Minnie-et-le-secret-de-Tante-Miranda-bd-Cosey-avis-disney

Quel est ce secret que Minnie va chercher à Yellow Rock ?

La collection des aventures des héros Disney s’agrandit, avec un deuxième album proposé par Cosey : Le Secret de Tante Miranda (après Une mystérieuse mélodie – 2016). Un cadeau de Noël… L’album pourrait plaire aussi bien aux petits qu’aux plus grands. La recette du bonheur ?

Pour ne pas trop prendre de risque comparatif (vis-à-vis de vieux souvenirs concernant Mickey que tout le monde connaît), Cosey choisit de se contenter de Minnie comme personnage central. Minnie, c’est l’éternelle fiancée de Mickey, qu’elle regarde d’ailleurs à la télé. L’aventure commence quand elle reçoit une carte postale de sa tante Miranda, postée au San Soledad. Très surprise de recevoir de ses nouvelles, Minnie apprend que tante Miranda, 104 ans mais l’esprit incroyablement vif (même si elle avoue se sentir incapable de retrouver le prénom de sa nièce), a décidé de se retirer de la vie publique. Tante Miranda a vendu sa maison de Yellow Rock et abandonné ses recherches scientifiques pour soigner ses rhumatismes au soleil.

A la recherche du calepin noir

Dans l’esprit de Minnie, les souvenirs remontent. Avec ces souvenirs arrive un constat : il faut absolument retrouver le calepin noir ! Surexcitée (elle parle toute seule et ne veut pas le reconnaître), Minnie annonce alors à son amie Clarabelle son intention de partir à la recherche de ce calepin. Elle demande le secret à Clarabelle. Par contre, tante Miranda avait autre chose d’important à dire à Minnie, mais annonce ne pas s’en souvenir.

Yellow Rock

Voilà Minnie en route pour une région montagneuse et enneigée où elle risque de rencontrer des grizzlis et autres animaux plus ou moins dangereux. Heureusement, elle va rapidement s’apercevoir qu’elle n’est pas seule pour affronter les imprévus (et il y en aura).

Minnie Mouse par Cosey

Cette aventure en 68 planches (pour un format assez large inhabituel : 28 x 24 cm avec les bords légèrement arrondis à l’ancienne) fleure bon la nostalgie, car les décors et accessoires (véhicules par exemple) nous ramènent quelques décennies en arrière, soit à la grande époque des aventures de Mickey. Cosey se fait plaisir en imaginant (scénario, dessin et couleurs) une aventure à des personnages qu’il connaît depuis l’enfance. Pour notre plus grand bonheur, le dessinateur suisse les entraîne dans une aventure en montagne, nous proposant des décors qui rappellent ses meilleurs moments (A la recherche de Peter Pan et certains épisodes de sa série Jonathan auquel on pense inévitablement dès l’illustration de couverture montrant Minnie et Clarabelle sur un side-car). Et il joue avec une référence monumentale (Tintin au Tibet), à sa manière et sans trop la singer. Et puis, on retrouve avec grand plaisir son goût pour l’utilisation des couleurs, notamment le blanc immaculé de la neige et le jaune des lumières dans la nuit. Globalement, l’album est organisé sur une base de trois bandes sur la hauteur d’une planche (bonne lisibilité d’ensemble), ce qui n’empêche pas quelques vignettes de plus grandes tailles, dont quelques dessins pleine planche. On remarque cependant que le trait est moins fin qu’à sa meilleure période.

Pat Hibulaire, le chasseur d’or défend son territoire

Si l’aventure est centrée sur la recherche de Minnie, elle permet également de faire intervenir Clarabelle et surtout Pat Hibulaire (mais presque…), ainsi que Mickey, Pluto et Dingo pour l’épilogue : un repas de Noël à l’ambiance joyeuse (en début d’album, Minnie se demandait ce qu’elle allait bien pouvoir trouver comme cadeaux de Noël originaux). En arrivant à Yellow Rock à la recherche du calepin noir, l’intrépide et dynamique Minnie va de surprise en surprise. Elle découvre la légende du Bigfoot qui l’entraîne dans des épisodes typiques de l’univers Disney, avec les actions qui la voient affronter Pat Hibulaire (à qui Minnie reproche surtout son haleine… manquant de fraicheur !) Minnie se met en tête de cuisiner un snowcake qui a l’air délicieux. C’est la disparition du gâteau qui nous vaut les rebondissements les plus marquants de l’album, même si le scénario manque alors un peu de cohérence (à certains moments, Cosey utilise des raccourcis, comme dans un dessin animé).

Un nouveau venu dans l’univers Disney

Avec cet album qui se lit rapidement (le dixième de cette collection consacrée à l’univers Disney), les Éditions Glénat fêtent leur cinquantième anniversaire. Même s’il ne s’agit clairement pas du meilleur Cosey (prix du « Meilleur album » en 1982, puis du « Meilleur scénario » en 1993 au festival d’Angoulême), il permet de passer un bon moment. Les plus petits aimeront l’ambiance s’ils sont disposés à considérer que La Reine des Neiges ne fait pas tout l’univers Disney. Les fans de cet univers y retrouveront avec plaisir quelques-uns de leurs personnages préférés dans une aventure inédite et originale. Une aventure où les générations plus anciennes s’amuseront des références qu’ils y trouveront.

Minnie et le secret de Tante Miranda, Cosey
Glénat Disney, novembre 2019, 72 pages

Note des lecteurs0 Note
3

Plus d'articles
mal-lovecraftien-article-prince-des-tenebres-john-carpenter
The sleeper awakens : le mal lovecraftien au cinéma