouvrage, publié chez Delcourt dans la collection "Encrages", fait un lien entre le souvenir et l’art de nourrir – au sens plein du terme.

« La Petite Mort – La Boutique des erreurs » : fauché par la société du spectacle

Davy Mourier signe avec "La Petite Mort – La Boutique des erreurs" un album d’une lucidité mordante. Sous ses dehors d’humour macabre et de gags pop, c’est toute la mécanique contemporaine du lynchage médiatique, du consumérisme et de la bêtise virale qu’il dissèque. La Mort, devenue influenceuse malgré elle, y découvre que la notoriété n’a rien d’un repos éternel.

« Plus jamais je ne visiterai Auschwitz » : la mémoire falsifiée

Avec Ari Richter, la mémoire ne se transmet pas : elle s’infiltre, se déforme, se débat contre ses falsifications. Dans "Plus jamais je ne visiterai Auschwitz", roman graphique d’une grande personnalité, l’artiste new-yorkais propose un témoignage familial qui se double de la radiographie d'un traumatisme collectif, le tout fouillé à la pelle du doute et de l’ironie. Entre l’ombre de Dachau et la lumière hésitante des États-Unis post-Trump, le livre se pose une question en tout point obsédante : que reste-t-il à hériter quand la mémoire devient spectacle ?

« Fortunes de mer » : quand la mer avale les empires

Avec "Le Lusitania" et "La Blanche Nef", les éditions Glénat inaugurent une nouvelle collection ambitieuse intitulée "Fortunes de mer". Sous la houlette de Jean-Yves Delitte, marin du trait et architecte du récit historique, ces deux premiers volumes jettent l’ancre à plusieurs siècles d’écart, mais racontent la même chose : la mer comme juge suprême des folies humaines, qu’elles soient impériales, dynastiques ou technologiques.

« L’Oubliée du radeau de la Méduse » : survivre, vaille que vaille

Dans "L’Oubliée du radeau de la Méduse" (Marabulles), Gilles Cazaux et Thierry Soufflard revisitent l’un des naufrages les plus célèbres de l’histoire maritime française, immortalisé par une peinture de Théodore Géricault. En redonnant chair et voix à la seule femme du radeau, les auteurs plongent le lecteur dans un huis clos maritime d’une intensité rare, où la survie se joue sur le fil du délire et du déni.

La littérature s’empare du cinéma aux éditions LettMotif

Cet automne, les éditions LettMotif publient trois ouvrages où le septième art se fait miroir, prétexte ou révélateur. "Directed by Stallone" de Jean-Christophe HJ Martin, "Thomas Liebmann" de Jérôme D’Estais et "Avat’aime" de Laurent Bonetti : trois livres très différents, mais un même geste, celui d’interroger notre rapport intime aux images et aux figures du cinéma.

« Kundan : La Nuit éternelle » : l’ombre et le sang

Avec "La Nuit éternelle", Luana Vergari clôt la trilogie "Kundan" sur un ton crépusculaire, où la vengeance et le mythe s’enlacent dans une Inde coloniale rongée par la rancœur. 

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