« Skull & Bones » : vengeance et liberté

Skull & Bones embarque le lecteur dans l’univers sépulcral de la piraterie. Cette bande dessinée publiée par les éditions Glénat nous transporte dans l’âge d’or des forbans, avec une intensité qui ne laisse pas indifférent. L’histoire suit le jeune Waleran, dont la vie change radicalement lorsqu’il décide de monter à bord du Sans-Pitié, un navire pirate commandé par la redoutable capitaine Dalal Al’Qasim, animée par un puissant désir de vengeance.

Jeune marin frêle, studieux mais déterminé, Waleran travaille comme aide de camp au service du capitaine Lancaster, sur un navire de guerre britannique. Ce dernier retient prisonnière la pirate Dalal Al’Qasim, jusqu’à ce que le Sans-Pitié, son navire, attaque le vaisseau dans lequel elle est captive, pour la libérer. Dans cette confrontation inévitable, les Britanniques sont rapidement submergés par la force de frappe de leurs adversaires et Waleran est alors confronté à un dilemme : rejoindre la piraterie ou rester fidèle à la couronne britannique, au mépris de sa propre sécurité. C’est la première option qui l’emporte.

Nicolas Jarry, David Courtois et Marco Pelliccia mêlent habilement des scènes de bataille intenses et des moments plus introspectifs. Les sentiments de Waleran, sa vision des choses et son évolution personnelle sont décrits avec finesse, tandis qu’en contrepoint apparaît une violence parfois exacerbée, indissociable au genre, et résultant des multiples antagonismes à l’œuvre. Car entre le massacre de Jacob Nay et de son équipage, les collusions entre le Sultanat de Sohar et la British Trading Alliance, un passif avec un oncle sanguinaire ou encore l’avenir hypothéqué de Sainte-Anne, comptoir français, les rebondissements sont nombreux, et les protagonistes pullulent.

Le style graphique de l’album se caractère par ses traits dynamiques et fins, avec des lignes nettes et précises, des illustrations pleines de détails, que ce soit dans les expressions faciales, les textures des vêtements ou les éléments de l’environnement, des scènes de combat particulièrement bien rendues, ou encore une mise en page variée, qui utilise différentes tailles et formes de cases pour guider l’œil du lecteur à travers l’action de manière fluide et efficace. Tout cela est au service d’un scénario assez bien ficelé pour ménager ce qu’il faut de surprises au lecteur.

Skull & Bones s’inscrit dans la tradition des récits de piraterie, en respectant les codes du genre tout en y ajoutant sa propre touche. Les attaques de navires, la vie à bord, les conflits internes et externes, les alliances à géométrie variable, ainsi qu’une quête de liberté sans compromis, tapissent un récit dont l’élément central demeure probablement la haine fondatrice qui oppose Dalal Al’Qasim à son oncle. Le choix de Waleran de rejoindre les pirates, guidé par une capitaine charismatique en quête de vengeance, sert de base à une histoire intense, par moments haletante, où les équipages se forment et se clairsèment au gré des batailles et des humeurs.

Skull & Bones, Nicolas Jarry, David Courtois et Marco Pelliccia 
Glénat, mai 2024, 88 pages

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3.5

Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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