« Zombies » : une odyssée, des représentations

L’ouvrage Zombies, de Claude Gaillard et Guillaume le Disez, publié il y a quelques semaines aux éditions Glénat, offre un aperçu richement documenté de la figure du zombie dans la culture populaire. Ce livre volumineux et illustré avec soin poursuit le chemin tracé par leur précédent ouvrage sur les slashers, plongeant un peu plus dans les abysses du genre horrifique.

Le zombie, tel que dépeint dans la culture moderne, trouve ses origines dans le folklore haïtien, mais c’est avec George Romero et son œuvre cinématographique, initiée dans les années 60, que le genre s’est véritablement imposé. Cette créature, représentation macabre et altérée de nous-mêmes après la mort, renferme une multitude de significations culturelles et spirituelles. Les auteurs établissent ainsi des liens passionnants entre cette figure et les racines chrétiennes, notamment à travers les écrits d’Ézéchiel et l’Évangile selon Saint Matthieu, explorant la résurrection et la sacralité du corps dans le christianisme, deux phénomènes que les mangeurs de chair, jamais rassasiés, questionnent à leur façon.

Le livre se penche abondamment sur les premières apparitions cinématographiques du zombie, notamment dans White Zombie et les films de Boris Karloff, ainsi que sur l’influence de Jacques Tourneur avec Vaudou. Le traitement révolutionnaire du genre par Romero, dès La Nuit des morts-vivants, est examiné avec force détails, puisqu’il fait l’objet d’un chapitre à part entière, soulignant comment le cinéaste a non seulement codifié un genre mais aussi mis en question les barrières raciales, sociales et médiatiques de son temps. Il suffit de songer à Zombie et Diary of the Dead pour en prendre la pleine mesure.

L’ouvrage se penche sur les variations du zombie dans différentes cultures et époques, retraçant des focus décennaux et lorgnant du côté des films espagnols, britanniques ou américains. Amando de Ossorio, Mary Lambert, Jean Rollin se voient ainsi tour à tour invoqués, quand d’autres, comme John Carpenter, font l’objet d’une attention plus spécifique, avec une analyse subtile et étayée, puisque les auteurs expliquent longuement en quoi The Fog ou Ghosts of Mars, pour ne citer que ces exemples, s’inscrivent à la marge du genre.

Au-delà du cinéma, Claude Gaillard et Guillaume le Disez examinent l’empreinte des morts-vivants à la télévision, avec des séries telles que The Walking Dead (inévitablement) et Z Nation (bien plus succinctement). Ils n’omettent pas les œuvres plus hybrides, comme le parodique et séminal Shaun of the Dead ou l’érotisé Zombie Strippers, qui met en scène la star du X Jenna Jameson. Si les racines du genre sont passionnantes, sa polyvalence et sa popularité persistante donnent toute son étoffe à ce beau-livre. 

Comment résumer Zombies ? Plus qu’un catalogue joliment illustré, il s’agit d’une étude exhaustive et érudite sur l’évolution et l’impact culturel du zombie à l’écran. De ses racines haïtiennes à son incarnation moderne dans le cinéma et la télévision, ce livre rédigé avec soin et légèreté, dans un alliage efficace, offre un panorama fascinant sur l’un des monstres les plus emblématiques de notre époque. 

Zombies, Claude Gaillard et Guillaume le Disez 
Glénat, novembre 2023, 352 pages 

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Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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