Quarry, une série de Graham Gordy et Michael D.Fuller : critique du pilote

En 1972, Mac Conway, un tireur d’élite, rentre chez lui après un deuxième tour au Vietnam. Loin de la guerre il ne s’en retrouve pas moins en terrain ennemi quand, en sortant de l’aéroport, une armée de protestants et de journalistes lui reprochent une opération militaire controversée. Il ne trouvera pas non plus de réconfort auprès de son père qui va le rejeter, ni même de sa femme qui s’est trouvée un amant.

Synopsis : Dans les années 70, un tireur de la Marine de retour de la guerre du Vietnam se retrouve rejeté par sa famille et ses amis et diabolisé par le public et les médias. Désenchanté, il est recruté dans un réseau de criminels chargés de nettoyer les rives du Mississippi…

C’est un drame psychologique adapté des romans de Max Allan Collins que Cinemax (du groupe HBO) nous a proposé à la rentrée.

D’une zone de guerre à une autre

Ce premier épisode d’une durée exceptionnelle de 75 minutes nous plonge dans Memphis, une ville encore très conservatrice et traumatisée par la guerre. La minutie des décors et des costumes ainsi que sa bande-son soul nous projettent à merveille dans les années 70 et la photographie est sublime. L’atmosphère est posée dès la premiere scène : poisseuse, sombre et violente. C’est l’histoire d’un drame inéluctable dans une Amérique fatiguée et brutale.

Mac tente tant bien que mal de se réapproprier sa vie, mais la mission est quasi impossible tant il est dur pour un ex-soldat de trouver du travail. Le monde entier semble être contre lui. C’est alors qu’intervient The Broker, joué par Peter Mullan (Trainspotting, Top of the Lake), qui lui propose de devenir tueur à gages. Il refuse tout d’abord l’offre mais va vite se retrouver forcé de l’accepter (même si on le soupçonne de trouver un certain réconfort dans cette tâche familière). The Broker lui donne alors le nom de Quarry, “vide à l’intérieur, dur comme le roc”, comme une carrière (“quarry” en anglais).

Un drame psychologique

On retiendra l’échange entre Mac et un client du garage qui ne cesse de parler du Vietnam malgré les supplications du soldat qui finira par craquer et, dans une confusion d’émotions, prendra l’homme dans ses bras avant de tenter de l’étrangler. Cette scène, d’une violence inouïe, dépeint à elle seule toute la détresse psychologique de ce personnage écorché à vif par la guerre et nous donne à voir le potentiel fou de son interprète, Logan Marshall-Green (Prometheus).

Quarry nous propose un casting des plus prometteurs, interprétant avec justesse des personnages pleins de contrastes. Chacun arrive à gagner notre intérêt que ce soit Joni, la femme brisée par l’absence de son mari, Buddy, le collègue gay et complètement barré de Mac ou encore The Broker, le patron aux méthodes douteuses. C’est cette panoplie de personnages profonds et fascinants et surtout la dynamique de leurs échanges qui fait la force de ce pilote.

On retrouve un récit d’après-guerre assez classique, inspiré du Nouvel Hollywood et de films tels que Voyage au Bout de l’Enfer ou encore Taxi Driver. Néanmoins ce premier épisode réalisé avec talent intrigue. Car malgré un scénario connu, le portrait de cette Amérique en perdition et le réalisme des personnages nous captivent. On a envie d’en savoir plus, de suivre l’évolution de Mac et de voir comment il va parvenir à gérer (ou pas) son stress post-traumatique. Un traumatisme représenté de manière visuel, presque sensoriel, notamment avec cette piscine qu’on ne cesse de voir et dans laquelle il semble se noyer et pourtant y trouver, par moment, une sorte d’apaisement.

C’est avec un ensemble de personnages profonds et une esthétique des plus réussies que Quarry arrive à faire de ce récit d’après-guerre plutôt classique un pilote intense qui annonce une série poignante.

Quarry, saison 1 : Bande-annonce

Quarry : Fiche Technique

Créateurs : Graham Gordy, Michael D.Fuller
Réalisation : Greg Yaitanes
Scénario : Graham Gordy, Michael D.Fuller, Jennifer Schuur (d’après l’oeuvre de Max Allan Collins)
Interprétation : Logan Marshall-Green (Mac Conway), Jodi Balfour (Joni Conway), Peter Mullan (The Broker), Niki Amuka-Bird (Ruth Salomon), Damon Herriman (Buddy), Josh Randall (Inspecteur Tommy Olsen)…
Effets spéciaux : Spectrum Effects
Production : Greg Yaitanes, Steve Golin, Graham Gordy, Michael D.Fuller, John Hillcoat, Matt DeRoss, David Kanter, Max Allan Collins
Sociétés de production : Anonymous Content, Cinemax, NightSky Productions
Genre : Drame, thriller
Format : 8 x 52 minutes
Chaine d’origine : Cinemax
Diffusion aux USA : Depuis le 09 septembre – en US+24 sur OCS Choc

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Perrine Mallard
Perrine Mallardhttps://www.lemagducine.fr/
J’ai grandi avec Luke Skywalker, Korben Dallas et la bande de Friends. Rêvé de devenir un gangster comme dans les films de Scorsese. Me suis prise pour une cinéphile après avoir vu Pulp Fiction et découvert mon amour pour le cinéma avec les films des frères Coen. J’aime la poésie de Sofia Coppola et l’imaginaire de Wes Anderson. Je préfère presque toujours les méchants. Et mes films préférés sont entre autres : Bronson, Un Tramway nommé Désir, Donnie Darko, The Dark Knight, Thelma & Louise, Somewhere, Mad Max : Fury Road, The Voices, Snatch et la plupart des Coen. J’ai découvert les séries avec Supernatural pour ensuite me tourner vers The Walking Dead, Misfits et continuer avec The Office, Hannibal, True Detective pour ne jamais m’arrêter, à tel point que je ne peux plus me passer de ma dose quotidienne. Néanmoins, j’ai la fâcheuse tendance à dire que les premières saisons sont les meilleures. Je n’ai pas de préférence entre le cinéma et les séries, tout comme je n’en ai pas concernant les genres, les seuls films/séries qui ne me plaisent pas sont ceux qui me laissent indifférente.

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