Dexter : Resurrection, la grâce divine

Il revient, toujours vivant… même plus que jamais ! On pourrait s’en lasser, à force. Non, parce que Dexter, c’était peut-être cool en 2005, mais les choses ont changé, non ? Et bien non. Parce qu’aussi incroyable que cela puisse paraître, Dexter: Resurrection n’est pas seulement une excellente série… C’est tout simplement l’une des meilleures de l’année.

Cette critique ne contiendra aucun spoiler sur cette saison, en dehors de ce qui est révélé dans les bandes-annonces. En revanche, il est impossible de ne pas aborder certains éléments clés de Dexter et Dexter : New Blood.

Je suis le meilleur

Dexter est-il un miraculé ? Non, car on se souvient de ces multiples revivals qui ont terni la réputation de séries cultes. Et surtout de cette terrible journée de 2013, quand le Boucher de Bay Harbor tirait sa révérence au terme de la 8e saison d’un show devenu emblématique. Considérée comme l’une des pires fins de l’histoire, cette conclusion avait achevé une série déjà en perte de vitesse depuis plusieurs saisons. Quelle ne fut pas notre surprise (et notre colère) à l’annonce d’une saison 9 qui deviendra Dexter: New Blood. Et là, coup de tonnerre en ces temps troublés par les revivals ratés : cette résurrection était brillante. Loin de la colorimétrie criarde typique des années 2000 et s’imposant avec une identité propre, ce premier come-back avait surpris plus d’un.

Disparu à l’issue de la 4e – et meilleure – saison, Clyde Phillips revenait en tant que showrunner. Pour rappel, il est le créateur des quatre premières saisons, celles qui ont façonné la légende de Dexter. Et ce retour se ressentait dès les premiers épisodes : personnages plus travaillés, rythme impeccable, psychologie mieux construite et percutante… New Blood se hissait parmi les meilleures saisons du show. Pourtant, la fin n’a pas convaincu tout le monde. Rien de bien grave, car des opinions divergentes peuvent rendre une œuvre encore plus passionnante. On laissait Dexter mort, tué à sa propre demande par son fils Harrison. Le Boucher de Bay Harbor n’avait jamais eu à répondre de ses crimes devant la justice, ce qui avait déçu nombre de fans. Quelques années plus tard, la suite arrive. Et elle est vraiment excellente.

Michael C. Hall

Pourtant, l’inquiétude demeurait : New Blood, d’accord, mais cette fois, il était bel et bien mort sous nos yeux. D’autant que l’annonce de Resurrection n’est pas venue seule : plus tôt dans l’année, Dexter: Les Origines revenait sur les premières années du personnage. À titre personnel, je n’ai pas accroché à son esthétique ni à sa mise en scène trop proches de la série originale, très marquée années 2000, là où New Blood avait su imposer sa propre identité. Reconnaissons cependant au spin-off de réelles qualités, notamment l’excellente performance de Patrick Gibson. Dommage qu’il n’y ait pas de saison 2, la série venant d’être annulée. Au profit de celle qui nous intéresse ? Possible. Car non seulement Dexter: Resurrection explose les records d’audience, mais elle rafle aussi les meilleures critiques, devenant la série la mieux notée de 2025. Pour un second revival d’une série qui avait tant déçu, c’est une sacrée remontada.

Mais pourquoi est-ce si réussi ? Est-il encore utile de rappeler le charisme intact de Michael C. Hall ? À 54 ans, l’acteur retrouve son personnage fétiche avec une aisance déconcertante. Impossible d’imaginer un autre visage pour incarner Dexter adulte : il EST Dexter. Contrairement à New Blood, qui montrait un homme traqué par ses démons et tentant d’échapper à son passé, Resurrection ramène le Boucher de Bay Harbor tel qu’on l’a connu : son code, ses rituels, son humour noir et bien sûr son Dark Passenger. Même James Remar réapparaît en fantôme d’Harry Morgan, après son absence dans la saison précédente. Et pourtant, les événements de New Blood restent déterminants, car ils impliquent deux personnages majeurs de la saga : Harrison et Angel Batista.

Touch by an Angel

Pour rappel, à la fin de New Blood, Harrison croyait avoir tué son père et se préparait à entamer une nouvelle vie, loin de cette violence que Dexter cherchait malgré tout à lui transmettre. Quant à Angel Batista, ancien collègue et sans doute le plus proche d’un véritable ami pour notre héros, il finissait par découvrir sa véritable nature. Et les révélations qui en découlaient ? James Doakes était innocent. Et Laguerta ? Était-elle réellement morte comme Dex l’avait indiqué dans son rapport ? Autant de zones d’ombre qui promettent de belles perspectives pour la renaissance du Boucher. Mais avant d’en arriver là, il faudra passer par quelques caméos superflus dans un premier épisode en demi-teinte. Il est vrai que le tout début de saison peine à convaincre, manquant clairement de subtilité. Rassurez-vous, cela ne concerne que les vingt premières minutes. Pourtant, c’est dès ce premier épisode que surviennent les retrouvailles tant attendues. Derrière les sourires de façade, la tension est palpable. Une fois de plus, Michael C. Hall est impeccable, tout comme son complice David Zayas, visiblement heureux de redonner vie à Angel, cette fois au premier plan.

Parmi les reproches notables, un point frappe dès le départ : la version française. Si Patrick Mancini reprend bien la voix de Dexter, il paraît nettement moins impliqué qu’il y a vingt ans. Mais le plus choquant reste le mixage sonore, véritable désastre. Jamais on n’a autant eu l’impression d’entendre un enregistrement de studio, tandis que de nombreux bruits d’ambiance disparaissent purement et simplement. Passées en VO et les premières minutes, la série frôle le sans-faute. D’autant que de multiples intrigues viennent rapidement se greffer à la traque d’Angel. Mais le cœur de cette saison reste avant tout la relation entre Dexter et Harrison : le premier cherchant désespérément à retrouver son fils, étant lui-même toujours convaincu de l’avoir tué. Et nous qui pensions nos rapports avec nos pères compliqués… Comme dans New Blood, Jack Alcott incarne un Harrison Morgan d’une justesse bouleversante, un jeune adulte que la vie n’a jamais épargné. Si Dexter fascine encore, il n’est désormais plus seul : ce qui l’entoure captive tout autant, voire davantage. Et, comme toute saison digne de ce nom, le Boucher de Bay Harbor croisera de nouveaux tueurs en série sur sa route. Sans trop en dire, retenez qu’on se souviendra longtemps de l’antagoniste principal de cette salve de dix épisodes, brillamment interprété par Peter Dinklage.

La (belle) grosse pomme

Mais au-delà de l’intrigue et de ses nombreux rebondissements (parfois un peu faciles, comme depuis les débuts de la série), un élément frappe : la maturité. Oui, Dexter a changé. On le perçoit dans ses actes, dans les thèmes explorés cette saison, mais aussi à travers l’image et la mise en scène. Ô joie, ô bonheur : la série est visuellement somptueous. Là où tant de productions actuelles sont filmées et étalonnées sans la moindre inventivité, Resurrection brille par une photographie minutieusement travaillée. Le rouge, en particulier, domine nombre de scènes. Beaucoup de plans pourraient sans mal devenir des fonds d’écran tant ils sont soignés. Les éclairages en intérieur sont impeccables, et les séquences nocturnes restent parfaitement lisibles. C’est l’un des avantages de New York, me direz-vous : les coins sombres s’y font rares. Autre détail non négligeable : après Miami et la petite ville fictive et isolée d’Iron Lake, Dexter s’installe désormais dans la Ville qui ne dort jamais. Ça tombe bien… lui non plus.

On pourrait penser, comme c’est le cas parfois, que l’effort s’est fait sur les premiers épisodes, avant de s’évanouir. Il n’en est rien. La saison est soignée, du début à la fin. Chaque épisode apporte son lot d’éléments brillants et tout est suffisamment neuf ou du moins jamais exploré dans la série pour nous accrocher à notre télé durant la dizaine d’heures que compose la saison. Quelques rares scènes semblent faire redite, principalement concernant les discussions imaginées entre Dexter et son père, mais rien de grave. Et à l’issue de l’épisode 10, on n’a qu’une hâte, voir la suite ! Si la série n’a pas encore été officiellement renouvelée, on ne doute pas un instant que cela arrivera, quatre saisons étant prévues selon les rumeurs. Tant que Clyde Phillips reste aux couteaux, ça nous va !

Bande-annonce : Dexter: Resurrection

Fiche technique : Dexter: Resurrection

Développeur et Showrunner : Clyde Phillips
Producteurs exécutifs : Clyde Phillips, Michael C. Hall, Scott Reynolds, Tony Hernandez, Lilly Burns, Marcos Siega
Réalisateurs : Marcos Siega (6 épisodes), Monica Raymund (4 épisodes)
Scénaristes : Clyde Phillips, Scott Reynolds, Nick Zayas, Alexandra Franklin, Marc Muszynski
Musique : Pat Irwin
Réception
Audience : 4,4 millions de téléspectateurs pour le premier épisode
Critiques : Note de 94% sur Rotten Tomatoes
Date de première diffusion : 11 juillet 2025
Genres : Crime, Drame, Mystère & Thriller
Pays d’origine : États-Unis
Langue originale : Anglais
Plateforme de diffusion : Paramount+ avec Showtime

Épisodes

Saison 1 : 10 épisodes

  • Épisode 1 : A Beating Heart…
  • Épisode 2 : Camera Shy
  • Épisode 3 : Backseat Driver
  • Épisode 4 : Call Me Red
  • Épisode 5 : Murder Horny
  • Épisode 6 : Cats and Mouse
  • Épisode 7 : Course Correction
  • Épisode 8 : The Kill Room Where It Happens
  • Épisode 9 : Touched by an Ángel
  • Épisode 10 : And Justice For All…

Synopsis : Dix semaines après les événements de Dexter: New Blood, Dexter Morgan sort d’un coma après avoir survécu à sa blessure par balle. Il part à New York pour retrouver son fils Harrison, qui travaille comme groom à l’Empire Hotel. Pendant ce temps, le capitaine Angel Batista le poursuit, déterminé à élucider les mystères du passé de Dexter.

Casting principal

  • Michael C. Hall : Dexter Morgan
  • Jack Alcott : Harrison Morgan
  • David Zayas : Angel Batista
  • Uma Thurman : Charlotte « Charley » Brown
  • Peter Dinklage : Leon Prater
  • James Remar : Harry Morgan
  • Ntare Mwine : Blessing Kamara
  • Kadia Saraf : Détective Claudette Wallace
  • Dominic Fumusa : Détective Melvin Oliva
  • Emilia Suárez : Elsa Rivera

Informations supplémentaires
Futur : Une saison 2 est prévue
Lieu principal : New York
Photographie : Utilisation marquée de la couleur rouge

Note des lecteurs3 Notes
4.5

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Dimitri Redierhttps://www.lemagducine.fr/
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