« Parker Girls » : crimes et vengeance

Dans Parker Girls, publié aux éditions Delcourt, Terry Moore nous plonge dans une affaire à multiples ramifications, où des femmes impitoyables s’attaquent à un homme d’affaires corrompu. Ce roman graphique reprend les personnages de Strangers in Paradise pour tisser une intrigue à tiroirs, complexe et haletante. 

L’histoire débute dans le cadre idyllique des îles Turques-et-Caïques, où une femme nommée Alex attire un homme, Mark, dans un jeu de séduction où la duplicité tient les premiers rôles. À Malibu, c’est la découverte du corps sans vie de Piper, une Parker Girl mariée à un milliardaire, qui crée l’intérêt des médias et éveille les soupçons de ce groupe de femmes aussi confidentiel que redoutable. Le point commun entre les deux affaires ? Zackary May, magnat de la tech’, pionnier dans la protection environnementale et détenteur de comptes bancaires secrets pourvus par les autorités chinoises… et délestés par son comptable, ledit Mark. 

Dans un noir et blanc parfaitement opportun, Terry Moore échafaude un récit à tiroirs dans lequel se glissent une histoire de vengeance, une bonne dose de corruption, des considérations écologiques et surtout des femmes fortes en gueule (et en poing). Les Parker Girls, déterminées à élucider le meurtre de l’une des leurs et à la venger, utilisent leur savoir-faire pour infiltrer le monde de Zackary, récupérer les fonds volés, interroger quelques témoins du meurtre de Piper et faire sauter à peu près tout ce qui peut l’être. Il est ainsi beaucoup question de loyauté dans Parker Girls.

Les interactions entre les différents personnages sont marquées par des dialogues souvent incisifs et des rebondissements qui maintiennent un suspense constant. Le milliardaire avance ainsi à sa rivale : « Je ne tue pas les gens, Katchoo. Je les laisse s’en charger eux-mêmes. » Laquelle répond : « C’est trop chou, Zack. On écrira ça sur ta tombe. » Par ailleurs, bien qu’ils n’apparaissent qu’en surface, les liens financiers et politiques entre Zackary et la Chine suggèrent les collusions et tromperies qu’il peut y avoir entre les différentes sphères de pouvoir. Les Parker Girls ne se feront évidemment pas prier pour y faire un peu de ménage, non sans peine.

Ce spin-off de la série Strangers in Paradise fonctionne très bien de manière autonome, bien qu’il manque probablement de profondeur considéré dans son unicité. Mêlant assez habilement intrigues criminelles, drames humains et critiques sociales, Parker Girls n’en demeure pas moins prenant : entre kidnappings et destructions, tentatives de manipulation et mensonges, il portraiture un monde frelaté où la puissance nocive des hommes est battue en brèche par le courage et l’esprit de corps des femmes. 

Parker Girls, Terry Moore
Delcourt, juin 2024, 224 pages 

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3.5

Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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