Dalida, un film de Lisa Azuelos : Critique

Hommage tendre et puissant par Lisa Azuelos avec Dalida, magnifiquement incarnée par Sveva Alviti.

Synopsis : De sa naissance au Caire en 1933 à son premier Olympia en 1956, de son mariage avec Lucien Morisse, patron de la jeune radio Europe n°1, aux soirées disco, de ses voyages initiatiques en Inde au succès mondial de Gigi l’Amoroso en 1974, le film Dalida est le portrait intime d’une femme absolue, complexe et solaire… Une femme moderne à une époque qui l’était moins … Malgré son suicide en 1987, Dalida continue de rayonner de sa présence éternelle.

Découverte par le grand public avec Comme t’y es belle ! puis LOL, Lisa Azuelos se lance aujourd’hui un défi de taille en adaptant la vie de la superstar Dalida sur grand écran. Sortant de son registre de film fleur bleue et destiné aux ados, la réalisatrice nous offre un biopic puissant, dans lequel la joie est toujours rattrapée par la tristesse.

Dalida est un projet de longue date qui tient à coeur à la réalisatrice. Passionnée par la vie de la chanteuse et par ce personnage hors du commun, elle a souhaité tout mettre en oeuvre pour proposer un biopic parfait. Mais qui pour interpréter Dalida ? En l’analysant, le casting de Dalida est une véritable réussite. Sveva Alviti est la révélation du film. Même si ses passages de play-back sont foncièrement ratés, et pourtant majeurs, elle parvient à interpréter les malheurs et les méandres de la chanteuse. Passant du rire aux larmes en quelques minutes, l’actrice italienne empoigne le spectateur et l’emporte avec elle. La ressemblance physique joue également en sa faveur : certaines scènes de concerts donnent cette impression d’images d’archives tellement la carrure et la tenue de la chanteuse sont respectées. Et le reste du casting n’est pas moins bon. Que ce soit Riccardo Scamarcio en Orlando, Patrick Timsit en Bruno Coquatrix, Rouve en Lucien Morisse ou Perez en Eddie Barclay, tous ont des rôles plus ou moins importants, mais il s’avèrent tous convaincants. Lisa Azuelos parcourt la vie de la chanteuse et transforme son film en une vraie fresque vivante.

Que ce soient les concerts, sa vie privée ou ses différents voyages, chaque décor est minutieusement choisi et ne fait pas de Dalida une pâle représentation de la réalité. Les choix esthétiques donnent un cachet au récit, même si le genre n’est tout de même pas renouvelé. Lisa Azuelos se cantonne aux grandes lignes du biopic, mais il n’en faut pas plus pour que la narration fonctionne. On apprécie également la retenue de la réalisatrice, ne voulant pas faire dans le grandiloquent ou le tire-larme. Impossible de ne pas être ému, mais, par exemple, les séquences fortes émotionnellement comme celle de son avortement, qui est bouleversante, ou celle de son suicide, sont amenées de manière très sobre, sans pour autant vriller vers le contemplatif. Peut-être est-ce dû au travail sonore, lui aussi finement étudié.

Si l’on ne connait pas la vie de Dalida, que ce soit sa carrière professionnelle ou son parcours amoureux,  on ne pourra qu’être estomaqué par la lente descente aux enfers qu’est sa vie. Si vous êtes amateur de Dalida, vous pourrez tout de même apprendre des choses (il faut savoir qu’Orlando a participé à l’écriture du scénario) et vous ne pourrez pas vous empêcher de taper des pieds (discrètement) ou de chantonner à voix (très) basse lorsque vous entendrez les plus gros tubes de la chanteuse comme Bambino, Besame Mucho, Gigi l’Amoroso, Je suis malade ou Mourir sur scène.

Cependant, le film, par un contenu trop explicatif, à tendance à tirer sur la corde de la longueur. Les deux heures auraient pu être évitées, pour ainsi esquiver la redondance. On aurait préféré une multiplication des scènes de concert ou de chant, afin de nous donner un peu de baume au coeur au milieu de toute cette tristesse, au détriment de quelques scènes mélodramatiques.
Mais, en y réfléchissant, ces longueurs se font peut être plus insistantes à cause de la structure narrative du film, qui n’est rien d’autre qu’une boucle. Le film s’ouvre sur la mort, et se termine également sur celle-ci.

Beaucoup redoutent Dalida en raison de sa réalisatrice, Lisa Azuelos, mais ce film est une belle preuve qu’une cinéaste peut réussir avec brio dans d’autres registres. Grâce à Sveva Alviti, qui redonne vie à Dalida, ce nouveau biopic (« Encore un ! » diront les mauvaises langues) est une réussite formelle, malgré quelques petites fautes de goûts.

Dalida : Bande-annonce

Dalida : Fiche technique

Réalisateur : Lisa Azuelos
Scénario : Lisa Azuelos en collaboration avec Orlando
Interprétation : Sveva Alviti, Riccardo Scamarcio, Jean-Paul Rouve, Nicolas Duvauchelle, Alessandro Borghi, Brenno Placido, Niels Schneider…
Photographie : Antoine Sanier
Montage : Baptiste Druot
Musique : Jeanne Trellu, Jaco Zijlstra
Direction artistique : Emile Ghijo
Producteurs : Julien Madon, Lisa Azuelos, Jerôme Seydoux
Sociétés de production : Bethsabée Mucho, Pathé, TF1 Films Production, UMedia, Universal
Distribution (France) : Pathé Distribution
Durée : 124 minutes
Genre : Biopic
Date de sortie : 11 janvier 2017

France – 2016

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Zoran Paquot
Zoran Paquothttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant lillois passionné de cinéma, ayant plusieurs courts-métrages à mon actif, je baigne dans cet art depuis ma plus tendre enfance, grâce à un père journaliste m'ayant initié au visionnage intensif de films, mais également friand de théâtre, et d'arts en général. Admirateur de Nicholson, fou de Jim Carrey et fervent défenseur du cinéma français. Mon film culte ? Vol au-dessus d'un nid de coucou, Milos Forman, 1975.

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