« Les Foot Maniacs » (tome 23) : une satire en crampons

Sti et Olivier Saive rechaussent les crampons pour un 23e engagement. Toujours fidèle au poste aux éditions Bamboo, Les Foot Maniacs poursuivent leur petit championnat humoristique avec la même recette : une passion débordante pour le ballon rond, saupoudrée d’une (très) large dose d’absurde. Et une nouvelle fois, l’équipe du FC Palajoy livre un match de gala contre les travers les plus savoureux du foot contemporain.

On ne change pas une équipe qui perd dans la bonne humeur. L’entraîneur du FC Palajoy, sorte de croisement improbable entre un jardinier amateur et un tacticien dépassé, doit composer avec un effectif aux talents des plus incertains. Dylan M’Taclé, star capricieuse et figure montante du ballon rond, incarne à lui seul les dérives du foot-business : malgré l’avis de son coach, dans une référence à peine masquée au transfert de Mbappé au Real Madrid, il prend la poudre d’escampette… L’herbe est plus verte ailleurs, semble-t-il.

Autour de lui, les joueurs rivalisent de mauvaise foi, de maladresse et d’égoïsme, au point de faire passer l’attaque de Montpellier pour un ballet millimétré. Le comique de situation est roi : entraînement sans ballon car tous ont été égarés, cartons rouges volontaires pour ne pas manquer un classico télévisé et même un joueur qui célèbre un but avec six mois de retard, révélant un « Bonne année » au mois de juillet, faute d’avoir scoré avant.

Les auteurs ne se contentent pas de caricaturer le FC Palajoy. Ils arpentent tout le terrain du foot hexagonal et européen, pointant avec malice les absurdités bien réelles du milieu. Ainsi, le stade vide de Monaco devient un décor d’humour, le chaudron de Saint-Étienne rugit et les supporters marseillais continuent à entonner leurs chants anti-parisiens… même face à Strasbourg. Dans une scène savoureuse, un supporter se retrouve à Eurodisney au lieu du Parc des Princes, preuve qu’il faut parfois bien relire ses billets électroniques avant de se peindre le visage aux couleurs du club.

La série ne résiste pas à l’envie de glisser des piques bien senties : l’OL masculin, par exemple, exhibe ses quelques trophées avec fierté, avant qu’une vignette sur les titres de l’équipe féminine nous les montre stockés dans un placard comme des archives oubliées… On sent ainsi dans chaque gag le plaisir de l’observation précise : les tics (et les tocs) du football moderne deviennent des sketchs visuels mordants. L’absurde est roi, certes, mais toujours en lien avec une réalité bien reconnaissable…

Ce 23e volume ne renouvelle pas la formule – mais est-ce seulement l’intention ? Il poursuit avec jubilation son exploration amusée du monde du football, dans ce qu’il a de plus attachant, ridicule et passionné. Le lecteur en sort avec le sourire aux lèvres, qu’il soit un inconditionnel du ballon rond ou un simple amateur de bandes dessinées à l’humour assumé.

Les Foot Maniacs (tome 23), Sti et Olivier Saive
Bamboo, avril 2025, 48 pages

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3

Festival

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Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

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Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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