Very Bad Trip 3, de Todd Philips

Very Bad Trip : Comédie policière au Caesars Palace

Afin de clore définitivement la trilogie, Todd Philips évite l’écueil de l’auto-remake et propose à notre « meute » un retour aux USA avec un petit passage par le Mexique, après l’escapade en Thaïlande dans Very Bad Trip 2 (2009). Allan, Phil et Doug se lancent dans une aventure complètement délirante et plutôt différente des deux précédents opus. Après les mariages et les enterrements de vie de garçon, les lendemains de fêtes endiablées et les gueules de bois, il fallait bien commencer par un enterrement tout court, celui du père d’Allan ! Mais cette fois, au lieu de devoir rassembler leurs bribes de souvenirs pour comprendre ce qui s’est passé, nos trublions doivent se lancer à la recherche de Leslie Chow et de ses lingots d’or, afin que Doug pris en otage, ne se fasse pas tuer. Sur fond de comédie policière, le pitch est un peu plus complet, amenant son lot de surprises, de rebondissements avec de nombreux clins d’œil aux épisodes précédents. Ce qui est annoncé comme le dernier volet de la saga a gardé toute son énergie pour clore une série ennemie du politiquement correct.

Very Bad Trip 3 prend un virage plus sentimental autour du personnage d’Alan, donnant à Zach Galifianakis, véritable mascotte de la série, son plus beau rôle. Tour à tout, pleurnichard puis donneur d’ordres, parfois inquiétant, souvent attendrissant, sa folie et sa jouissive désinvolture ont un véritable ressort comique tout au long de cette aventure ponctuée de situations toujours aussi loufoques et de répliques plus déroutantes que jamais. Le Chinois, l’emblématique vilain Chow, le trafiquant de drogue hilarant et psychopathe, campé par Ken Jeong, n’est pas en reste : toujours aussi déjanté et n’en faisant qu’à sa tête, ses pics de colères, sa dimension totalement incontrôlable, valent au spectateur quelques moments de grâce come le cambriolage dans la maison en mode chien, ses « You, Fuuuckers », la découpe des films d’alarme avec Phil en mode daltonien, ou encore son survol cocaïné du Caesars Palace en chantant « I believe I can fly, I believe I can touch the sky ». On n’oubliera pas non plus la scène d’entrée de la girafe décapitée par l’inconscience de notre cher Alan, et ses crises de larmes hilarantes. Ce nouvel épisode laisse donc un peu Stu et Phil sur le banc de touche, mais le spectateur a droit à de nombreux caméo comme le retour de Carlos ou le tatouage de Stu et le retour peu approfondi de quelques visages familiers: Mike Epps (le Doug noir), Heather Graham (l’escort-girl) et son fils (le bébé Carlos). On accueille parallèlement un nouveau venu : John Goodman qui cartonne dans son rôle de mafioso pourri jusqu’à la moelle. Le film est accompagnée d’une bonne mise en scène et d’une bande son adéquate à cet univers si particulier. Surtout, la scène post-générique est très drôle et demeure fidèle à l’esprit des premiers épisodes.

Si l’intrigue de Very Bad Trip 3 est un peu tirée par les cheveux, Todd Phillips clôture la trilogie avec un film légèrement meilleur que le second volet, qui n’était qu’un copié collé version Thaï, aux blagues réchauffées mais n’arrive pas pour autant à égaler le premier opus. Les bases même de la saga ne sont pas reprises, les fêtes déjantées, les cuites monstrueuses, la perte de mémoire et les aventures délirantes qui en découlent, ce qui pourra décevoir les fans de la première heure. Ici, c’est plutôt une chasse hilarante à l’homme.  Mais l’esprit de la saga n’est pas mort, loin de là. Alan est toujours aussi taré, Stu s’en prend plein la gueule et crie comme une gonzesse, tandis que Phil subit ses deux camarades pour notre plus grand plaisir. C’est la fin d’une grande histoire, tout au long remplie de situations cocasses, de dynamisme et surtout d’amitié. Avec ce dernier volet, Very Bad Trip devient non seulement une trilogie très rentable mais surtout indéniablement culte, au même titre que d’autres comédies américaines comme Mon Beau-Père ou encore Rush Hour. Ce troisième opus est surtout un super moment de rigolade, une bonne comédie d’aventures à l’énergie communicative, un Very Good Trip, excellent remède à la morosité ambiante !

Deux ans ont passé. Phil (Bradley Cooper), Stu (Ed Helms) et Doug (Justin Bartha) mènent des existences tranquilles et heureuses. Suite à l’enterrement du père d’Alan (Zach Galifianakis), la meute est à nouveau réunie. Face aux extravagances toujours plus folles de leur pote Alan, Phil, Stu et Doug, décident de l’accompagner jusqu’à un centre de soins psychiatriques. Bien-entendu, rien ne se passe comme prévu et les quatre compères se font kidnapper en route par un mafieux psychopathe. Pour se tirer de ce pétrin, la bande doit retrouver leur ingérable compagnon de virée, Leslie Chow (Ken Jeong), récemment évadé d’une prison thaïlandaise, et le convaincre de rembourser les millions en lingots d’or volés au truand. Pour boucler la boucle, ce périple mène la petite bande là où tout a commencé : Las Vegas…

Very Bad Trip 3 : Bande-annonce

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.