Les Derniers jours : un film apocalyptique sur la fin d’un monde

Les Derniers Jours : Thriller apocalyptique des frères Pastor sur la fin d’un monde et non la fin du monde

Avec Les Derniers jours, les frères Pastor raconte l’histoire de Marc, un ingénieur en informatique, qui se retrouve comme le reste de l’humanité atteint d’une forme d’agoraphobie radicale. Ce thriller apocalyptique explore les réactions et conséquences sur l’humanité d’une incapacité à vivre dans des lieux ouverts…

Après Infectés, David et Alex Pastor reviennent avec un second long métrage Los Ultimos Dias, un film avec un budget modeste, d’à peine 5 millions de dollars. L’idée du film est excellente, le pari de montrer une humanité terrifiée, incapable de sortir, cloîtrée dans des bureaux, gares, maisons, et qui désormais doit se battre pour survivre.

L’idée de filmer une Barcelone dévastée réservent une bonne surprise, les images de cette fin d’un monde sont très belles. Il faut bien le reconnaître, le film le Derniers jours, est esthétiquement une bonne surprise. Les frères Pastor montre que l’on peut filmer des scènes post-apocalyptiques aussi bien à New-York que dans une ville comme Barcelone. L’effet est le même, rappelant par moment « L’armée des douze singes », avec de beaux plans d’une ville ravagée, avec ses voitures vides, ses déchets, le retour de la nature avec ses animaux en liberté sous une lumière sublime.

les derniers jours realisation freres pastorSes séquences alternant paysages très sombres dans les souterrains, les égouts où courent une humanité perdue et paysages silencieux, sous le soleil éclatant de la ville de Barcelone valent bien les blockbusters américains.

L’idéologie économique en ligne de mire

Ce Road movie à travers les entrailles de la ville de Barcelone s’inscrit dans une série de films tels L’Ange exterminateur (Luis Buñuel,1962) Les Fils de l’Homme (Alfonso Cuarón, 2006) ou Perfect Sense (David MacKenzie, 2012) décrivant le motif de l’épidémie, une détestation du corps et de l’esprit de ce monde bâti sur une idéologie économique toxique, quasi asphyxiante pour l’homme et l’environnement naturel.

La fin du monde amène l’aventure à notre porte

Dans ce film les héros nous ressemblent, ce n’est pas World War Z, les héros ne sont pas invincibles, Marc et Enrique sont des êtres humains qui plongés dans une situation extraordinaire montrent qu’il y encore de l’espoir. Les Derniers jours est non seulement un film avec une réflexion sur des styles de vies aux conséquences dévastatrices, (obésité galopante, pilules zombifiantes, anesthésiantes…) mais aussi un film sur une relation entre deux hommes l’un à la recherche de son père et l’autre de sa femme. Dans ce nouveau monde où les êtres humains se battent pour survivre pour avoir un peu de nourriture, comme cette scène de guerres tribales se déroulant dans un centre commercial, nos deux protagonistes, vont au fil des embûches tisser une complicité inattendue.

Même si ce film comporte des maladresses, la part accordé à cette histoire de GPS captant les signaux même six pieds sous terre, un rythme un peu lent, quoique pour ma part j’ai trouvée justement intéressant d’avoir enfin des dialogues un peu plus long que deux minutes. Bien sur les thèmes comme l’enfermement et ses conséquences sur l’être humain sont survolés, mais les Derniers jours n’en reste pas moins une bonne surprise, il n’a rien à envier aux blockbusters made in US.

Au final Les Derniers jours narre l’histoire d’un naufrage, celui d’une humanité engluée dans un somnambulisme détruit brutalement, sauvagement par un virus,

où encore une réaction inconsciente de l’Homme face à un mode de vie dont il devient l’esclave se termine sur une note de renaissance rappelant the Last of Us. La fin peut être considéré comme cucul la praline avec ses adolescents nés après la catastrophe, filmés dans un paysage magnifique partant vers la construction d’un autre monde…

Ce (survival) est interprété par d’excellents acteurs convaincants dans leurs rôles, une mention spéciale pour le duo José Coronado et Quim Guitiérrez dans leurs interprétations respectives des personnages d’Enrique et Marc Delgado. Évidemment tout n’est pas parfait dans les derniers jours, mais c’est un film à voir. Les frères Pastor ont su développés  l’ambiance, la tension et la souffrance des survivants, ce reste d’humanité qui se meurt dans ses lieux clos, sans pouvoir se déplacer sous peine de mourir…

Synopsis : Piégé dans son bureau Marc, se retrouve séparé de sa femme Julia, pour l’a rejoindre il fera équipe avec Enrique son pire ennemi en passant par les tunnels du métro.

Fiche technique

Réalisé par : Alex Pastor et David Pastor.
Avec : Quim Gutiérrez, José Coronado, Marta Etura.
Genre : Action, Science fiction.
Nationalité : Espagnol.
Titre original : Los últimos días.
Distributeur : Rezo Films.
Durée : 1h40min.
Date de sortie: 7 août 2013.

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

Fjord : La Grande Fureur des bien-pensants

"Fjord", Palme d'or 2026 de Christian Mungiu, suit une famille roumano-norvégienne accusée par les services sociaux d'un pays scandinave, entre conservatisme religieux et progressisme libéral. Un film ambigu et intelligent, mais un peu trop scolaire et démonstratif, qui questionne nos préjugés.

« Insidious : l’invasion du Lointain » ne réveillera pas notre intérêt pour la saga…

Entre un scénario prévisible, des incohérences avec le canon établi et des excursions dans le Lointain sans ambition visuelle, ce sixième épisode déçoit malgré quelques bonnes idées.

Mutiny : castagne en haute mer

Jason Statham traque ceux qui l'ont piégé à bord d'un cargo hostile, dans ce thriller de Jean-François Richet. La mécanique de "Mutiny" est bien huilée par endroits, notamment lors du combat final, mais le récit patine et le huis clos promis ne se referme jamais vraiment sur son héros.

Sanjuro (1962), d’Akira Kurosawa : « Le meilleur sabre est celui qui reste dans son fourreau »

Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.

Wake in Fright : les sirènes de la Yabba

"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.

Fjord : La Grande Fureur des bien-pensants

"Fjord", Palme d'or 2026 de Christian Mungiu, suit une famille roumano-norvégienne accusée par les services sociaux d'un pays scandinave, entre conservatisme religieux et progressisme libéral. Un film ambigu et intelligent, mais un peu trop scolaire et démonstratif, qui questionne nos préjugés.

« Insidious : l’invasion du Lointain » ne réveillera pas notre intérêt pour la saga…

Entre un scénario prévisible, des incohérences avec le canon établi et des excursions dans le Lointain sans ambition visuelle, ce sixième épisode déçoit malgré quelques bonnes idées.

Mutiny : castagne en haute mer

Jason Statham traque ceux qui l'ont piégé à bord d'un cargo hostile, dans ce thriller de Jean-François Richet. La mécanique de "Mutiny" est bien huilée par endroits, notamment lors du combat final, mais le récit patine et le huis clos promis ne se referme jamais vraiment sur son héros.