« Saturne » : voyage au cœur des anneaux

Saturne, le troisième volume de la série Système Solaire (Glénat), co-créé par Bruno Lecigne et Federico Dallocchio, nous emmène dans une aventure scientifique et exploratoire aux confins de la géante gazeuse, une planète aux anneaux aussi énigmatiques que captivants…

Dans la continuité des précédents volumes consacrés à Mars et Jupiter, Saturne nous plonge dans l’exploration de cette géante gazeuse, accompagnée d’un équipage scientifique terrien voyageant à bord d’un vaisseau extraterrestre. Cette nouvelle étape de la mission marque une avancée cruciale alors que les chercheurs s’approchent des imposants anneaux de la planète. À mesure que le groupe pénètre dans ce disque de gaz et de glace, les mystères de Saturne se dévoilent, assouvissant la curiosité scientifique de astronautes. 

L’un des aspects intrigants abordés dans l’album est l’origine récente des anneaux. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ceux-ci pourraient avoir moins de 100 millions d’années. Une hypothèse est d’ailleurs soulevée : un gros astéroïde ou une lune aurait été pulvérisé, son cœur absorbé par la planète et son manteau glacé capturé pour former ces fameux anneaux. 

Comme les épisodes précédents, Saturne se démarque par son approche documentée de la planète. L’œuvre aborde non seulement les caractéristiques physiques de Saturne mais aussi ses satellites, notamment Titan, la plus grande lune de la planète. Riche en eau gelée et en roche, elle est la seule lune de Saturne à posséder une atmosphère dense. Comme la Terre, elle connaît des saisons et pourrait même abriter un milieu propice au développement d’une chimie organique complexe. L’ouvrage n’oublie pas d’évoquer Japet, une autre lune de Saturne. 

L’un des thèmes centraux de cet album est le rôle que Saturne a joué dans la formation et la dynamique du Système solaire. Cette planète, sixième en distance par rapport au Soleil, est la deuxième plus grande en taille et en masse après Jupiter. Aplatie, très peu dense, elle est composée majoritairement de gaz légers tels que l’hydrogène et l’hélium.

L’album revient plus généralement sur le processus de formation des planètes géantes à partir de nuages protoplanétaires. Saturne, avec ses caractéristiques atmosphériques extrêmes, ses vents violents et son orbite lente autour du Soleil (près de 30 années terrestres pour un tour complet), est le reflet d’un équilibre cosmique complexe.

En marge de ces considérations scientifiques, qui nous permettent de rappeler le partenariat initié avec l’Observatoire de Paris, la dimension purement fictionnelle se caractérise par des événements structurés autour d’une trahison humaine et d’une épidémie extraterrestre. Cela offre un cadre fonctionnel aux informations distillées mais relève cependant de l’anecdote.

Ludique et didactique, sublimé par la qualité des illustrations de Federico Dallocchio, l’album se clôture par un dossier pédagogique qui offre une synthèse détaillée sur Saturne, abordant des sujets complexes comme sa structure interne, son atmosphère turbulente ou encore ses puissantes tempêtes. Les lecteurs curieux y trouveront des réponses à des questions essentielles telles que les spécificités des anneaux ou la magnétosphère qui enveloppe la planète.

Alors que l’humanité s’interroge de plus en plus sur son avenir et sur ses ressources, Saturne propose de décentrer notre regard avec une réflexion sur les innombrables trésors que le Système solaire pourrait encore nous révéler. 

Saturne, Bruno Lecigne et Federico Dallocchio 
Glénat, octobre 2024, 64 pages

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3.5

Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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