Impastor, une série de Christopher Vane : Critique de la saison 1

L’usurpation d’identité n’est pas un sujet comique nouveau, mais il faut l’avouer assez rare (on se demande encore quel sujet pourrait être novateur), Mme DoubtfireTootsie pour le grand écran ou… nous continuons de chercher pour le petit. Impastor reprends les codes du quiproquo sur quelques stéréotypes qui mériteraient lourdement d’être actualisés afin de créer des situations plus en rapport avec son temps.

Synopsis: Un pauvre homme criblé de dettes fuit ses débiteurs et se cache dans une petite ville luthérienne. Il y trompe les habitants en se faisant passer pour un pasteur gay…

Catch Me If You Can

L’homosexuel façon Will & Grâce, efféminé et fils de bonne famille est rétro, tout comme la blonde à demi-fatale et la sainte nitouche active et sexy. Ces images paraissent dépassées, mais restent un tant soit peu attendrissantes. De ce capital sympathie, entrecroisé de réels gags au suspense méritant, naît un véritable plaisir, presque coupable. Chaque épisode réserve son lot de « va-t-il se faire prendre » (« will he get caught? ») excepté le 06 « Honor Thy Boyfriend’s Father and Mother » poussif et aucunement crédible. Du côté de la mise en scène, Rob Greenberg, nommé 4 fois aux Emmys, ayant travaillé sur FrasierHIMYM, Scrubs ou Happy Endings et Jay Karas (Parks and Recreation, Raising Hope, Awkward, The Fosters, Brooklyn Nine-Nine et Workaholics) et Clark Mathis (One Tree Hills, The Comeback, Grimm). A l’écriture, Alan R. Cohen et Alan Freedland (American Dad), Adam Barr (Parker Lewis Can’t Lose) récompensé pour… ne cherchons pas plus loin… Will & Grâce !

Le voix off de crooner, rappelant celle du père Ted Mosby dans la série susnommée de Carter Bays et Craig Thomas, apporte la plus-value nécessaire, non sans rappeler celle de Mary Alice Young dans Desperate Housewives. Ces narrateurs avaient une longueur d’avance, que ce soient sur ces femmes au foyer captivantes ou ces trentenaires inséparables. On appelle cela l’ironie dramatique. Cet avantage du spectateur sur le récit est source d’émotion et est contrebalancé par une dose superficielle de tragique made in Breaking Bad, par cette remise en question de conscience, l’existence compromise, le point de non-retour tiré certainement par la tragédie antique. Si le personnage d’Alden rappelle Niles, le maître d’hôtel des Sheffield dans Une nounou d’enfer, au potentiel comique indéniable, Buddy reste ce héros maladroit, chanceux et suffisamment intelligent pour se sortir d' »inextricables » instants, tantôt grossiers tantôt appréciables. L’aspect policier amené par cette fuite et le corps du vrai pasteur retrouvé par deux détectives un peu gauches évoque étrangement une atmosphère à la Monk avec Tony Shalhoub.

Derrière les évidences de sous-textes, comme l’intégration, les faux semblants, la tolérance et la rédemption, Impastor n’invente pas l’eau chaude. Elle ne renouvelle pas non plus le genre, mais a le mérite de se laisser regarder sans avoir l’impression de perdre son temps et cette amère récurrence est une rareté dans le paysage audiovisuel/numérique actuel. Une série bed & breakfast pétillante plus drôle que la majorité des sitcoms studio et légèrement plus subtile et fine que la plupart des comédies dramatiques de ces 10 dernières année. A consommer sur la pause casse-croûte, plus lucide qu’elle n’y paraît !

Impastor : Bande annonce

Impastor : Preview saison 2

Prévue initialement pour juin 2016, la chaîne a reporté à l’automne la diffusion de la saison 2 qui débute le 28 septembre.

Impastor : Fiche Technique

Créateur : Christopher Vane
Réalisation : Rob Greenberg, Victor Nelli, Jr., Clark Mathis, Jay Karas
Scénario : Christopher Vane, Alan R. Cohen et Alan Freedland, Tod Himmel, Ryan Raddatz, Rob Sheridan, Gracie Glassmeyer, Adam Barr
Interprétation : Michael Rosenbaum (Buddy Dobbs / Barlow), Sara Rue (Dora Winston), Mircea Monroe (Alexa Cummings), David Rasche (Alden Schmidt), Mike Kosinski (Russell Kerry)
Production : Christopher Vane, Rob Greenberg, Eric Tannenbaum, Kim Tannenbaum, Michael Rosenbaum
Sociétés de production : TV Land Original Productions, CBS Television Studios, The Tannenbaum Company, All In Vane
Genre : comédie
Format : 10 épisodes de 28 minutes
Chaine d’origine : TV Land
Diffusion aux USA : Depuis 15 juillet 2015 – en production

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

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Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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