« La Souris du futur » : Glénat revisite les classiques de Disney

Pour fêter comme il se doit le centenaire de Disney, les éditions Glénat publient l’adaptation et la modernisation en bandes dessinées de quatre classiques du court-métrage d’animation mettant en scène Mickey, Donald et Dingo : Lonesome Ghosts (1937), Trailer Horn (1950), Mr Mouse takes a trip (1940) et Mickey’s fire brigade (1935).

Il y a un peu de Scooby-Doo et beaucoup de Ghostbusters dans « Un fantôme dans la machine ». Alors qu’ils peinent à joindre les deux bouts et à payer leur loyer, Mickey, Donald et Dingo ont monté une société qui promet de « défantômiser » les lieux hantés. Les contrats ne courent pas les rues, jusqu’à ce qu’on les emploie afin d’exercer leurs talents dans un mystérieux manoir. Équipés d’aspirateurs à spectres, ils parcourent les lieux, sont exposés à des phénomènes paranormaux mais n’arrivent pas à obtenir de résultats probants. Quelque chose cloche. Et si Pat Hibulaire leur avait joué l’un de ces tours dont il a le secret ?

« Camping exoplanétaire » et « Mickey Mouse fait un voyage spatial » ont un peu plus de personnalité sur le plan graphique. Le premier, très coloré, met en scène un Donald désireux de se retirer dans un coin paisible. Un voyage a priori idyllique mais qui se verra rapidement perturbé par les facéties de Tic et Tac. Le second, aux contours parfois exacerbés et aux teintes entremêlées, implique à nouveau Pat Hibulaire, requalifié en pickpocket voyageant sans ticket à partir d’un spatioport reliant toutes les stations du système solaire. L’antagoniste de Mickey usurpe son identité mais finira confondu et pathétique.

Quatre récits, quatre propositions visuelles bien distinctes. « Les Pompiers du futur » et ses lignes géométriques imaginent Mickey et ses amis soldats du feu dans une écopole où l’omniprésence du bois constitue une menace permanente. Déçus par la nature de leurs interventions et par leur camion un peu désuet – dans le futur, les pompiers sont véhiculés dans des transports volants –, Mickey, Donald et Dingo finissent néanmoins par croiser la route de cet inévitable Pat, coupable d’avoir provoqué un incendie en essayant d’exploiter une flamme extraterrestre de la planète Incendiax pour faire fondre un coffre-fort.

Bon enfant, reposant souvent sur le comique de situation et de caractère, très réussi sur le plan graphique, La Souris du futur constitue un bel hommage à la maison Disney et imagine un avenir où Mickey et ses amis, ainsi que leur naïveté confondante, ont toute leur place. Un second tome est prévu en 2024, il s’intitulera Le Retour de la souris du futur ! Nul doute que que cette prochaine proposition sera à la hauteur de celle-ci, très divertissante et rondement menée.

La Souris du futur, collectif
Glénat, octobre 2023, 128 pages

 

Note des lecteurs1 Note
3.5

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Scary Movie 6 : l’humour sans danger

Les Wayans voulaient canceller la cancel culture, offenser tout le monde à égalité et prouver que leur humour n'avait pas pris une ride. "Scary Movie 6" prouve exactement le contraire.

Toutes mes sœurs : projection privée

Massoud Bakhshi a filmé ses deux nièces depuis l'enfance. Il nous en restitue le montage, avec l'ambition de parler, à travers ce cas particulier, de la société iranienne dans son ensemble. Le pari n'est que très partiellement tenu.

Saccharine : faussement calorique

Natalie Erika James revient avec "Saccharine", film de body horror ancré dans le culte de la minceur et les injonctions corporelles. Ambitieux, parfois efficace, mais trop chargé thématiquement pour convaincre pleinement. La réalisatrice de "Relic" méritait mieux.

La Bataille de Gaulle – L’âge de fer : l’appel du nanar

"La Bataille de Gaulle : L'âge de fer" d'Antonin Baudry s'annonçait comme le film historique événement de l'année. Pourtant, sous ses airs de fresque ambitieuse sur les débuts de la France libre, le premier volet de ce diptyque consacré au général Charles De Gaulle peine à convaincre. Le récit, très dense, s'essouffle en voulant tout montrer sans rien approfondir. Pire encore, un second degré forcé et une caricature appuyée de certains personnages font glisser l'œuvre vers un registre involontairement burlesque. Un nanar en costume, certes soigné, mais qui trahit le sujet qu'il prétendait honorer.

The Plague : dans la peau des autres

La peste n'a pas besoin d'exister pour faire des dégâts, il suffit qu'un groupe décide d'y croire. Révélé à Un Certain Regard en 2025, "The Plague" est un thriller tendu sur la mécanique du harcèlement chez des garçons de douze ans : comment la violence s'organise, se légitime, se transmet et ce qu'il en coûte de la regarder sans bouger.
Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

« Une dernière partie de flipper » : grandir, tout simplement

Avec "Une dernière partie de flipper", Rune Ryberg transforme les salles d’arcade des années 1990 en un territoire initiatique peuplé d’adolescents perdus, de néons fatigués et d’amitiés plus ou moins toxiques. Sous ses couleurs saturées et son trait nerveux, cette chronique danoise nous raconte ce moment brutal où l’on comprend qu’il faudra un jour quitter l’enfance, même sans trop savoir comment.

« Fils de bourge » : la libellule contre le crapaud

Un gamin qui prend des coups. Une usine qui se met en grève. Et la France de 1936 qui vacille. Éric Stalner parvient parfaitement à fondre l'histoire intime dans la grande Histoire, sans que l'une n'écrase l'autre.

« Hippie Papy » : Honoré et les autres

Zidrou et Arno Monin signent une comédie familiale qui gratte doucement là où ça chatouille. Ils mettent en scène un vieux hippie qui fait du yoga à poil dans son jardin, un fils notaire coincé, une belle-fille qui surveille l'héritage comme le lait sur le feu et un fils adoptif débarqué de Montréal sans prévenir.