Ariane Laure

Émerveillée par le cinéma depuis le Roi Lion, mon premier film en salle, j’aime les films qui font rêver, qui hantent et ne nous quittent jamais. J’admire particulièrement la richesse des œuvres de Stanley Kubrick, Christopher Nolan et Quentin Tarantino. Je suis également une adepte du cinéma asiatique, de Yasujiro Ozu, Akira Kurosawa à Wong Kar-Wai, Hayao Miyazaki et Park Chan-Wook. Travaillant dans le monde juridique, j'écris des critiques à mes heures perdues.

Deauville 2025 : Boy Erased, Deauville Talent Award Joel Edgerton

Chaque année, le Festival de Deauville récompense, grâce au Deauville Talent Award, l’œuvre de cinéastes américains émérites. Une occasion exceptionnelle de reconnaître leurs talents, mais aussi de faire découvrir leurs films au public. Pour cette 51ème édition, c’est l’Australien Joel Edgerton qui a été choisi, aux côtés de Pamela Anderson. Acteur devenu scénariste, réalisateur et producteur, il a progressivement acquis une notoriété incontestable. Son deuxième long-métrage, "Boy Erased", dans lequel il interprète un thérapeute glaçant, a particulièrement marqué sa carrière.

F1® le film : une course en ligne droite

Depuis les premiers "James Bond", "Grand Prix" ou encore "Bullitt", le cinéma met en valeur l’image de la voiture. Tantôt symboles de luxe, fidèles compagnons de route ou instruments de vitesse, les véhicules ont envahi l’écran. Et lorsqu’ils sont calibrés pour la course, comme dans "F1", on s’attend à des scènes sensationnelles. Si le film de Joseph Kosinski offre bien des séquences spectaculaires, il convainc davantage sur sa promotion de ce sport d’équipe à haut risque que sur ses qualités cinématographiques. Malgré la présence de Brad Pitt, presque seul sur la piste, "F1" se limite en effet à un scénario tout tracé sans vraie dramaturgie.

Cannes 2025 : Valeur sentimentale, fracture parentale

Quatre ans après "Julie (en 12 chapitres)", récompensé à Cannes par un prix d'interprétation féminine, Joachim Trier retrouve Renate Reinsve sur le tapis rouge avec "Valeur Sentimentale", un drame familial intime aux doux accents mélancoliques. Tourné à Oslo et lors du Festival de Deauville, le film entremêle quête de réconciliation et processus de création. Une déclaration d'amour au cinéma.

Cannes 2025 : Caravane, la prison de la maternité

Depuis "Vol au-dessus d’un nid de coucou" et "Rain Man", le cinéma porte le sujet du handicap avec humour et empathie. Il donne à voir le quotidien éprouvant d’individus touchés par la maladie et qui peinent à s’intégrer dans la société. Dans "Caravane", Zuzana Kirchnerová retourne la perspective pour s’intéresser non pas au combat contre les troubles physiques ou mentaux, mais à la vie des parents qui s’occupent d’enfants atteints de trisomie. Si la réalisatrice tchèque filme la douleur des corps avec beaucoup de sensibilité, elle ne parvient pas à nous emporter sur la route de ce road trip italien, qui manque d’émotion et de profondeur.

Cannes 2025 : Eleanor The Great, la dame de cœur

Depuis "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux", Scarlett Johansson rêvait de réaliser un film. Trente ans plus tard, elle concrétise cette ambition avec "Eleanor the Great", un drame tendre, émouvant et parsemé d'humour qui traite du deuil et du pardon. Une bulle de douceur acclamée par une salle comble.

Cannes 2025 : Alpha, aux sources de la phobie

Après sa Palme d’or pour "Titane" en 2021, Julia Ducournau retrouve la Compétition cannoise avec "Alpha", un drame intime et crépusculaire. Si la réalisatrice française s’attache toujours à la mutilation des corps, elle délaisse le "body horror" glaçant au profit d’une œuvre plus sensible autour de la figure maternelle, dans un monde régi par la peur de la mort. Une allégorie personnelle qui manque de sens et d’émotions.

Cannes 2025 : The Phoenician Scheme, un consortium humaniste

Sélectionné en Compétition, "The Phoenician Scheme" nous offre une comédie truculente sur la filiation. Dans le royaume de la Grande Phénicie, Bénicio Del Toro incarne un richissime businessman qui a la mort aux trousses. Avec son imaginaire toujours aussi débordant, Wes Anderson nous invite à vivre dans le partage et la simplicité, loin des valeurs matérielles du capitalisme.

Cannes 2025 : La Petite Dernière, la jeune fille à la casquette

Troisième long-métrage de Hafsia Herzi, "La Petite Dernière" adapte le roman éponyme de Fatima Daas. Il raconte la jeunesse d'une lycéenne maghrébine, musulmane pratiquante, qui explore son homosexualité. Un récit sensible, filmé à fleur de peau, qui traite de la peur constante du jugement des autres et compose une belle ode à la liberté et à l’égalité.

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