« Alva dans la nuit » : dialectique de l’ombre et de l’or

Créé par le scénariste danois Aksel Studsgarth et le dessinateur suédois Daniel Hansen, Alva dans la nuit (Glénat) est un thriller fantastique qui se pique de mythologie nordique. Filiation, identité et cupidité forment son cœur battant. 

L’intrigue d’Alva dans la nuit est centrée sur la jeune orpheline Alva, une cambrioleuse aguerrie qui survit aux marges de la société. Après avoir libéré accidentellement Sidsel, une sorcière colossale, durant un casse avec ses deux complices Mini et Morten, sa vie va soudainement basculer. La confrontation avec la mort et le surnaturel ébranle les certitudes d’Alva et la place sur la piste de sa communauté d’origine, dans une quête initiatique, filiale et identitaire menée avec maestria. Alva et Sidsel semblent partager une sorte de lien ancestral, qui introduit des questions d’appartenance et de destinée. D’antagonistes, elles deviennent en quelque sorte alliées, toutes deux se trouvant d’ailleurs aux prises avec les Artisans.

Mercenaires agissant pour le compte de Falk, propriétaire d’une entreprise pharmaceutique, les Artisans cherchent à exploiter la magie de manière irresponsable. Une fois Sidsel libérée, ils constitueront une menace permanente, contre laquelle Alva devra lutter. Il faut dire que dans l’univers glacé et privé de couleurs d’Aksel Studsgarth et Daniel Hansen, les sorcières recrachent de l’or ou se métamorphosent à leur guise, ce qui accentue l’intrigue et multiplie les lignes de tension. Le métal précieux se présente à la fois comme un don et une malédiction. Pour écouler ce qu’ils ont volé à Sidsel, Alva et Morten vont de personnage en personnage, avec à chaque fois quelques surprises à la clé.

En termes de conception artistique, l’album excelle en créant un environnement visuellement frappant, d’une grande personnalité. Le choix du noir et blanc amplifie le ton dramatique et consolide l’effet recherché. Protagoniste féminine forte en gueule et pleine de ressources, Alva voit se déployer autour de sa personne un sous-discours sur la filiation et la recherche des origines assez ingénieux, et touchant. Finalement, le seul réel reproche que l’on pourrait formuler à l’endroit de ce one-shot tient à la complexité de la narration, parfois un peu expéditive, ce qui peut engendrer une certaine confusion quant aux enjeux et fondements du récit. Rien de bien dommageable au regard des qualités d’ensemble d’Alva dans la nuit.

Alva dans la nuit, Aksel Studsgarth et Daniel Hansen
Glénat, septembre 2023, 264 pages

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3.5

Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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