Chloé Margueritte

Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

Les Trois fantastiques de Michaël Dichter: l’amitié plus forte que tout ?

Les Trois fantastiques est le premier long métrage de Michaël Dichter. Tourné dans les Ardennes (près de Sedan), magnifique décor que le réalisateur rend vivant, le film se démarque par une urgence permanente car tout touche à sa fin : année scolaire, insouciance, amitié. Les Trois fantastiques est habité par la question de l'abandon, de la perte avec pourtant une rage qui sommeille. Une histoire de liens fraternels et amicaux qui se font et se défont, de cabane dans les arbres aussi, de vie rêvée et de rêves brisés.

Une affaire de principe d’Antoine Raimbault : contre-enquête

"Une affaire de principe" est le deuxième long métrage d'Antoine Raimbault après Une intime conviction (2017). Attaché une nouvelle fois au principe de vérité et de droit, le film suit José Bové (incarné par Bouli Lanners) et deux de ses collaborateurs dans une contre-enquête au cœur des institutions européennes. Le film doit beaucoup à ses interprètes, notamment Céleste Brunnquell en novice maligne qui nous guide dans les arcanes du contre-pouvoir.

La Fièvre : aux armes citoyens !

La Fièvre vient d'être diffusée sur Canal Plus. La série d'Eric Benzekri, déjà derrière Baron Noir, étudie dans ses moindres détails le chaos de la société française actuelle. Une série qui divise autant les critiques, c'est assez révélateur pour parler de fragmentation de la société, de sa polarisation surtout. Plongée dans un univers à la Borgen où la moindre prise de parole est analysée, scrutée et ... manipulée. Tout tourne autour de la catastrophiste mais lucide Sam Berger et de l'habile mais dangereuse Marie Kinsky. Deux actrices qui se régalent à jouer leurs personnages qui s'affrontent jusqu'au point de non retour.

Séries Mania 2024 : Le Monde n’existe pas, d’Erwan Le Duc

Séries Mania 2024, jour 3 avec la diffusion des deux premiers épisodes de la série d'Erwan Le Duc (Perdrix, La fille de son père), Le Monde n'existe pas. Une adaptation dans l'univers absurde et tendre du réalisateur du roman de Fabrice Humbert. La série de quatre épisodes suit le retour d'Adam dans la ville qui l'a vu grandir et d'où il est brutalement parti. Un monde rempli de souvenirs et de personnages hauts en couleurs magnifiquement croqués entre humour noir et tension.

Madame de Sévigné : autopsie d’un rapport mère-fille

Madame de Sévigné est le second long-métrage de fiction d'Isabelle Brocard. Elle y explore un lien mère-fille très connue, tout en abordant avec délicatesse et force la naissance d'une écrivaine à l'écran. Habité de nature, le film est à la fois ancré dans son époque et d'une modernité souvent pertinente. Karin Viard et Ana Girardot y sont époustouflantes de justesse et de folie.

Vivants d’Alix Delaporte : le journalisme, côté travail

Vivants est le 3e film d'Alix Delaporte, et certainement le plus abouti. À travers les yeux de Gabrielle, la réalisatrice nous ouvre les portes d'un journalisme fouillé et incarné. Chaque personnage trouve sa place au sein d'un scénario qui va vite et à l'essentiel. Une immersion qui n'oublie jamais de parler de vérité tout en faisant constamment de la fiction.

Sous le vent des marquises de Pierre Godeau : du cinéma pour une réconciliation

Sous le vent des marquises est le 4ème film de Pierre Godeau (Raoul Taburin, Eperdument). Un mélange entre la dernière partie de la vie de Brel, un tournage arrêté et la lente renaissance d'une relation père-fille. Le tout avec un va et vient permanent entre ce qui est prétendument scénarisé et ce qui est censé être au présent. L'alchimie entre François Damiens et Salomé Dewaels est évidente. Sortie au cinéma le 31 janvier 2024.

Goncourt 2023 : Veiller sur elle ou des illusions pour le roman d’une vie

Veiller sur elle est le 4e roman de Jean-Baptiste André publié par la superbe maison d'éditions l'Iconoclaste. C'est aussi le prix Goncourt 2023. Une petite pépite qui se lit lentement, car on ne découvre pas toute une vie en une nuit... Surtout quand dix années peuvent paraître une seconde ou inversement. Ou encore quand le monde est vu à travers ces yeux-là, ceux de Mimo, qui veillent sur celle qui, une nuit, a surgit tel un fantôme dans un cimetière.

Newsletter

À ne pas manquer

Kill Bill : The Whole Bloody Affair, la nouvelle séquence anime et le geste hybride que Tarantino a inventé en 2003

Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.

Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.