Très Court International Film Festival 2017 : zoom sur la 19e édition

Du 9 au 18 juin 2017 aura lieu la 19e édition du Très Court International Film Festival. Cet évènement consacré aux courts métrages, remet chaque année à l’honneur ce genre artistique en pleine expansion. 

Une courte évasion

tres-court-film-festival-courts-metragesCréé en 1999, le Très Court International Film Festival est un événement cinématographique récompensant tous les ans différents réalisateurs internationaux. Pendant dix jours, de nombreuses projections de courts métrages sont diffusées dans une trentaine de pays. Au-delà des frontières, ce festival est un moment de rencontres intenses, de découvertes artistiques et d’émotions éphémères. Un très court métrage est un genre cinématographique durant moins de quatre minutes. C’est ainsi que le temps d’un bref instant, ces créations artistiques tentent de nous transporter au cœur de leur univers. Micro documentaire, clip vidéo ou encore fiction, ces œuvres sont de véritables objets à la fois artistiques et culturels. 

La Compétition Internationale apparaît comme le moment emblématique du Très Court International Film Festival. Une cinquantaine d’œuvres cinématographiques sont mises à l’honneur, représentant le meilleur et surtout le plus court de la production audiovisuelle mondiale de l’année. Voici un léger aperçu des films sélectionnés dans cette catégorie :

Nobody Speak – Sam Pilling – Etats-Unis

Sandbox – Damien D Richard – France

My sister’s dollhouse  – Jim Archer – Royaume-Uni

Poilus – Elèves école ISART – France

La singularité de ce festival tient en partie à la richesse de son programme. Outre la catégorie internationale, nous pouvons également retrouver la Compétition La Parole de Femmes, entièrement consacrée aux réalisatrices et aux films ayant comme personnage principal une héroïne.  Cette dernière permet de découvrir un univers féminin un tant soit peu dans l’émotion et la douceur :

Not a pizza order – Cécile Ragot – France

Kyra – Jurriaan Kamps – Pays-Bas

Le Très Court International Film Festival, c’est également l’occasion de découvrir de purs ovnis cinématographiques. C’est le cas de la Sélection Ils ont osé « Trash & Glam », récompensant les nouveaux talents et les derniers courants créatifs. Insolite et énigmatique, c’est le moment de s’ouvrir à un programme quelque peu transgressif :

Millington – being – de Josh Thomas et Darcy Prendergast – Australie

Leningrad – Kolshik –  Ilya Naishuller – Russie

Un jury composé de sept spécialistes du cinéma départagera la trentaine de courts métrages en compétition dans la catégorie Internationale. Le jury sera cette année présidé par Nicolas Boukhrief, réalisateur, producteur et scénariste français. Le prix du droit des femmes sera quant à lui discerné suite au vote des membres d’un collectif de femmes.

 Derrière la caméra

À un mois de l’ouverture du festival, nous avons rencontré Damien D. Richard, le réalisateur de Sandbox, un court-métrage sélectionné dans la Compétition Internationale :

Votre film Sandbox figure dans la catégorie internationale du Très Court International Film Festival. C’est un court-métrage à la fois sombre et psychologique. Quel message souhaitiez-vous faire passer ?

Les scénaristes Kevin Lafargue, Anton Likiernik et moi-même avions l’intime désir de vouloir mettre en perspective par ce court-métrage, la vie carcérale via la technologie. Ainsi, dans la lignée de l’excellente série anglaise Black Mirror notre message, ou plutôt notre interrogation, pourrait être : vaut-il mieux un paradis virtuel qu’un enfer réel ? 

Vous réalisez essentiellement des courts-métrages. Qu’est-ce qui vous plaît dans cette démarche artistique ?

Oui, j’aime réaliser et écrire des fictions de tous genres et tous tres-court-film-festival-damien-d-richardaspects. C’est formidable les histoires ! C’est la nourriture de l’âme et une vraie nécessité dans notre monde… Donc une priorité viscérale pour moi !

Spots digitaux, clips vidéos ou encore courts-métrages… Vous êtes un artiste polyvalent, où puisez-vous toute cette inspiration ?  

À mon sens, l’inspiration c’est beaucoup beaucoup beaucoup d’observation et ceci partout, tout le temps. C’est simple : absolument tout est sujet à étude et tout est potentiellement matière à création. N’est-ce pas merveilleux ! Finalement, tout est sous nos yeux : que ce soit dans le monde réel ou à travers le prisme du virtuel avec Internet, les livres, les peintures etc…

Comment qualifieriez-vous votre univers ?

Si l’on considère que j’ai un « univers » à proprement parler je dirais qu’il est encore neuf, mais peut-être qu’avec beaucoup de travail et d’acharnement ça pourrait devenir quelque chose de plutôt pas mal. C’est une suggestion mais le mieux ne serait-il pas de laisser place aux images plutôt qu’aux mots avec par exemple le dernier clip que j’ai conceptualisé, réalisé (et un peu joué dedans) : « Sphinx » de FYRKAT. Vous serez bien meilleur juge que moi !

Vous travaillez actuellement sur votre premier long métrage. Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?

Les nouvelles vont vite ! Alors oui, je travaille actuellement sur un long-métrage en tant que scénariste avec un autre grand GRAND monsieur du cinéma mais ce n’est pas mon long-métrage. Et désolé, mais je ne peux pas vous en dire plus. Après évidement, de mon côté, je développe tranquillement de mon premier long-métrage qui n’en est encore qu’aux balbutiements mais je peux vous donner le thème : un conte sur la dignité de la Vie doublé d’une fable psychologique.

Désormais, il ne reste plus qu’à attendre l’ouverture de la 19e édition du Très Court International Film Festival, afin de se laisser emporter par la magie du court-métrage. 

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Megane Bouron
Megane Bouronhttps://www.lemagducine.fr/
Obnubilée par le cinéma indépendant, je passe la plupart de mon temps à rechercher de nouvelles pépites cinématographiques. De la psychose en passant par la tristesse pour arriver aux éclats de rire, tous les états d’âme sont bons pour apprécier à sa juste valeur un film… Si je devais n’en choisir qu’un ? Mr. Nobody de Jaco Van Dormael (2010).

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.