Guillaume Meral

"Titulaire d'un master en filmologie et actuellement en doctorat, Guillaume a déjà travaillé pour quelques médias avant de rejoindre l'équipe. Fan de James Cameron et George Miller, dévot de Michael Mann et Tsui Hark, groupie de John Woo et John Carpenter, il assure néanmoins conserver son objectivité critique en toutes circonstances, particulièrement pour les films qu'il n'aime pas (en gros: La Nouvelle-Vague, les Marvel et Denis Villeneuve). Il aime les phrases (trop) longues, la douceur sémantique de Booba et Kaaris, et le whisky sans coca"

Le Roi des Ombres : Ténèbres, prenez-lui la main

La générosité n’est pas une question qui se jauge forcément au déploiement de moyens à l’écran, c’est aussi tout simplement une exigence de cinéma. Le roi des ombres fait la somme de ces petits détails qui constituent toutes la différence entre un contenu qu’on oublie et un film auquel on pense encore quelques semaines après sa diffusion.

Houria : le lac des signes

Houria chope le spectateur aux tripes. La grâce et l’effort s’enlacent, comme si la troupe de Pina Bausch dans le film de Wim Wenders montait sur le ring de Rocky, ou l’inverse. La culture ouvre ses tripes au spectateur et redevient plus essentielle que jamais. 

Knock at the Cabin : Shyamalan jusqu’à la fin du monde

Sous ses airs de peloche que le spectateur aurait envie de voir un samedi soir, Knock at the Cabin se destine ainsi au film que nous aurions besoin de regarder. Tous, en tant que collectivité. Ce sont peut-être les limites du projet, et celles de Shyamalan aujourd’hui.

L’Astronaute : Interview de Nicolas Giraud

L'espace n'appartient à personne. Bien sûr qu’il y a des pays, des puissances économiques, qui veulent se l’accaparer. Mais je crois que l’univers sera là pour nous rappeler à toutes et tous que nous on est invité ici-bas, sur cette terre. A nous d’en prendre soin, d’être conscient, de l’aimer un peu mieux. Dans L'Astronaute, Jim ne fait pas ça pour la conquête spatiale ; il fait ça pour une réalisation personnelle. Il restaure la mémoire et le rêve de son grand-père. Et en faisant cette action, en allant au bout de son engagement, tout en étant en orbite dans l’espace il arrive à soigner sa famille.

Tár : Le crépuscule de l’empire

Tar a l’immensité des films qui épèlent la beauté du médium en sons et en images au détriment des attentes du spectateur. Et Cate Blanchett, celle des actrices qui viennent de poser une barre beaucoup trop haute pour toutes ceux et celles qui ne sont pas elle. Qu’on se le dise : si Tar regarde le monde en contre-plongée, c’est aussi et beaucoup grâce à elle.

Pour la France : Interview de Rachid Hami

Pour La France est tiré d'une histoire vraie. J’aime l’idée qu’en racontant quelque chose de très personnel au cinéma, on arrive à en faire quelque chose d’universel. Ça c’est une quête. C’est important d’y mettre suffisamment du sien pour la sincérité, et suffisamment de romanesque pour le cinéma. C’est ce mélange-là qui permet à chacun de se raconter son histoire.

Interview: Philippe Lioret pour 16 ans

Un film, c’est un cadeau qu’on fait au spectateur. Si on voit le travail, la technique, des acteurs qui jouent, c’est comme si on avait laissé le prix sur le cadeau.

16 ans : Seuls contre le monde

16 ans est une formidable histoire d’amour compliquée, mais aussi une tragédie inutilement compliquée. Donc inutilement tragique.

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Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

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Silent Friend : filmer la lumière, filmer le temps

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