« Monte-Cristo » : rideau baissé

Le triptyque Monte-Cristo, de Jordan Mechner et Mario Alberti, baisse le rideau après un troisième tome particulièrement réussi, qui finit de revisiter l’un des classiques les plus vénérés de la littérature, Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas. Cet épisode final clôt une trilogie riche en tensions dramatiques et en rebondissements, offrant une fin mémorable à la quête de vengeance de Sam Castillo, alias Victor Sirin.

L’intrigue de Monte-Cristo se déroule dans un monde contemporain où le financier et protagoniste principal, Sam Castillo, transformé en Victor Sirin, cherche à se venger des conspirateurs responsables d’un long emprisonnement injuste. Désormais milliardaire, il s’engage dans un jeu d’échecs méticuleux contre ses anciens bourreaux, utilisant sa fortune colossale pour infiltrer et déstabiliser leur existence. L’histoire entrelace ainsi habilement des éléments de thriller financier avec des intrigues de corruption, poussant loin les thématiques de la vengeance et de la justice personnelles.

Victor Sirin est un stratège hors pair, mais ses plans sont toutefois compliqués par ses sentiments pour Danica, une agente du FBI qui s’intéresse de près à ses agissements. Les antagonistes, dont les activités nous sont dévoilées progressivement au cours du triptyque, sont développés avec suffisamment de profondeur pour susciter à la fois répulsion et fascination. Au travers de son style réaliste et détaillé, Mario Alberti parvient avec succès à donner vie à l’univers de Victor Sirin. Le dessinateur utilise à l’occasion un découpage cinématographique qui accentue le rythme soutenu de l’intrigue et permet d’illustrer les scènes, parfois complexes, de manière claire et impactante. 

Le troisième tome de Monte-Cristo poursuit son exploration des thèmes universels de la vengeance, la rédemption, l’amour ou encore la corruption. En situant l’action dans le contexte contemporain des réseaux politiques et économiques, en colorant la trame comme un thriller financier, les auteurs dépoussièrent un récit séminal et le transposent habilement dans notre ère. La choralité du récit et les différentes subtilités du plan machiavélique de Sirin contribuent à l’intérêt d’une série qui se clôture finalement de très belle façon. 

Monte-Cristo (tome 3), Jordan Mechner et Mario Alberti
Glénat, mai 2024, 72 pages

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Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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