Thierry Dossogne

Cromwell : le despote inspiré par Dieu

Prenant quelques libertés avec la réalité historique, "Cromwell" demeure un vrai plaisir cinéphile grâce notamment à la reconstitution aux petits oignons et aux prestations de haut vol de tous les comédiens. On n’en attendait pas moins pour rendre compte du parcours sinueux et de la personnalité indomptable et controversée du lord-protecteur.

Òlòturé : les bas-fonds de Lagos

Là où l’on espérait une peinture crue d’une réalité dramatique, le film adopte au contraire une approche fictionnelle toute en lourdeurs et invraisemblances. Ajoutez-y une dramaturgie appuyée et la qualité variable de la prestation des comédiens, et vous obtenez une belle occasion manquée.

Le violent : déchirante solitude de Bogart

Dans un film noir désenchanté proposant de multiples niveaux de lecture, Humphrey Bogart et Gloria Grahame brillent dans le rôle d’amants dont l’amour sincère est rongé par la suspicion. De généreux et captivants suppléments achèvent de nous convaincre que voilà une sortie à ne pas manquer.

The Comey Rule : le biais politique

Si le biais politique au cinéma et à la télévision n’a rien de neuf, et si un créateur est libre d’exprimer ses positions dans ses œuvres, une critique objective bien comprise se doit de les mettre en lumière et de les confronter aux faits. Une chose est sûre : The Comey Rule ne va pas réconcilier les supporters du président américain avec le monde artistique. Et pour le coup, on peut les comprendre.

L’homme de l’Arizona : noblesse de la série B

Pas le plus célèbre de la série de films tournés par Budd Boetticher avec son acteur fétiche Randolph Scott, cette merveille d’épure, d’efficacité et de concision, développe en outre des relations nuancées entre des personnages campés par des comédiens remarquables.

Zombie, de George A. Romero (1978) : fin du monde dans une société de loisir

Si la zombie apocalypse constitue une catégorie particulière de représentation de la fin du monde, ce n’est pas tant à cause du phénomène à l’origine de la résurrection des morts – expliquée de diverses manières dans les nombreuses fictions se réclamant du genre – mais par le miroir hideux qu’il tend à nous autres, êtres humains.

Starman (1984), de John Carpenter : coiffé au poteau

Film de science-fiction portant le sceau immédiatement reconnaissable des années 80, Starman pâtit du succès phénoménal d’un grand classique signé Steven Spielberg, sorti en salles à peine deux ans auparavant.

Sortie en DVD de Dark Waters, de Todd Haynes : pour que justice soit faite

Digne héritier des grands films américains de dénonciation des années 1970, Dark Waters passionne tant par la catastrophe sanitaire qu’il expose au grand public que par l’humilité de tous ceux et celles qui se sont mis au service de ce récit dont la prise de connaissance est tout simplement indispensable.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.