« L’Arche de Noé » en bande dessinée aux éditions Glénat

La collection « La Sagesse des mythes » des éditions Glénat s’enrichit d’un nouvel album consacré à l’Arche de Noé.

Porté au cinéma par Darren Aronofsky en 2014, Noé est une figure emblématique des textes sacrés, présent dans de nombreuses traditions religieuses, notamment la Bible, le Coran et la Torah. Son histoire est surtout indexée à l’épisode de l’Arche et du Déluge. Ainsi, selon le récit biblique, Noé est un homme juste et intègre, peut-être le seul de sa génération, à une époque où la Terre est corrompue et appâtée par les plaisir de la chair, ce qui déplaît fortement à Dieu.

Désolé de la méchanceté des hommes, ce dernier décide d’organiser un déluge divin pour purifier la Terre. Noé est choisi pour survivre à cette catastrophe. Dieu lui ordonne de construire une arche dans laquelle il embarquera sa famille et au moins un couple de chaque espèce vivante. Après avoir construit l’Arche, Noé, sa famille et les animaux y entrent, et les eaux du Déluge couvrent la terre pendant quarante jours et quarante nuits. Lorsque les eaux se retirent, l’Arche repose sur le mont Ararat. Noé offre alors des sacrifices à Dieu, qui établit une alliance avec lui, promettant de ne plus jamais détruire la terre par les eaux du Déluge.

Cham, le fils de Noé

La bande dessinée aurait pu s’arrêter là, mais elle se penche également sur la descendance de Noé. Cham est l’un de ses trois fils, avec Sem et Japhet. On le découvre maugréant sur l’Arche. Et après le Déluge, un événement notoire le voit face à son père ivre et nu. Au lieu de couvrir sa nudité, Cham va en parler à ses frères, goguenard. Lorsque Noé se réveille et apprend ce qui s’est passé, il maudit Canaan, le fils de Cham, disant qu’il sera le serviteur des descendants de Sem et de Japhet. Tout au long de l’album, le jeune homme apparaît ainsi en inadéquation avec les valeurs de pureté et d’abnégation qui caractérisent son père.

Nemrod, le puissant chasseur

Nemrod, descendant de Cham, est un autre personnage important : il investit la dernière partie de cet album. Les auteurs le décrivent comme le fondateur de grandes cités en Mésopotamie. Dans de nombreuses traditions, Nemrod est relié à la construction de la Tour de Babel, entreprise symbolisant la démesure humaine face à Dieu, qui, en réponse, confond les langues des constructeurs, causant ainsi leur dispersion à travers le monde. Son arc permet surtout d’évoquer l’orgueil et la division des hommes.

L’héritage des récits

Les récits de Noé, de Cham et de Nemrod sont chargés de symboliques. Ils traitent de thèmes universels tels que la justice, la responsabilité, la vanité et les conséquences des actions humaines. Noé représente l’obéissance et la foi, Cham laisse entrevoir les conséquences d’actions irrespectueuses et Nemrod, l’ambition humaine sans limites. Didier Poli, Clotilde Bruneau, Luc Ferry et Gianenrico Bonacorsi reviennent sur ces multiples aspérités qui, ensemble, offrent un aperçu riche de la manière dont les anciennes cultures interprétaient les interactions humaines et divines, modelant des valeurs et des leçons appelées à perdurer à travers les âges.

L’Arche de Noé, Didier Poli, Clotilde Bruneau, Luc Ferry et Gianenrico Bonacorsi
Glénat, avril 2024, 56 pages

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3.5

Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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