Avec "Llibertat", Hervé Kerros, Yannick Orveillon et Robin Millet signent pour les éditions Marabulles un album qui met à nu l'histoire, dans ses aspects les plus cruels. Ce récit politique ample et fiévreux retrace la trajectoire des frères Sabaté, Pep et Quico, figures majeures de la guérilla anarchiste espagnole.
BD Mangas
Par leurs planches inventives et leurs dialogues fusants, les bandes dessinées et les mangas ont des similitudes parfois troublantes avec le septième art – et ses storyboards. Au Mag du Ciné, cela nous a forcément interpellés. On a donc décidé de leur dédier un espace de découvertes et de critiques.
Sous couvert d’un trajet estival banal, "Tunnels" orchestre une lente mais implacable dérive vers l’irrationnel. Michaël Sanlaville transforme l’autoroute des vacances en piège existentiel, où l’enfance, la peur et l’impuissance parentale se heurtent à une violence absurde, presque grotesque.
Avec "Rest in Pieces", Karmarket signe un recueil d’histoires courtes où l’horreur n’est jamais une fin en soi, mais le révélateur d’une solitude fondamentale. Entre fantômes intimes, corps mutilés, divinités grotesques et futurs désincarnés, l’auteur compose une œuvre dense, profondément mélancolique, qui scrute les failles humaines à la lumière d’un imaginaire sombre, nourri autant par H. P. Lovecraft que par Junji Ito, tout en affirmant une voix singulière, patiemment façonnée.
Avec "Mickey et le Roi des Pirates" (éditions Glénat), le récit d’aventures flamboyant se double d'une fable plus sombre sur l’identité, l'ordre et le pouvoir de l’argent. En convoquant Charles Dickens, le feuilleton populaire et l’imaginaire pirate, l’album glisse Mickey et Picsou dans un Londres fiévreux où un simple sou suffit à faire vaciller tout un monde.
Ce second tome d’"Agent 9" poursuit son travail de détournement : recycler les grands codes du récit d’espionnage pour les offrir, malicieusement désossés, à un jeune lectorat, sans jamais sacrifier ni l’intelligence, ni le plaisir de lecture.
Avec "Le Serment", Mathieu Gabella et Mikaël Bourgouin signent un huis clos chirurgical et cinématographique. Un thriller fantastique tendu, où chaque action semble rapprocher le récit d’un point de non-retour.
C'est aux éditions Glénat. La galette des rois devient le théâtre d’une implosion intime et politique. Et par ce truchement, Hervé Bourhis signe une comédie sociale acide, nerveuse, et furieusement contemporaine.
« - Et qu’est-ce que tu as de tellement particulier ? Des comme toi, il en avait plein ses armoires, le vieux Cuvier !
- Plein les armoires ?! Certainement pas !! Je suis même unique en mon genre, si je crois qui je crois !! Ma tête en impose, elle fait débat… Mais j’ai sévèrement manqué de bol, voilà !! Je paie sans doute pour ce temps où je me considérais moi-même comme n’ayant ni mains, ni yeux, ni chair, ni sang, ni aucun sens… C’était un point de départ rhétorique, mais aujourd’hui, j’en suis bel et bien là !
- Tes os te manquent, tu dois être déprimé.
- C’est vrai que si j’étais entier, tout aurait une autre allure, alors que là !... Un crâne à la dérive, balloté de-ci de-là… précieuse relique un jour, débris douteux le lendemain !... Alors que c’est moi qui ai mis l’homme au centre du monde ! »
« - C’est rare de voir des automobilistes étrangers par ici… et… s’cusez, hein, des dames dans votre état.
- Je suis ici pour le travail. Je cherche un certain Cole Hupp…
- Cole Hupp, vous dites ?
[…]
- Z’avez pas peur des ours, hein ?
- Pourquoi, je risque d’en croiser ?
- Ça oui ! Et le vieux Cole est le plus farouche d’entre eux ! »
« Et comme j’étais le plus petit, le plus chétif, celui, donc, qui aurait le plus souffert d’éventuelles brimades, pour me préserver plus encore que les autres, je fus envoyé dans l’école la plus lointaine, la plus sûre. »
Sous la bannière d’Invincible Univers, Robert Kirkman et Jason Howard revisitent le mythe du lycanthrope en 300 pages tranchantes où le pouvoir, la culpabilité et la manipulation cohabitent. Wolf-Man n’est pas l’histoire d’une bête libérée, mais celle d’un homme dévasté qui cherche, dans la nuit, la moindre issue vers la vérité.
Quand Isao Takahata s'empare en 1994 de la figure folklorique du tanuki pour en faire le héros d'un film d'animation, il offre au Studio Ghibli l'une de ses œuvres les plus singulières. "Pompoko" raconte la résistance désespérée d'une communauté de tanukis anthropomorphes face à l'urbanisation galopante de leur habitat naturel dans les collines de Tama, près de Tokyo. L'anime comics publié par les éditions Glénat permet de redécouvrir cette fable écologique d'une richesse narrative exceptionnelle.

















