Pour mieux comprendre « À quoi sert le droit ? »

Les éditions Gallimard publient un bref ouvrage illustré intitulé À quoi sert le droit ?. L’auteur Arthur Lochmann et le dessinateur Matthias Arégui vulgarisent les grands principes juridiques et évoquent la manière dont la législation s’élabore et régente les différents aspects de notre vie.

Vaste construction intellectuelle qui gouverne la vie en société, le droit a fait l’objet de nombreuses réflexions tout au long de l’histoire humaine. Arthur Lochmann et Matthias Arégui prennent aujourd’hui le parti de répondre à cette interrogation centrale : quelle est donc la finalité de cette discipline qui s’impose à nous et qui façonne notre quotidien ? Pour tenter de répondre à cette question, il convient d’examiner attentivement la manière dont le droit s’incarne dans notre existence collective. S’adressant en première intention aux enfants, les auteurs choisissent d’exemplifier leur propos avec des cas concrets et usuels, tels que le mariage et le contrat de travail. Ils soulignent par ailleurs la fonction anthropique du droit, qui se manifeste à chaque étape de la vie en régissant les relations sociales et en contribuant à résoudre les conflits qu’elles engendrent.

Au cœur de cette entreprise d’encadrement et de régulation se trouvent les juges. Ces gardiens de la loi ont pour mission d’interpréter et d’appliquer les règles édictées par le législateur. Car comme le rappelle Arthur Lochmann, le droit résulte de textes qui, par leur nature, sont sujets à l’interprétation et incapables de traduire précisément tous les scénarios de la vie quotidienne. À quoi sert le droit ? fait également état de la séparation des pouvoirs, principe cardinal de nos démocraties modernes, qui confère aux magistrats une indépendance leur permettant de veiller au respect de la loi tout en se gardant d’intervenir eux-mêmes dans la sphère politique et dans l’élaboration des lois. Le droit est censé s’adapter continuellement et prendre en compte les évolutions de notre société. C’est dans ce cadre que s’inscrit la reconnaissance progressive des animaux et de la nature en tant que détenteurs de droits. Cette réflexion éthique sur la place des êtres vivants dans l’ordre juridique amène à interroger les notions de droits et de devoirs, évidemment présents dans la démonstration d’Arthur Lochmann, qui ne manque pas par ailleurs de distinguer droit et morale – cette dernière relevant davantage de la sphère personnelle et intime – ni de verbaliser les tenants de la pyramide des lois.

Loin d’être une discipline figée, le droit est, on l’a énoncé, en perpétuelle évolution pour mieux répondre aux besoins et aux aspirations de la société qu’il sert. Cette dynamique peut parfois se manifester de manière rapide, comme en témoigne l’essor des transplantations cardiaques rendues possibles grâce à une nouvelle approche juridique en matière de santé. D’autres fois, les avancées s’avèrent plus lentes et laborieuses, à l’image de l’intégration des femmes dans le processus électoral ou de l’adaptation du droit aux bouleversements provoqués par le numérique et les réseaux sociaux. Comme le soulignent à dessein Arthur Lochmann et Matthias Arégui, le droit s’appréhende avant tout comme un instrument fondamental pour l’organisation et la régulation de la vie en société, permettant de préserver l’équilibre entre les individus et de résoudre les différends qui en découlent. Par son caractère évolutif et adaptatif, il œuvre inlassablement à l’amélioration de notre condition collective.

À quoi sert le droit ?, Arthur Lochmann et Matthias Arégui
Gallimard, mars 2023, 48 pages

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Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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