Mariage à l’Anglaise : Une comédie si peu « British »

La comédie romantique anglaise est devenue un genre cinématographique à part entière, depuis Quatre mariages et un enterrement (1994), Coup de Foudre à Notting Hill (1999), Bridget Jones (2001), ou Love Actually (2003).

Avec Mariage à l’anglaise, Dan Mazer, scénariste attitré de longue date de Sacha Baron Cohen (Ali G, Borat, The Dictator), signe son premier long-métrage et nous propose une comédie romantique à l’envers, une romcom : l’histoire part du mariage idyllique, d’un coup de foudre réciproque entre Josh, un écrivain en manque d’inspiration plutôt déjanté, et Nat, une working girl ambitieuse et déterminée.

Leurs différences de caractère, ne résisteront pas à la force du temps, surtout quand l’ex-petite amie de Josh, Chloe, et le séduisant client de Nat, Guy, décident de jouer les trouble-fête…Dans ce contexte, le spectateur était en droit de s’attendre à un renouveau du genre, à une comédie décapante, aux situations cocasses, une petite sucrerie acidulée à l’humour « so brithish ». Malheureusement la sauce ne prend pas.

Certes, il s’agit là d’une romcom franche, plutôt drôle, aux séquences souvent régressives comme celle du diaporama des photos du mariage en famille qui tourne en fiasco en raison de photos intempestives classées X. Certes, le quatuor d’acteur est frais et sympathique : Rafe Spall, en écrivain loufoque et parfois balourd ; Simon Baker, pour nombreux fans du Mentalist, en homme d’affaires charismatique et séduisant ; Rose Byrne, la sérieuse avocate de la série Damages, ici dans un registre plus léger ; mention spéciale pour l’éclectique Anna Ferris, réellement touchante en ex toujours amoureuse, qui apporte une fraicheur absolument nécessaire au film.

On peut également souligner l’effort en personnages secondaires de Stephen Merchant, en témoin du mariage aux blagues graveleuses ou d’Olivia Colman, en conseillère matrimoniale déjantée, dont la scène explicative avec la poupée est très réussie… Les acteurs semblaient bien choisis pour nous faire partager cette confusion généralisée des sentiments. Mais il manque au film un sens de l’équilibre et de la respiration, cette touche de subtilité toute britannique, ce jeu plus spontané, plus naturel que l’on retrouve dans Quatre mariages et un enterrement notamment.

Cette comédie bourgeoise voire collet monté, dilue trop souvent sa fantaisie bien réelle dans la persistance des clichés aussi bien narratifs que sociologiques. Le résultat est occasionnellement drôle, paresseux et sans saveur, la langue est vive mais trop souvent vulgaire; la romance quasi-inexistante ; les acteurs sont bons mais délibérément mal dirigés ; le final sur le quai de gare absolument téléphoné… Bref, toute la tonalité du film nous rapproche bien plus de la comédie américaine, que de la comédie anglaise; Mariage à l’anglaise n’est donc pas un chef d’œuvre du genre : un divertissement tout au plus.

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