Beatrice Delesalle

Le ciné, ma passion. L’écriture, mon Graal. Je tente de combiner les 2 sous la forme d’un avis, d’un éloge, d’un commentaire, d’une critique en somme. Ce n’est pas mon métier et ne le sera jamais, mais c’est ce que je fais de plus plaisant et de plus personnel par les temps qui courent. Ces derniers mois, j’ai craqué pour : Carlos Reygadas, Roni Elkabetz, Hiam Abbass, Steve McQueen, Lynne Ramsay, James Franco, David Gordon Green, Jia ZangKhe, Wang Bing, Kim Ki Duk, Hirokazu Kore Eda, Kiyoshi Kurosawa, Pablo Berger, Lars von Trier, Panos H. Koutras, Félix van Groeningen, Miguel Gomes, Çağla Zencirci, Nuri Bilge Ceylan, Emir Baigazin, François Ozon, Philippe Garrel, Alain Guiraudie, Thomas Cailley, Abdellatif Kéchiche. Pour leur film en fait, plutôt.

N’oublie pas les fleurs de Genki Kawamura : Se souvenir des belles choses…

Genki Kawamura adapte son propre roman pour N’oublie pas les fleurs, ce film tout en délicatesse, qui traite de la mémoire et de l’oubli, ainsi que des souvenirs sur lesquels notre cerveau règne en maître, au détriment de nos sentiments…

Radio Metronom de Alexandru Belc : Une jeunesse sous influence

Radio Metronom s’appuie sur une trame scrupuleusement documentée de violence de la Securitate de Ceausescu pour raconter l’histoire d’Ana, son coming of age, ses amours et amitiés, truffées de trahison et de fidélité, de passion et d’empathie. Un bon début pour 2023…

Butterfly Vision : Le bel envol de Maksym Nakonechnyi

Butterfly Vision est un impressionnant premier film d’un Ukrainien,  Maksym Nakonechnyi, rattrapé plus que de raison par la réalité de son pays. Son point de vue sur la guerre est centré sur ses effets sur une femme-soldate victime de violence basée sur le genre, et c’est une réussite.

Chronique d’une liaison passagère : Emmanuel Mouret creuse joliment son sillon

Film après film, Emmanuel Mouret peaufine son cinéma du discours amoureux léger et grave à la fois. Chronique d’une liaison passagère, lumineux et sensible, figure parmi ses meilleurs films.

Tout le monde aime Jeanne : à la découverte du cinéma de Céline Devaux

Tout le monde aime Jeanne  est un film original, drôle et sensible où on redécouvre Blanche Gardin dans son meilleur rôle à ce jour, et où on découvre la petite musique du cinéma de Céline Devaux.

La Verónica de Leonardo Medel : Un Je dangereux

La Verónica  avance masqué, en mettant en scène une influenceuse célèbre qui cache une femme aux multiples visages et aux nombreux secrets.

La Nuit du 12 de Dominik Moll : un thriller social réussi

La Nuit du 12 pourrait bien être le meilleur film de Dominik Moll à ce jour. Le cinéaste atteint un niveau de maîtrise de son art, avec un beau film minimaliste mais sous tension.

I’m your man de Maria Schrader : un joli pont entre la romcom et la science-fiction

Avec I’m your man , et après la mini-série The Unorthodox, Maria Schrader confirme ses talents de réalisatrice avec un joli film qui pose des questions essentielles sans chichi, mais sans mièvrerie non plus.

Newsletter

À ne pas manquer

Kill Bill : The Whole Bloody Affair, la nouvelle séquence anime et le geste hybride que Tarantino a inventé en 2003

Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.

Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.