Les Economistes atterrés demandent « De quoi avons-nous vraiment besoin ? »

Connu depuis le succès de son manifeste en 2011, le collectif des Économistes atterrés ne cesse, depuis, de montrer que le néolibéralisme n’est pas une fatalité, ni même une science exacte, et que d’autres choix sont possibles. Après avoir travaillé sur l’Europe ou dressé un bilan de la première année d’Emmanuel Macron à l’Elysée, les Économistes atterrés posent une question sensible en cette période si particulière : De quoi avons-nous vraiment besoin ?

De quoi avons-nous vraiment besoin ?, le nouveau livre du collectif des Économistes atterrés, arrive à un moment idéal, au carrefour de deux événements majeurs : d’un côté la crise sanitaire de la COVID-19, de l’autre la campagne présidentielle. Celle-ci constitue le moment-phare de la vie politique française et reste l’époque idéale pour réfléchir sur les modèles de société (retraite, temps de travail, poids et rôle de la fonction publique, etc.). La crise de la COVID, quant à elle, a révélé des faiblesses structurelles du modèle néolibéral que l’on a suivi jusqu’à présent : baisse dangereuse de l’investissement public dans les domaines de la santé ou de l’éducation, problème de l’inégalité du logement, question du temps de travail, etc.
Durant les confinements, la question des besoins s’est posée avec la notion de « commerces essentiels » : si tout le monde est d’accord pour affirmer que la nourriture et le logement sont des besoins vitaux, que dire de la culture ? C’est cette question des besoins qui est au centre du livre, divisé en huit chapitres consacrés, entre autres, à la nourriture, au logement, au travail, etc.
Depuis des années maintenant, le collectif des Économistes atterrés démontre que les choix du néolibéralisme ne sont pas les seules solutions possibles. Contrairement à ce qu’affirment les économistes du néolibéralisme, qui aiment se présenter comme les tenants d’une vérité absolue et incontestable, cette doctrine n’est qu’une possibilité parmi d’autres. Et les Économistes atterrés, dans chacun des chapitres de ce livre, dressent un bilan de quarante ans de politique néolibérale avant de faire des propositions pour rendre la société plus humaine, moins inégalitaire.

Le constat de la situation sociale française actuelle est sans appel. La politique néolibérale aboutit à une impasse. Les inégalités s’aggravent sans cesse. Les services publics, qui devraient être les garants d’un plus grande égalité, sont tellement maltraités par les coupes budgétaires et les dégâts du « New Public Managment » (qui ne considère les services publics que comme des coûts qu’il faudrait rationaliser, comme dans la tarification à l’acte pour l’hôpital) qu’ils ne peuvent plus assurer leur fonction primaire (on l’a vu avec l’hôpital lors de la crise sanitaire, qui est d’abord une crise de l’hôpital affaibli par les politiques néolibérales). Le choix de diminuer les taxes pour les plus riches entraîne la diminution d’aides sociales dont bénéficient les plus faibles.
En règle générale, au fil des chapitres (dont chacun contient un aperçu historique) se dessine un monde cohérent fait de choix politiques délibérés, qui privilégient les finances et les dividendes des actionnaires sur le social et la redistribution. En toute logique, le livre aboutit à un ultime chapitre consacré au « vivre-ensemble », puisque ces politiques aboutissent à un délitement du lien social, un individualisme renforcé et un enfermement, un isolement de chacun dans ses problèmes personnels.
Or, les solutions existent. D’autres choix sont faisables. Dans chaque chapitre, sur chaque sujet, après avoir fait un constat dont chacun pourra apprécier la justesse, les membres des Économistes atterrés font leurs propositions. Souvent, les économistes néolibéraux professent qu’ils détiennent la seule vérité, et que toute proposition sortant de ce qu’ils nomment « l’orthodoxie » est une utopie. Les Économistes atterrés nous prouvent ici (une fois de plus) le contraire en faisant des propositions claires, chiffrées et réalistes. Toutes leurs affirmations reposent sur des arguments précis étayés par de nombreuses recherches d’économistes.
Le monde que dessinent les Économistes atterrés est plus juste et plus humain. Un monde avec des exploitations agricoles à taille humaine et favorisant le bio. Un monde où dominerait le partage du travail. Un monde où tout le monde aurait accès à la culture. Un monde où une éducation publique équitable serait vraiment une priorité. Un monde où de meilleurs logements seront accessibles à tous, en tenant compte aussi bien des emplois disponibles que des solutions de transport.
De quoi avons-nous vraiment besoin ? est un livre où l’on retrouve les qualités habituelles des Économistes atterrés : la clarté, la solidité de l’argumentation, l’audace et l’humanisme des propositions.

De quoi avons-nous vraiment besoin ?, Les Économistes atterrés
Les Liens qui libèrent, octobre 2021, 250 pages

Festival

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Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

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