Doctor Who Saison 8 Episode 1: Deep Breath – Critique

Critique Doctor Who Saison 8: Deep Breath

Manque de souffle…

Après une longue attente (entrecoupée par la sortie d’un épisode spécial pour les 50 ans de la série) le seigneur du temps revient enfin sur les écrans un nouveau visage, celui de l’acteur Peter Capaldi (In the Loop, The Three Musketeers), qui succède à Matt Smith. Nouveau docteur, nouvelle ère, ce premier rendez vous est donc primordial pour prendre la tension d’une série qui commençait à perdre de sa superbe après une saison 7 un peu en dessous des premières heures de Moffat aux commande du Tardis. Pire que les daleks, les cybermens ou autres racailles de l’univers, le plus grand défi qui se présente au 13éme docteur au cours de cette 8éme saison, est de prouver qu’il en a encore dans le slip ! Et nous sommes de tout cœur avec lui.

On entre directement dans le feu de l’action avec un dinosaure (un T-rex qui plus est) égaré dans le Londres victorien, l’occasion de retrouver le trio sympathique d’enquêteurs, formé par Madame Vastra, Jenny et Strax. S’ensuit une conversation avec un inspecteur médusé devant le discours désinvolte de la femme lézard face au reptile géant jusqu’à ce que celui ci recrache… le Tardis. Moffat semble étonnamment ne pas prendre trop de risque, de peur qu’un changement trop radical fasse fuir même les fans de la première heure. On introduit donc doucement l’épisode avec un humour décalé qui fait la patte de la série, avant de révéler enfin ce que tout le monde attend (enfin ceux qui regardent quoi…) les premiers pas du nouveau Docteur.

On est alors surpris de découvrir un Peter Capaldi jouant… Matt Smith. Première déception de cet épisode. A peine sorti de sa boite bleue, on assiste à une logorrhée interminable d’élucubrations délirantes. Le docteur parle le dinosaure, lui dit qu’elle (c’est une femelle) est sexy, confond Strax et Clara (dont il à du mal à se rappeler le nom)… un débit de parole rapide, qui part dans tout les sens et donne véritablement l’impression de voir un vieux shnock imiter son prédécesseur. On attendait du nouveau et c’est un peu décevant, tant la transition ne semble pas véritablement marquée, à l’inverse des passages de flambeaux précédents qui marquaient vraiment leur différences (Eccleston/Tennant/Smith). Ce n’est que plus tard, au cours d’une conversation un peu violente avec un clochard, que l’on commencera véritablement à cerner l’ambiguïté de cette nouvelle interprétation qui s’annonce plus brutale et sombre qu’auparavant (quoique Eccleston avait quand même mit la barre assez haute dans ce registre). Toujours est il que cette nouvelle rencontre donne plutôt l’impression d’apercevoir le personnage en coup de vent. Il est difficile de comprendre véritablement ce que Capaldi peut apporter au rôle, tant il ne cesse d’être fuyant tout au long de l’épisode. Un changement de visage est toujours complexe à accepter mais pour cette fois, la pilule semble vraiment difficile à avaler. Si on ne doute pas du talent d’acteur de Peter Capaldi, il lui reste encore un peu de chemin à faire pour se faire accepter totalement.

Le reste de l’épisode quand à lui ne sort pas vraiment des sentiers battus. Pire encore, il ressasse. Steven Moffat, tout bon scénariste qu’il soit, a tout de même certains gimmicks qui tendent à se répéter aux fils des saisons. L’époque victorienne teintée d’une ambiance steampunk, une démesure dans l’intrigue qui fait office de cache misère (pourquoi un dinosaure finalement?) et le vieux truc du tic tac qui n’en est pas un, et qu’il avait déjà utilisé plusieurs fois auparavant dans The empty child et The girl in the Fireplace (dont il reprend les antagonistes), qui prend cette fois place dans un étrange restaurant « familial ». Redite d’autant plus frustrante que ces 2 épisodes auraient pu être considérés comme ses chef d’œuvre, tant ils pouvaient être terrifiants. Maintenant qu’on connaît le truc, difficile de frissonner. Pareil pour l’idée de retenir sa respiration faces aux robots qui rappelle trop le fameux clignement fatal des anges pleureurs, amorcé dans Blink, autre chef d’œuvre du même auteur, recyclé à outrance par la suite. Pour une mise en bouche, on était en droit d’attendre un peu plus de nouveautés. La réalisation de Ben Wheathley (A field in england) manque quand à elle un peu de punch, bien que l’on puisse noter qu’il est le premier dans la série à redonner au XIXéme siècle son coté crade et suintant, quand auparavant Londres paraissait étonnamment propre quelque soit l’époque…

Fort heureusement, quelques touches d’humours par le trio infernal Vastra/Jenny/Starx permettent de maintenir l’attention et surtout le personnage de Clara bénéficie enfin d’un développement digne de ce nom. On apprécie de la voir rejeter ce nouveau docteur qui ne ressemble plus à celui qu’elle appréciait. Alors que Rose Tyler (Billy Piper) semblait ne pas en faire un fromage, avoir une réaction plus logique, plus humaine (c’est pas tous les jours que votre meilleur ami change de tronche), son énervement est compréhensible et assez rafraîchissant. De plus ses interactions dans la maison de Vastra, avec Strax notamment, font finalement tout le sel d’un épisode qui s’étire sur une heure et quart et ne semble rien raconter de véritablement épique et se contente de lancer des pistes pour la suite (l’origine du visage, l’apparition d’un nouvel antagoniste…).

Doctor Who revient donc par la petite porte, sans faire vraiment de vague quand on attendait de grands changements. Espérons que la suite sera meilleure.

Fiche technique – Docteur Who

Titre original : Doctor Who
Genre : Aventure, Science fiction
Créateur(s):Steven Moffat (depuis 2008)
Pays d’origine : Royaume-uni
Date : 2005
Chaîne d’origine : BBC
Épisodes : Beaucoup… Durée : 50 minutes
Statut : en cours
Avec : Peter Capaldi, Jenna Louise Coleman…

Auteur de la critique : Vincent Baudart

 

 

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Vincent B.https://www.lemagducine.fr/
Intéressé par tout, mais surtout n’importe quoi. Grand amateur de fantastique et de Science fiction débridé. Spécialiste Normand expatrié à Lille de la vague Sushi Typhoon (le seul qui s'en vante en tout cas). Je pense très sérieusement que l’on ne peut pas juger qu’un film est bon si l’on en a jamais vu de vraiment mauvais.

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