Séries Mania 2017: When We Rise

Le scénariste d’Harvey Milk, Dustin Lance Blake, collabore à nouveau avec Gus Van Sant pour son propre projet de série co-produit et diffusé en première partie de soirée sur ABC. When We Rise (éponyme à l’autobiographie du célèbre militant LGBT Cleve Jones) sur un pilote découpé en deux dresse le portrait de 3 destins hors-du-commun.

Après The Foster et HTGAWM, ABC prend le risque méritant d’éclairer, certes une énième fois, le combat historique de millions d’homosexuel(le)s et trans pour la reconnaissance, non pas en tant que communauté (le politique est complémentaire et inévitable), mais en tant qu’êtres humains « sains » comme la majorité. Avec ce projet de série audacieuse, Dustin Lance Blake, en réunissant d’innombrables réels récits de vies, construit sur plus de 40 ans et 6 épisodes de 52 minutes la formidable et admirable histoire de 4 personnages en proie directement à ces problématiques sociologiques historiques. Malheureusement, la chaîne câblée Canal + pour des raisons marketing liées à la VOD, découpe le pilote de 83 minutes en deux parties égales. La poire n’avait nullement besoin d’être coupée en deux et le plaisir n’en est que plus maltraité.

Dès la première minute, nous sommes plongés au cœur d’une épopée que nous savons retentissante. Sur un navire de la NAVY, le marin Ken Jones participe à des tirs sur des montagnes. Il ouvre une bouteille de rosé et propose un verre à un des jumeaux Scavo (Charles Carver dans Desperate Housewives) qui s’éloigne aussitôt. On comprend quelques scènes plus tard qu’ils sont amants dans une scène érotique que l’intervenant Romain Burrel, journaliste aux Inrock et Têtu, juge trop discrète. Le personnage joué par Jonathan Majors (on ne voit que les jeunes dans ce demi-pilote) est tiraillé entre le désir de bien faire et la curiosité de cette nouvelle ville dans laquelle il est affectée. Le jeune Cleve Jones, fils de psychanalyste est très vite confronté aux violences faites par les policiers machos et conservateurs, même si ces premières 42 minutes s’attache à montrer son départ du foyer familial et son arrivée bien entourée. Roma quitte le Togo et sa compagne Diane pour Boston et rejoint le mouvement de libération des femmes. Elle finira à San Francisco auprès d’un groupe de femmes. L’écriture est somme toute banale pour une musique par moments grandiloquente, mais la mise en scène sensible et les acteurs investis comme jamais (Guy Pierce en Cleve Jones vieillissant, Whoopi Goldberg etc.) comblent toutes les imperfections. Il y en a peu cependant…

Un quatrième personnage/destin s’ajoutera aux trois déjà complets, alors que des spectateurs américains LGBT se seraient plaint du manque de représentativité. Cette réaction a fait réagir le créateur Dustin Lance Blake qui avait déjà éprouvé ce sentiment sur Harvey Milk. Les audiences en février lors de la diffusion sur ABC auraient atteints un petit score, soit plus de 3,5 millions pour le pilote et une perte d’un million aux suivants. Il n’empêche que l’audace est à applaudir et souligner. ABC, première chaîne familiale diffusant à 20h cette série tous les jours sur une semaine, fait le pari déjà perdu de toucher le plus grand nombre. Avec Danny Elfman à la musique et Gus Van Sant à la réalisation du pilote, sans compter la présence de talents déjà remarqués tels que Rachel Griffiths (Six Feet Under), Mary-Louise Parker (Weeds) et Michael K. Williams (Broadwalk Empire, The Night of), When We Rise a touché l’ensemble des spectateurs qui ont voté en majorité « pour » lors du vote du public… Réponse samedi 22 avril à 20h et toujours en VOD sur Canal Play.

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Fiche Technique : When We Rise

Création : Dustin Lance Blake
Réalisation : Gus Van Sant +  Dee Rees, Thomas Schlamme et Dustin Lance Blake
Distribution : Guy Pearce : Cleve Jones, Austin P. McKenzie : Cleve Jones jeune, Emily Skeggs : Roma Guy jeune, Fiona Dourif : Diane jeune, Jonathan Majors : Ken Jones jeune, David Hyde Pierce : Dr Jones, père de Cleve, Whoopi Goldberg : Pat Norman, Charlie Carver : Michael Smith…
+ Mary-Louise Parker : Roma Guy, Rachel Griffiths : Diane, femme de Roma, Carrie Preston : Sally Gearhart, Michael K. Williams : Ken Jones…
Musique : Chris Bacon et Danny Elfman
Société de production : Hungry Jackal Productions, Laurence Mark Productions, ABC Studios
Durée des épisodes : 8×42 minutes
Mini-série (non-renouvelée)

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Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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