Chloé Margueritte

Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

Ne me touchez pas de Laura Bachman : danser en corps à corps

Ne me touchez pas est la première création de danse contemporaine écrite, mise en scène et chorégraphiée par Laura Bachman. Elle y danse avec Marion Barbeau, Première Danseuse à l'Opéra de Paris qu'on a également pu voir au cinéma dans En corps. La pièce est d'une beauté sauvage, rythmée par une musique live qui dialogue avec les corps. La chorégraphe dit avoir d'abord pensé aborder le toucher à travers un court métrage sur les mains qui se frôlent et qui disent plus que les mots. Elle nous offre une large palette de rapports au toucher pour parler d'intimité, de violence, mais aussi et avant tout de désir et de joie de découvrir le corps de l'autre. La captation du spectacle est visible sur le replay de France.TV depuis le 2 septembre 2023 et Ne me touchez pas sera en représentation à La Villette en novembre 2023.

Vous ne désirez que moi : amour et douleur, un duo obsessionnel ?

Vous ne désirez que moi, soit la relation de Yann Andréa avec Marguerite Duras qui  "ne lui laisse plus aucune liberté, il doit mettre les mots sur ce qui l’enchante et le torture". Ce motif d'un amour qui consume mais qui s'avère trop essentiel à celui qui le vit pour être totalement détruit, est aussi un motif présent dans toute l'œuvre de l'écrivaine. L'obsession pour la fin, la mort est récurrente dans ses écrits comme dans ses œuvres de cinéma.  Le récit de Yann Andréa filmé par Claire Simon est donc l'occasion idéale de parler de l'obsession durasienne dans le cadre de notre cycle sur les obsessions au cinéma.

Sur la branche de Marie Garel-Weiss : à la folie

Sur la branche est le 3e long métrage de Marie Garel Weiss et son 2e film au cinéma après La fête est finie en 2017. Déjà, les personnages étaient en marge de la société, en pleine reconstruction et ne devaient pas déformer leur vision du monde, éviter de "replonger". Ici, les personnages tentent d'extirper la vérité à tout prix, mais ne savent plus vraiment où elle se situe réellement. Pure fantaisie, Sur la branche vaut surtout pour ses interprètes.

Les Algues vertes de Pierre Jolivet : en quête de vérité

Pierre Jolivet réalise des films depuis 1985, certains comme La Très très grande entreprise (2008) étaient déjà (très) engagés. Les Algues vertes, coscénarisé avec la journaliste Inès Léraud (dont l'enquête a déjà fait l'objet d'une bande dessinée), n'échappe pas à la règle. Les Algues vertes rend à la fois hommage à tous les protagonistes ayant "lancé l'alerte" sur un sujet qui soulève encore beaucoup de censure, du moins créer le rejet politique et d'une partie du monde agricole breton (voir la projection bousculée en Bretagne ou encore les propos récents d'hommes politiques), et propose un très beau et doux portrait d'une femme forte, porté par le jeu subtil de Céline Sallette. En salle depuis le 12 juillet.

L’heure des femmes d’Adèle Bréau : un roman aux trames narratives multiples pour célébrer les femmes

L'Heure des femmes est le septième roman de l'autrice, blogueuse et journaliste Adèle Bréau. Après le succès de Frangines (2020), la romancière  et directrice de la rédaction de Terrafemina parle de nouveau au féminin en racontant et romançant l'histoire de sa grand-mère. Menie Grégoire est recrutée par RTL pour une émission de radio qui a pour objectif de faire parler les auditrices, devenir leur confidente, c'est alors que le succès est au rendez-vous. Que reste-t-il de cet héritage cinquante ans plus tard ? La réponse avec l'enquête d'Esther, documentariste qui se replonge dans cette histoire des femmes et de leurs questionnements.

Une Nuit d’Alex Lutz : la justesse des adieux ou le pouvoir d’une rencontre ?

Une Nuit est le 4e film d'Alex Lutz  comme réalisateur. C'est un film de l'instant, un film de rencontre, d'amour, d'éphémère. Une Nuit est traversé de part en part par sa fin prochaine. Porté par deux acteurs magnifiques, le film joue sur le trouble, s'équilibre au travers des dialogues, du montage mais aussi et surtout des regards et des corps.

Aucun ours de Jafar Panahi : mettre en scène sans frontière

Après Ceci n'est pas un film ou encore Taxi Téhéran, Jafar Panahi propose de nouveau, avec Aucun ours, un film qui n'aurait pas dû exister, mais qui s'écrit dans la nécessité de filmer, de faire cinéma. Une volonté farouche de raconter, de regarder et surtout de ne pas se taire, même face à l'échec d'une mise en scène qui ne peut que constater son impuissance et en offrir les images d'une force inouïe, pour tenter de faire l'impossible.

Whaou ! de Bruno Podalydès : quand l’effet ne prend pas

Whaou ! est une comédie sans surprise qui se déroule comme une suite de sketchs plus ou moins réussis. Bruno Podalydès, malgré un superbe casting, nous a habitués à beaucoup mieux, plus mordant ou plus tendre... Ici, l'effet "whaou" attendu par le titre ne prend pas vraiment.

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