« Vivre est dangereux pour la santé » : humour noir

Vivre est dangereux pour la santé paraît aux éditions Fluide glacial. Espé y explore avec un humour noir et décapant des thématiques universelles telles que l’éducation, le sexe, l’identité, la mort ou le monde de l’entreprise. À travers une grande variété de situations, absurdes mais rarement gratuites, il renvoie l’homme à ce qu’il a de plus pathétique.

Volontiers ironique, tournant en dérision à peu près tout et n’importe quoi, Espé met en scène des situations impliquant l’alcoolisme, l’intelligence artificielle, la vieillesse ou la mort, usant d’un humour noir efficace, tour à tour visuel et textuel.

Chaque planche de Vivre est dangereux pour la santé est un récit autonome qui fonctionne comme un miroir déformant de notre société, révélant son visage le plus absurde. Que ce soit à travers le prisme de la vie de couple, où la communication dysfonctionne parfois cruellement, ou via l’illustration grotesque des pratiques des entreprises de pompes funèbres, qui recyclent ici le champ lexical de la restauration, Espé dresse un portrait amusé et sarcastique de notre époque.

Loin de tomber dans la facilité du mauvais goût pour le mauvais goût, l’humour d’Espé trouve un équilibre plutôt satisfaisant. La finesse de l’écriture concourt à donner du relief à chaque gag, chaque chute, et les situations les plus incongrues, comme celle de l’atelier Origami confondu avec un atelier polygamie, ou encore celle des prétendus commentateurs sportifs s’avérant être des adultes régressifs détaillant un film pour adultes, sont autant de détournements humoristiques réussis.

Qu’il s’agisse d’une improbable greffe de bras, de la crainte parentale du changement de sexe mise en miroir avec le souci de la performance des adolescents ou d’assistants téléphoniques faisant preuve d’une mauvaise foi vertigineuse, Vivre est dangereux pour la santé fait souvent mouche, en riant de tout, ou presque, et surtout des quiproquos et des failles humaines. Léger, divertissant et réussi.

Vivre est dangereux pour la santé !, Espé
Fluide glacial, avril 2024, 56 pages

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3.5

Festival

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"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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