Stalker, Une Série De Kevin Williamson : Critique

Un stalker, c’est un harceleur. Une fois que l’on sait cela, le reste de la série est une évidence. Stalker, c’est une série policière racontant les enquêtes d’une brigade de la police de Los Angeles consacrée à poursuivre les harceleurs.

Synopsis : à Los Angeles, la brigade de police dirigée par le lieutenant Beth Davis est chargée de retrouver des harceleurs, qui vont parfois jusqu’aux menaces de mort. La brigade accueille un nouveau détective venant de New York avec son passé trouble…

Schéma répétitif

La série est produite et les épisodes sont invariablement écrits par Kevin Williamson, scénariste de Scream. D’ailleurs, les premiers épisodes font penser au fameux film de Wes Craven : un personnage, une femme généralement, téléphone à un(e) ami(e) pour lui dire qu’elle sent une présence malveillante, qu’elle a l’impression qu’on la suit, qu’on l’observe, etc… Et là, un personnage, tout de noir vêtu pour bien montrer que c’est un méchant, le visage caché, apparaît de façon plus ou moins violente selon les cas. Bien entendu, il fait nuit. Bien entendu, victime et harceleur sont seuls dans la rue, dans l’immeuble, dans la maison, etc…

Le reste est une enquête policière tout ce qu’il y a de plus banal. Les héros arrivent, ils interrogent les suspects, la victime se fait encore harceler deux ou trois fois, puis on trouve le coupable et on l’arrête à temps. La série fonctionne sur un schéma très répétitif : les mêmes actions, au même moment. Et, hélas, les mêmes coupables, que l’on devine assez vite.

Fausse angoisse

La série mise beaucoup sur deux aspects. Le premier, c’est l’angoisse.

Les réalisateurs tentent de recycler les techniques des pires films d’horreur. Les attaques se déroulent souvent la nuit, dans des endroits déserts. De façon presque systématique, le harceleur éteint les lumières de la maison ou de la pièce. La musique se fait angoissante. On voit une ombre qui se faufile en arrière-plan ou qui apparaît subitement derrière le personnage, dans le reflet d’un miroir ou autres détails du genre.

La réalisation mise aussi beaucoup sur les « jump scare », les effets de surprise dus à l’apparition soudaine d’un personnage. La série cherche à nous faire peur, à nous faire sursauter. Le problème, c’est que ces effets, rendus systématiques, perdent leur intérêt tant ils sont attendus. Et la volonté d’angoisser le spectateur tombe à l’eau.

Personnages formatés

Le second aspect, ce sont des personnages qui se veulent originaux.

La patronne, c’est Beth Davis (Maggie Q, actrice de films d’actions qui se traîne paisiblement dans cette série). C’est le type « femme forte qui cache un lourd secret », secret qui sera dévoilé progressivement au fil des épisodes.

À ses côtés, nous avons Jack Larsen, interprété par Dylan McDermott, que le scénario essaie de nous présenter comme un « bad guy » qui espionne une femme blonde dès les premiers épisodes. Bien entendu, l’honneur sera sauf, mais on n’a jamais vraiment eu peur.

Les autres personnages sont des faire-valoir, bien habillés, bien coiffés, et dépourvus du moindre intérêt, des ombres sans épaisseur.

Perry

Le seul intérêt de cette série, c’est la présence de Perry. Nous le rencontrons dès le premier épisode. C’est un étudiant psychologiquement instable qui harcèle ses camarades. Il va jeter son dévolu sur Beth et tout faire pour se rapprocher d’elle. Il constitue une sorte de fil rouge qui va unir les épisodes décousus de cette trop prévisible série. On va le suivre en train de préparer son plan.

En conclusion, Stalker est une série certes peu désagréable, qui peut se regarder comme un divertissement innocent, mais qui est d’une grande banalité, d’une grande absence d’ambition et qui échoue totalement à nous angoisser. C’est sûrement la raison de son échec commercial, puisque la série est interrompue suite à la première saison (20 épisodes en tout et pour tout).

Bande Annonce – Stalker

Fiche technique – Stalker

Une saison, 20 épisodes
Créateur, producteur exécutif et scénariste : Kevin Williamson
Réalisateurs : Liz Friedlander, Kevin Bray, Jeff Thomas T. et Fred Toye
Monteurs : Rosanne Tan, Tom Costain, Chi Chung Yoon et Rob Seidenglanz
Musique : John Frizzell
Production : Warner Bros Television, Outerbanks entertainment
Société de distribution : CBS
Avec Dylan McDermott (Jack Larsen), Maggie Q (Beth Davis), Mariana Klaveno (Janice Lawrence), Victor Razuk (Ben Caldwell), Erik Stocklin (Perry), Eion bailey (Ray Matthews), Warren Kole (Trent).
Année de production : 2014
Format : 20 épisodes de 42′

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Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

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