Chloé Margueritte

Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

La langue des choses cachées de Cécile Coulon : désobéir pour mieux dire

"Ecrire, c'est hurler sans bruit" (Marguerite Duras, Ecrire), comme le fait parfaitement Cécile Coulon avec La langue des choses cachées son 9e roman. Ce récit porté par une langue poétique, surannée et élégante parle à l'âme des lecteurs. On y suit l'histoire d'un fils guérisseur qui part pour la première fois guérir seul, sans sa mère. L'occasion pour lui de désobéir, de révéler les choses cachées et de tenter de réparer les vivants. Un conte en forme de cauchemar où le passé doit être dit pour espérer un avenir.

La Ferme des Bertrand de Gilles Perret : une histoire de travail et de transmission

"En 1997, certains se moquaient de moi parce que je faisais un film sur mes voisins. Je répondais qu’en racontant l’histoire de mes voisins, je pouvais raconter l’histoire du monde. J’en reste persuadé". La Ferme des Bertrand est le nouveau documentaire de Gilles Perret (Debout les femmes, J'veux du soleil), où il suit la vie d'une ferme sur près de 50 ans. Un documentaire entre complicité et récit d'une vie de travail et des évolutions du monde agricole, une histoire de transmission avant tout. En salles le 31 janvier 2024.

Mon ami Robot : l’amitié dans un écrin

Avec Mon ami Robot, Pablo Berger (Blancanieves, Abracadabra) réalise son premier film d'animation. Il s'agit de l'adaptation du travail de l'illustratrice Sara Varon (Robot Dreams) axée sur une relation d'amitié mais aussi les sensations que peut ressentir le spectateur devant un univers animé où tout devient possible à l'écran. Un film qui se veut une déclaration d'amour à la ville de New York mais avant tout au cinéma, comme le raconte Pablo Berger : "le cinéma pour moi reste effectivement proche de la magie, de Méliès, du cirque… Et le son y participe". 

L’Innocence : l’enfance, côté obscur ?

Hirokazu Kore-Eda a reçu le prix du scénario au festival de Cannes en 2023. Il a en effet conçu L'innocence (ou Monster lors de sa première présentation mondiale) pour mieux nous tromper. On pense d'emblée que le réalisateur de l'enfance joyeuse et lumineuse a basculé du côté de Haneke et ses enfants inquiétants dans Le Ruban Blanc ou encore lorgne du côté des vampires adolescents stylisés à la Morse. C'est alors qu'un véritable puzzle se met en place, pour reconstituer ce qu'il reste encore d'innocence dans l'enfance.

Soudain seuls : le vent se lève, les corps se retrouvent

Soudain seuls est le 2e long métrage de Thomas Bidegain après Les Cowboys en 2015 (il a également réalisé une partie du film Selfie). Une fois encore, le réalisateur raconte la solitude, la lutte pour survivre dans un monde qui, pour les protagonistes, est à réinventer.

Céline Sciamma : l’identité plurielle et au présent

Dans son dernier film, Le Garçon et le héron, Hayao Miyazaki met en scène un jeune garçon dont la mère vient de mourir... qui part à l'aventure et à sa rencontre. Une quête d'identité à peine masquée dans un dédale de couleurs et de souvenirs, de feu aussi. Cette rencontre entre un personnage enfant et sa mère, elle aussi encore enfant, constitue un paroxysme dans la représentation de la quête d'identité au cinéma. Céline Sciamma l'a elle aussi mis en scène dans Petite maman.  Dans les films qu'elle réalise ou pour lesquels elle est scénariste, la construction de l'identité est au cœur des réflexions. Analyse en quelques films.

Fifam 2023 : Palmarès et bilan

Le 43e Festival International du Film d'Amiens se termine ce samedi 18 novembre par la diffusion des films primés. Le vendredi 17 novembre avait lieu la soirée de clôture avec la traditionnelle remise des prix. L'occasion d'un bilan !

Fifam 2023 : Mon pire ennemi

En compétition au Fifam 2023, Mon Pire ennemi est le 4e long métrage de Mehran Tamadon. Il y rejoue une violence indescriptible pour tenter de chasser ses démons peut-être, et d'une manière plus utopique dit-il, ouvrir le dialogue avec un ennemi immense, le pire de tous : l'interrogateur du régime islamiste en Iran. Le dispositif est simple, mais ce qui en ressort est vertigineux.

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