A la recherche de l’Ultra-sex: le porno déjanté

Soirée Ultra-sex: L’amour du kitch

Tous les téléspectateurs qui regardaient, il y une quinzaine d’années, Canal Plus, et en particulier Nulle Part Ailleurs, se souviennent au moins de l’insupportable générique d’ouverture, des images désuètes et du leitmotiv final « C’était vraiment très intéressant ! » qui faisait le charme de l’une des premières mini-séries de la chaine : Message à Caractère Informatif. En détournant grâce à leurs voix postsynchronisées des films d’entreprise datant des années 70-80, le duo Nicolas et Bruno a alors signer des vidéos d’une soixante de secondes devenues cultes.
Après plusieurs années sans donner de nouvelles, les deux compères se sont réunis à l’occasion des 30 ans de la chaine cryptée pour préparer une version « porno-comique » de leur exercice de détournement vocal. Ce film d’une heure, composé d’extraits de films pornographiques ou érotiques venus de différents pays et ayant pour points communs la ringardise extrême de leur direction artistique et l’aspect vintage de leurs images, ils sont ensuite allés le présenter, en mars dernier, au Festival International du Film de Fribourg, puis, ce 5 juin, à Paris au cours d’une soirée spéciale organisée par le cinéma Max Linder.

Un scénario comme on n’en verra jamais sur YouPorn
Ayant dû visionner plusieurs centaines de « films de cul », dont beaucoup de réalisations visiblement très douteuses, pour y piocher les scènes qui, couvertes par leurs propres dialogues, allaient donner corps à l’intrigue farfelue qu’ils ont mis au point, Bruno Lavaine et Nicolas Charlet ont réussi à se détacher de l’exercice de collage et de la parodie potache pour installer une véritable trame inédite qui donne sens à leur film. Plein de gags visuels et de répliques surprenantes, leur long-métrage n’hésite pas à se moquer des poncifs des scénarios souvent déplorables du cinéma pornographique tout en jouant avec pour mieux faire de ces soixante minutes un vrai plaisir coupable accompagné d’irrésistible éclats de rire, en particulier pour les amateurs d’humour « What The Fuck ».
La parfaite absurdité et la grossièreté outrancière inhérentes aux images sont donc parfaitement assimilées par ce scénario improbable. Même s’ils ont fait attention, grâce notamment à des flous dont ils sont d’ailleurs les premiers à se moquer, à rester dans les bornes de l’interdiction aux moins de 16 ans, les deux réalisateurs vont jusqu’au bout de leur délire irrévérencieux. Une audace rare qui nous rappelle que le fameux « Esprit Canal », que beaucoup croient mort et enterré, peut encore nous apporter de bonnes surprises sous des formes inattendues.

A la recherche de L’Ultra-sex : Bande-annonce

Soirée de gala pour un film de boules
C’est donc en marge de leurs « Nuits au Max » consacrés, une fois par mois à des films autour du même sujet, d’une même saga ou du même auteur, que le cinéma Max Linder a fait découvrir le long-métrage à un public parisien, parmi lesquels de nombreux invités. L’ancien PDG de Canal Plus Pierre Lescure, le couturier Jean-Paul Gaultier, le programmateur de films X de la chaîne cryptée, des doubleurs célèbres ou encore l’ancienne hardeuse devenue rédactrice en chef de Hot Vidéo Tabatha Cash étaient ainsi de la partie. En plus d’une diffusion du (faux bien-sûr) making-of de Message à Caractère Informatif, d’une présentation animée par d’amusantes chorégraphies, Nicolas et Bruno nous ont annoncé le lancement prochain d’une campagne de financement participatif sur KissKissBankBank pour assurer la sortie en DVD de leur film. Une stratégie publicitaire qui sera sans doute payante car quiconque a assisté à cette soirée sympathique et a ri aux éclats devant l’unique projection sur grand écran de ce film étonnant sait déjà qu’il s’agit d’une expérience à revivre et à partager entre amis.

 

 

Festival

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Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

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Julien Dugois
Julien Dugoishttps://www.lemagducine.fr/
Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

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